‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 186 sur 419 · C. DE LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN · texte numérisé non relu

C. DE LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN

I. Le prêtre cl le lévite, images de l'homme dur et inhumain.

Le défaut de charité tire sa source principale : 1) de l'orgueil. — Qu'est-ce que ce blessé? peut-être un Samaritain, un pécheur, un homme de la lie du peuple. Irai—je m'abaisser jusqu'à lui. me souiller en touchant ses blessures? — i\ D'un vil intérêt. — v)n ns pouvait le soulager qu'à ses dép ns.... -ans espérances de retour. — 3) D'un cœur dur et insensible..., pour qui le malheur d'autrui n'est que songe. — 4) D'un lâche égdisme. — Se r> larder pour secourir ce malheureux, ce serait s'exposer à être soi-même surpris par les voleurs. — 4) D'une

vaine délicatesse. — Cet homme à demi-mort, couvert de sang et de blessures, gisant dans la poussière, offrait quelque chose de repoussant... : on ne pouvait en soutenir la vue, encore moins le toucher : « Et viso illo, prœteriit. »

II. Le Samaritain, modèle de l'homme compatissant et charitable.

Nous voyons en lui l'exemple d'une charité : 4) universelle. — Il ne s'informe pas de quel pays, de quelle religion est le malheureux qui s'offre à sa vue : c'est un homme, cela lui suffit : « Homo quidam. » — 2) Compatissante. — 11 ne peut le voir, sans être saisi d'une vive et tendre compassion : « Misericordiâ motus est. » — 3) Agissante. Il ne se contente pas d'une pitié stérile, il met la main à l'œuvre, et ne néglige rien pour secourir cet infortuné : « Et appropians alligavit vul7iera ejus. » — 4) Généreuse. Il oublie ses propres besoins : « Infundens oleum; » il n'épargne aucune dépense : « Protulït duos denarios. » — 5) Laborieuse. Il consent à aller a pied, et cède son cheval au blessé : « Imponens in jumentum suum. » — 6) Persévérante. Que ses affaires en souffrent ou non, il ne peut se résoudre à abandonner le malheureux qu'il a recueilli : il reste avec lui jusqu'au lendemain : « Curam ejus egit, altéra die, etc. » — 7) Prévoyante. Il ne s'en tient pas au présent, il songe à l'avenir : « Curam illius habe, et quodeumque supererogaveris, ego, cùm rediero, reddain tibi. »

d. l'homme pécheur et le samaritain charitable.

1. L'homme pécheur et tombé, figuré par le malheureux tombé entre les mains des voleurs : « Homo quidam. »

4) Cet homme descendait de Jérusalem à Jéricho : « Homo quidam descendebat, » etc. — L'homme est un voyageur, un pèlerin sur la terre... ; il marche, sans jamais s'arrêter, vers la tombe. — 2) Il rencontre des voleurs : « Incidit in latrones' » — Ces voleurs sont les démons, qui rôdent autour de nous pour nous dévorer, pour nous enlever les richesses de la grâce et nous donner le coup de la mort.

— 3) Il est dépouille, blessé, laissé à demi-mort. « " Despoliaverunt cum, et, plagis impositis, abierunt, semivivo rclicto. » Image saisissante de l'état déplorable de l'homme pécheur, dépouillé de la grâce sanctifiante, blessé dans toutes ses facultés, dans son intelligence, sa volonté, sa liberté, dans l'impuissance absolue de se secourir lui-même.

— 4) Un prêtre et un lévite passent leur chemin, sans songer à le secourir : « Sacerdos quidam... viso illo, prœteriit... Similiter et levita. »

— La loi mosaïque, représentée par le prêtre et le lévite, a laissé l'homme dans son impuissance et n'a pu guérir sa blessure.

IL Jésus-Christ, figuré par le Samaritain charitable.

4) Ce Samaritain ayant vu un Juif, c'est-à-dire un étranger, un ennemi, dépouillé et blessé, s'approcha de lui pour le soulager : « Samaritanus quidam... venit secùs eum. » — Jésus-Christ est descendu sur la terre, s'est fait l'un de nous, pour nous relever de notre chute, nous qui étions ses ennemis. — 2) A sa vue, il fut ému de compassion,

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« Misericordid moins est. » — Oui pourrait comprendre la tendrecompassion du cœur de Jésus pour les pauvres pécheurs ? — 3) S'approchant, il banda ses plaies : « El appropians, alligavit vulnera ejus. »

— Jésus-Christ s'est aussi approché de nous, il nous a donné la vérité, il demeure avec nous, il guérit toutes les blessures de notre âme.

— 4) Il y versa de l'huile et du vin: « Infundens oleum et vinum. » — Par l'onction de la grâce, Jésus adoucit les blessures, calme les douleurs de notre âme. Il verse sur nous l'huile de l'espérance, qui adoucit les douleurs, la certitude du pardon, le vin de la charité qui fortifie et qui enivre. Il nous guérit par le sang qu'il a versé pour nous..., par les sacrements; — 5) Il le fait monter sur son propre cheval : « Imponens illum in jumentum suum. » — Jésus-Christ a pris sur lui le lourd fardeau de nos iniquités. — C'est sa grâce toutepuissante qui nous porte et nous soutient. — 6) Il le conduit dans une hôtellerie : « Duxit in stabulum. » — Jésus-Christ nous accueille dans son église, nous recommando aux prêtres, qui sont responsables du salut de notre âme : « Curam ejus âge. »

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