‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 2 sur 419 · vi. 22-72. — g LXI, discours sur l'eucharistie · texte numérisé non relu

vi. 22-72. — g LXI, discours sur l'eucharistie

peut se rendre indigne. — Jésus se console de l'incrédulité actuelle des Juifs par la prévision de la foi future des païens qui doivent prendre leur place. — Jésus considère ses disciples comme un don de son père céleste, et ils ne lui en sont que plus chers pour lui. — Jésus est un sauveur pour tous ; tous peuvent l'aborder, s'approcher de lui ; tous ont accès auprès de lui, personne n'en est repoussé ; il appelle à lui toutes les nations, toutes les races, tous les âges, toutes les conditions. — Non, Seigneur, vous qui courez après celui qui vous a abandonné, vous n'abandonnerez pas celui qui vient à vous.

v. 38. « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé. » — C'est par la désobéissance que le premier homme a perdu tous ses descendants; c'est par Y&béissance que le second Adam les a sauvés. — Nous, non plus, nous ne sommes sur la terre que pour faire la volonté de Dieu, et non la nôtre. — Pourrions-nous refuser d'obéir et de nous soumettre, après l'exemple de Jésus-Christ?

v. 39. « Or, la volonté de mon Père qui m'a envoyé est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » — Dieu veut sincèrement le salut de tous les hommes et leur en offre les moyens. Si nous nous perdons, nous ne pourrons nous en prendre qu'à nous-mêmes. — Jésus veille avec une tendre sollicitude sur ceux qui se donnent à lui, et ne les abandonne jamais le premier. « Non se suMraliit ut cadas » (S. Aûgtist.).

v. 40. « Oui, telle est la volonté de mon père qui m'a envoyé, que quiconque 'voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » — Deux conditions sont nécessaires pour arriver à la vie éternelle : il faut que le Père attire ou dispose par sa grâce; il faut que l'homme se rende et croie en Jésus-Christ; la première est exprimée au v. 39, la deuxième au v. 40. — Une vie éternelle, une résurrection glorieuse..., voilà ce que Jésus-Christ nous promet, nous a mérité, nous a préparé. — O douce espérance, vous serez ma force et ma consolation dans toutes les épreuves de la vie, et vous ne m'abandonnerez pas même entre les bras de la mort !

V* 41, 42. « Cependant les Juifs murmuraient contre lui, parce qu'il avait dit : je suis le pain vivant descendu du ciel, et ils disaient...» — La plus terrible et la plus commune des punitions que Dieu réserve à ceux qui cherchent des prétextes pour ne pas croire, c'est de permettre qu'ils en trouvent. — 12. « N'es 'ce pas là le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la vière? Comment donc dit-il: Je suis descendu, du ciel?» — L'homme charnel ne voit que ce qui frappe les sens. — Xe nous scandalisons pas des bassesses apparentes de Jéais-Clirist. C'est

pour nous élever jusqu'à lui, jusqu'au ciel, qu'il s'est abaissé jusqu'à nous, qu'il a vécu dans l'humiliation et la pauvreté.

v. 43. « Jésus leur répondit : Ne murmurez point entre vous. » — L'incrédulité est une maladie contagieuse. — Les incrédules, ne se sentant pas bien sûrs de leur affaire, cherchent à s'affermir les uns les autres.

v. 44. « Nul ne peut venir jusqu'à moi si mon Père céleste ne l'attire. » — La grâce nous attire, mais ne nous force pas. — « Noli cogitare te invitum trahi : trahitur animns et amore. Parùm est voluntate, etiam voluptate traheris. Si poetœ dicere licuit : trahit sua quemque voluptas, quanto fortiùs nos dicere debemus trahi hominem ad Christum, qui delectatur veritate, delectatur beatitudine, delectatur justitiâ, delectatur sempiternâ vitâ, quod totum Christus est! Da amantem, et sentit qnod dico; da desiderantem, da esurientem, da in istâ solitudine peregrinantem et siiientem, et fontem œternœ patriœ suspirantem, da talem, et scit quid dicam; si autem frigido loquor, nescit quod loquor. Crede etvenis , amaet traheris. Nonne ovis trahitur, cùm esurienti herla monstratnr? » (S. Aug., xu, 16.)

v. 45. « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. » — C'est Dieu lui-même qui nous instruit, qui nous parle par la bouche de Jésus-Christ et de son Eglise, par la bouche de nos pasteurs. — Quelle gloire pour nous d'avoir un Dieu pour maître ! quelle sécurité dans notre croyance I mais quelle témérité que de refuser de croire à la parole d'un Dieu !

v. 46. « Quiconque a entendu la voix du Père et a appris de lui, vient à moi. Non que personne ait vu, le Père, si ce n'est celui qui est Dieu ; lui seul a vu le Père. » — Il est vrai, mon Dieu, je ne vous vois pas, le temps n'est pas encore venu; mais je vous entends dans le secret de mon cœur, pour peu que j'écoute votre voix. Et cela suffit pour ce lieu d'exil, pour m'encourager dans mes peines, pour m'éclairer dans mes doutes, et pour reconnaître la voie qui doit me conduire à la céleste patrie, là où je vous verrai face à face. — C'est en vain que Dieu nous parle du fond du cœur, si nous ne l'écoutons pas, si nous ne nous appliquons à entendre et à comprendre ce qu'il nous dit, et si nous ne sommes résolus à le mettre en pratique. La grâce divine, sans la correspondance de l'homme, ne sert qu'à le rendre plus coupable.

v. 48-52. « Je suis le pain de vie... Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai est ma chair livrée pour le salut du monde. » — Jésus a livré son corps à la mort pour le salut du monde ; il nous le donne pour nourriture, afin de nous donner la vie divine, la vie de la grâce, de la pureté, de la sainteté, de toutes les vertus qui découlent de lui

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comme d'une source inépuisable, dans toutes les puissances de notre âme. Il ne veut pas seulement nourrir notre âme, il veut encore s'unir intimement à nous. Quand nous prenons quelque nourriture matérielle, nous nous assimilons cette nourriture par la digestion, et elle se change en notre propre substance. Mais il n'en est pas dé même dans la sainte communion. Nous ne changeons point Jésus-Christ en nous : par un miracle digne de Dieu, c'est Jésus-Christ qui nous change en lui, de sorte que nous devenons une même chose avec lui. Ici, c'est une nourriture céleste qui nous est offerte, et comme la grâce est au-dessus de la nature, l'aliment céleste est plus puissant que la nourriture de la terre; il fait de nous un homme nouveau, un autre Jésus- Christ; il devient la lumière qui éclaire l'intelligence, le feu qui échauffe le cœur, le pain qui fortifie, qui apaise la faim qui nous dévore... ; comme deux morceaux de cire fondue, dit saint Cyrille d'Alexandrie, s'unissent ensemble, ainsi une âme qui communie s'unit tellement à Jésus que Jésus demeure en elle et elle en lui. « 0 quant mirabilis dilectio tua, Domine Jesn, qui tuo corjmre taliter nos i?ico?yorari voluisti, ut tecum unum cor haberemus! » (S. Laur. Just.) O Jésus, que vous reste-t-il donc encore à inventer, pour vous faire aimer !

v. 53. « Les Juifs disputaient entre eux, disant : Gomment celui-ci peut-il donner sa chair à manger? » — Croyons sans hésiter à la parole de Jésus-Christ. La toute-puissance divine ne se mesure pas à notre faible raison. Dieu peut faire beaucoup plus que nous ne pouvons comprendre.

v. 54. « En vérité, en vérité, je vous le dis : Si votes ne mangez la chair dit Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. » — Repousser l'invitation de Jésus-Christ qui, à Pâques, nous appelle à la communion de son corps et de son sang, c'est s'exclure soi-même de la vie divine et de la société des enfants de Dieu. — Deux choses également à craindre : s'éloigner volontairement de la Table sainte, ou s'en approcher témérairement dans un état de péché. Dans le premier cas, l'âme meurt de faiblesse; dans le second, la communion devient pour elle un poison mortel.

v. 55. « Celui qui mange ma chair et doit mon sang a la vie étemelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » — Le corps de Jésus-Christ, reçu dans la sainte communion, est pour nous un gage de la résurrection future.

v. 56. « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. » — La chair de Jésus-Christ nourriture de notre âme : a) délicieuse, b) vivifiante, c) fortifiante.

v. 57. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » — Jésus-Christ se donne à nous tout

entier, à tous et toujours... ; il n'exclut que les indignes, il est toujours à notre disposition. Celui qui reçoit le pain eucharistique demeure en Jésus-Christ et Jésus-Christ en lui ; il y a entre Jésus-Christ et celui qui le reçoit une union aussi intime qu'entre le cep de la vigne et les sarments, entre le chef et les membres. — Allons à Jésus-Christ avec humilité, car il est notre Dieu et notre Roi ; avec une crainte religieuse, car il est notre Juge ; avec confiance et amour, car il est notre Sauveur et notre Ami le plus tendre.

v. 59. « Voici le pain gui est descendu du ciel..., celui qui mange ce pain vivra éternellement. » — Oui, comme il y a un pain de la nature, il y a un pain de la grâce ; comme il y a un pain de la vie mortelle, il y a un pain de la vie éternelle. Je crois à Jésus-Christ quand il me dit : « Je suis venu pour leur donner la me » (J. x, 10); et j'y crois encore, quand il me dit : « Je suis le pain vivant descendu du, ciel. » J'ouvrirai ma bouche, et j'y recevrai ce pain céleste sans m'étonner ; car de quoi m'étonnerais-je... ? Pourquoi la chair transfigurée de l'Homme- Dieu ne passerait-elle pas par les portes où passe la vérité qui vient de lui ? 0 bouche de l'homme, vase mystérieux, ouvre-toi pour recevoir le Dieu qui t'a fait, le Dieu qui connaît les sentiers pour aller à ton âme, et y commencer l'embrasement substantiel qui se consommera dans l'éternité ! Ouvre-toi sans crainte et sans orgueil : sans crainte, parce que le Dieu qui vient à toi est humble et doux; sans orgueil, parce que tu n'as pas mérité de le toucher d'aussi près! (le P. Lacordaire.)

v. 61. « Plusieurs de ses disciples V entendant, dirent : Cette parole est dure, et qui peut V écouter? » — Cette parole est dure pour l'homme charnel, pour le cœur corrompu qui ne veut pas se convertir, pour la raison orgueilleuse qui ne veut croire que ce qu'elle comprend, et qui veut réduire les œuvres de Dieu à la mesure de son petit entendement; mais qu'elle est douce et suave pour le cœur fidèle et le véritable disciple de Jésus-Christ !

— L'incrédulité ne repousse les vérités chrétiennes que parce qu'elle les dénature et n'en comprend pas la sublime profondeur.

v. 62, 63. « Jésus, connaissant en lui-même les murmures de ses disciples, leur dit: Cela vous scandalise? que sera-ce donc, si vous voyez le Fils de V homme monter où il était premièrement? »

— L'ascension de Jésus-Christ au ciel est une preuve de sa divinité. Celui qui est assis à la droite du Père éternel lui est égal et possède toute la plénitude de la divinité. — Or, si Jésus-Christ est Dieu, l'incompréhensible même de sa part ne doit plus nous étonner : c'est Injustement le sceau de la divinité.

v. 64. « C'est V esprit qui vivifie, la chair ne sert de nen. Les paroles que je tous ai dites sont esprit et vie. » — Dans les mys-

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tères de Dieu, la chair et le sang- ne voient rien, la raison humaine est aveugle. — Les paroles de Jésus sont la vie de notre

v. 05. « Jésus savait qui devait le trahir. » — Rien n'échappe aux regards de Jésus. — On peut se perdre dans les plus saintes vocations.

v. 07. « De ce moment plusieurs de ses disciples se retirèrent. »

— Si des disciples incrédules quittèrent Jésus pour ne plus le revoir, l'humanité n'a point obéi à leur faiblesse, ni à leur trahison ; elle est venue au banquet de la grâce, elle a dressé des tables, elle a bâti des monuments magnifiques pour couvrir d'ombre et de gloire le pain dont le Fils clo Dieu avait dit : « Ceci est mon corps. » Elle a vu que, puisqu'une mère peut porter son fils dans ses entrailles et le nourrir encore de sa substance après l'avoir mis au monde, il n'était pas impossible à Dieu d'avoir la même puissance dans la même tendresse, et de renouveler entre nous et lui les miracles de la maternité (le P. Lacordairc).

v. 09. « A qui irions-nous, Seigneur? Vous avez les paroles de la vie éternelle. » — Que le nombre de ceux qui abandonnent Jésus n'ébranle pas notre fidélité, qu'elle l'excite, au contraire.

— Hors de Jésus, il n'y a pas de vérité. Aucune philosophie ne peut suppléer à l'Evangile.

PROJETS HOMILÉTIQUES.

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