B. GUÉRISON D'UNE FEMME COURBÉE DEPUIS DIX-HUIT ANS
(xm, 40-47).
Quelque temps après ce qui précède, « un jour que, » suivant sa coutume, « Jésus enseignait dans la synagogue » des Juifs, « le jour de sabbat, il vint une femme qu'un esprit » mauvais « rendait infirme depuis dix-huit ans, et qui, » par suite d'une obsession démoniaque (v. 16), « était courbée à ce point qu'elle ne pouvait aucunement » lever la tête « et regarder en haut. »
« Jésus, la voyant, » compatit à sa misère, et sans attendre qu'elle vînt lui demander sa guérison, luimême « H l'appela et lui dit; Femme, vous êtes délivrée de votre infirmité; et il lui imposa les mains, » comme signe extérieur de sa puissance, et « à l'instant même, » sa tête se releva vers le ciel, « elle redevint droite, et elle glorifiait Dieu. »
« Or, le chef de la synagogue, » au lieu de profiter de ce miracle pour reconnaître la mission divine de Jésus-Christ, « s' indignant » (ou peut-être feignant de s'indigner) « de ce que Jésus eût guéri » cette femme « le jour du sabbat, » ce qu'il regardait comme une violation du repos sabbatique, « dit au 'peuple, » assez haut pour être entendu de Jésus-Christ, à qui il n'osait
9. Et si quidem feeerit fructum ; sin autem, in futurum succides eam. — 40. Erat autem docens in synagogâ eorum sabbatis. — 4 4. Et ccce mulier, quœ habebat spiritum infirmitatis annis decem et octo, et erat inclinata, nec omninb poterat sursùm respicere. — 4 2. Quam cùm videret Jésus, vocavit eam ad se, et ait i 11 i : Mulier, dimissa es ab inlirmitate tuâ. — 4 3. Et imposuit illi manus, et confestim.erecta est, et glorificabat Deum. — 4 4. Respondens autem archisynagogus, indignans quia sabbato curâsset Jésus, dicebat turbae :
s'adresser ouvertement : « Il y a six jours pour le travail ; venez, » si vous le voulez, « vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sablât, » car ce n'est pas permis.
« Mais Jésus, adressant la parole » à ce zélé observateur de la loi, lui dit : « Hypocrite, » qui venez ici jouer la comédie et affecter un zèle pour la loi qui n'est qu'un prétexte pour couvrir vos passions hostiles, « est-ce que chacun de vous ne délieras de la crèche son bœuf 'ou son âne, le jour du sabbat, pour les mener à l'abreuvoir? Et cette fille d'Abraham, que Satan tient liée » et enchaînée « depuis dix-huit ans, vous ne voulez pas » qu'on la délivre et « qu'on rompe ses liens le jour du sabbat? » Vous tenez donc plus de cas d'un vil animal que de l'âme et de la santé de l'un de vos semblables? « Ces paroles couvrirent ses adversaires de confusion, et tout le peuple se réjouissait des choses merveilleuses qu'il opérait, » — L'évangéliste met ensuite dans la bouche du Sauveur les paraboles du grain de sénevé, et du levain mêlé dans trois mesures de farine, que nous avons déjà vues précédemment ( Voy. § LU).
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
v. 1-3. « En ce même temps, quelques-uns tinrent raconter à Jésus ce qui était arrivé aux Galïlécns dont Pilale avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Sur quoi il leur dit : Pensezvous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont ainsi souffert? Non, je vous le dis : mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous. » — Jésus condamne les jugements téméraires et précipités. — Il nous apprend à ne pas mesurer la culpabilité des hommes sur les afflictions que Dieu leur envoie. Les maux qui nous accablent sur la terre tirent leur première origine du péché originel, mais
Ses dies sont, in quibus oportet operari : in his ergb v:jnite, et curamini, et non in die sabbati. — 45. Respondens autem ad illum Dominus, dixit : Hypocrit.T, unusquisque vestrùm sabbato non solvit bovem suum, aut. asinum à prasepio, et ducit adaquare?— 46. liane autem filiam Abrahse, quant alligavit Satanas, ecce deeom < t octo annis, non oportuit solvi à vinculo isto die sabbati? — 47. Et quùm haec diceret, erubescebant omaes advcr?arii rjos; et omnis populus gaudebat in universis quee glorio.sè fiebent ab eo.