‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 203 sur 419 · L. XIII. 1-9. — g LXXXV. LE FIGUIER STERILE · texte numérisé non relu

L. XIII. 1-9. — g LXXXV. LE FIGUIER STERILE

ils sont souvent indépendants des péchés personnels de celui qui les souffre. — Les châtiments que Dieu envoie aux hommes doivent nous exciter à détourner de dessus nos têtes les coups de sa justice par nos prières et une sincère pénitence. — A l'exemple de Jésus-Christ, nous devons nous servir des événements que l'on nous raconte pour en tirer des réflexions salutaires, qui puissent nous édifier et édifier les autres. — Ce n'est pas un simple conseil, c'est une nécessité de faire pénitence. Qui la diffère ne hasarde pas moins qu'une éternité. Point de milieu pour le pécheur, ou la pénitence, ou la damnation.

v. 4-5. « De même, ces dix-huit sur qui tomla la tour de Hiloé et qu'elle tua, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous. » — Personne n'est assuré contre les accidents imprévus, qui peuvent nous surprendre à chaque instant. — Le massacre des Galiléens était une figure, une annonce du sang qui devait être répandu lors de la prise de Jérusalem, de même que la chute de la tour de Siloé figurait la ruine du temple. — Les prédictions de Jésus- Christ sur la ruine de Jérusalem et le châtiment qui attendait la nation déicide se sont accomplis à la lettre. Les menaces de la justice divine ne sont pas vaines.

v. 0. « Il leur dit aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne; il vint pour y chercher des fruits et n'en trouva point. » — Ce figuier, c'est nous-mêmes, entés en Jésus-Christ par le baptême, plantés dans son Eglise par la foi, peut-être associés à son sacerdoce par la prêtrise... Dieu nous a cultivés avec soin, avec amour, arrosés des grâces du ciel, prémunis contre les scandales et les corruptions du monde. Où sont les fruits des vertus chrétiennes que Dieu avait droit d'attendre de nous? Où sont les bonnes œuvres que nous avons faites? « Vœ etiam laudalïli hominum vitce, si remotâ misericordiâ discutiat eam Dominus! » (S. Aug.).

v. 7. « Alors, il dit à celui qui cultivait la vigne : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit dans ce figuier, et je rien trouve point ; coupe:-le donc ; à quoi don occnpe-t-il la terre? » — Dieu demande des fruits, et nous n'avons à lui offrir que des désirs stériles, que de vaines promesses qui ne se réalisent jamais. Que de biens on pourrait faire, que de mérites on pourrait acquérir dans le cours d'une année ! et que d'années nous avons perdues inutilement, ou qui peut-être n'ont servi qu'à nous amasser des trésors de colère pour l'enfer ! Déjà peut-être la cognée est à la racine de l'arbre, la main vengeresse de Dieu est suspendue sur nos têtes. Hâtons-nous de nous convertir. Celui qui no tait pas user de la vie que Dieu lui donne, est indigne de

vivre, — L'arbre stérile occupe inutilement la terre, il prend la place d'un arbre utile, il prend à la terre la sève qui le nourrit et enlève ainsi aux arbres voisins la nourriture dont ils ont besoin. Le méchant ne se nuit pas seulement à lui-même, il nuit encore aux autres par les mauvais exemples qu'il leur donne.

v. 8, 9. « Le vigneron lui répondit : Seigneur, laissez-le encore cette année; je creuserai tout autour et y mettrai du fumier. Peut-être portera-t-il du fruit; sinon, vous le couperez. » — Jésus-Christ, malgré notre ingratitude, ne cesse de prier pour nous. C'est à cause de Jésus-Christ que Dieu supporte les pécheurs sur la terre. Que serions-nous devenus, si Dieu ne nous avait pas supportés, s'il nous avait frappés à tel moment, dans telle circonstance de notre vie ? Pourrions-nous assez reconnaître sa miséricorde?... Sera-t-elle un motif pour l'offenser avec plus d'audace, pour pousser à bout sa patience ? Oh ! qu'il n'en soit pas ainsi. N'oublions pas le sort des Juifs, et ne forçons pas la justice divine à nous traiter dans sa rigueur. « Fia, arbor infructuosa, non derideas, quia parcitur tïbi : dilata est securis, noli esse secura : veniet ad judicium Dominus, et amputaberis. » (S. Aug.).

v. 10, 11. « Comme il enseignait dans leur synagogue le jour du sabbat, il se trouva là une femme possédée d'un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était toute courbée, et ne pouvait aucunement regarder en haut. » — Puissance effrayante de Satan sur l'âme et sur le corps de l'homme ! Image de l'état déplorable où l'âme est réduite par le péché. — Le pécheur, aveuglé et dominé par le démon, a sans cesse le regard tourné vers la terre ; c'est là le seul but de ses pensées ; c'est là qu'il cherche son bonheur ; le ciel n'est rien pour lui : « Qîiicumque tùm curvus est, erigatur. Si per se ipsum non potest, invocet Dominum. » (S. Aug.).

v. 12, 13. « Jésus la voyant, l'appela et lui dit : Femme, vous êtes délivrée de votre infirmité. Et il lui imposa les mains; et aussitôt elle redevint droite, et elle glorifiait le Seigneur. » — Rien ne résiste à la volonté de Jésus-Christ, quel que soit l'excès de notre misère : une seule parole de sa bouche suffit pour nous guérir. — C'est encore Jésus-Christ qui nous parle par son ministre dans le sacrement de pénitence ; c'est lui qui nous impose les mains ; ce sont ses mérites qui nous sont appliqués; c'est sa toute-puissance qui nous absout, et qui nous délivre du joug tyrannique du péché sous lequel nous gémissons. — Bénissons le Sauveur de nous avoir préparé ce souverain remède contre les maladies de notre âme, et empressons-nous d'en profiter. — Le premier devoir d'une âme guérie, c'est la reconnaissance envers notre céleste médecin.

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