D. LA JUSTICE PHARISA1QUE ET LA FAUSSE DÉVOTION
Les caractères de la fausse dévotion sont : 1) la vaine curiosité, qui veut savoir ce que font les autres et se mêle de ce qui ne la regarde pas, veut être au courant de toutes les anecdotes scandaleuses : « Vocavit unum de servis, et inlerrogavit quœ hœc essent. »
— 2) L'envie, la jalousie. — Les succès, les grâces, la réputation etc., de nos frères, au lieu de nous réjouir, nous affligent et nous attristent : on dirait que Dieu nous vole ce qu'il leur donne : « Indignatus est, et nolebat introïre. » 3) Le zèle outré et plein à' amertume , contre les péchés des autres : très-complaisant pour ses propres défauts, on est dur et inexorable pour les défauts du prochain : « Indignatus est.... hic filins tuus, qui aevoraoit substantiam suam cum merelricibus. »
— 4) L'estime de soi-même, la vaine complaisance en ses propres mérites, en ses vertus prétendues : « Ecce tôt annis servio libi, et nunquàm mandatum tuum prœterivi. » — 5) Un esprit de censure, de dénigrement et d'aigreur : « Filius tuus, qui devoravit substantiam suam cum meretricibus, etc. » — Celui que nous censurons avec tant d'amertume est peut-être plus près du salut que nous-mêmes.
§GX.