‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 247 sur 419 · PARABOLE DE L'ÉCONOME INFIDÈLE, OU DU BON USAGE DES BIENS TEMPORELS · texte numérisé non relu

PARABOLE DE L'ÉCONOME INFIDÈLE, OU DU BON USAGE DES BIENS TEMPORELS

(L. xvi, 4-12. — Evangile du 8e dimanche après la Pentecôte).

La miséricorde de Dieu à l'égard de riiomme appelle naturellement la miséricorde de Thomme envers rhomme, du riche h l'égard du pauvre. En même temps qu'ils étaient pleins de mépris pour les Publicains, pour les pécheurs, pour tous ceux qui n'étaient

Djehaut. L'Evang.— T. III. 29

pas de leur classe, les Pharisiens étaient pleins d'avarice et de dureté pour les pauvres. Jésus cherche à les fuérir de ces vices odieux en leur faisant connaître le evoir -et les avantages de l'aumône, et comment ils devaient user de leurs biens temporels dans l'intérêt de leur salut éternel. Tel est le but des deux paraboles qui suivent. Dans la première, celle de l'économe infidèle, Jésus leur apprend les avantages de l'aumône; dans la seconde, celle du mauvais riche, il leur fait connaître la punition qui attend le cœur dur et insensible.

« Jésus » s'adressant extérieurement « à ses disciples, » afin de ménager Famour-propre des Pharisiens, « leur dit : Un homme riche avait un économe.. » qui possédait toute sa confiance, et à qui il avait confié l'administration de tous ses biens. Malheureusement, cet économe était peu digne de la confiance que son maître avait placée en lui, et il en avait abusé pour s'enrichir à ses dépens, et pour prodiguer dans une vie de débauche l'argent qu'il volait à son maître. — Un tel abus de confiance ne pouvait rester longtemps caché : on s'aperçut de ses dilapidations, et « il fut accusé auprès de son maître d'avoir dissipé son lien. »

« Son maître, » ému de cette accusation, « V appela, et lui dit : Qîc' entend s-je dire de vous? » Que dois-je penser des accusations graves qui sont dirigées contre vous? il est temps que je m'assure de la vérité, « rendez-moi compte de votre gestion, » car vous avez perdu ma confiance, et « désormais, » si, comme je le crains, vos comptes ne sont pas en règle, je vous renvoie de votre place, et « vous ne régirez plus » mon bien.

Ces paroles furent un coup de foudre pour l'économe infidèle. Il ne savait que trop que ses comptes n'étaient pas en règle, il vit qu'il était perdu, et cette pensée le plongea dans une grande perplexité. « Que ferai-je? se disait-il à lui-même? » que vais-je devenir, « si, »

L. XVI, 1. Dicebat autem et ad discipuîos suos : Homo quidam erat dives, qui habebat villicum; et hic diffamatus est apud illum, quasi dissipasse! bona ipsiuS. — 2. Et vocavit illum, était illi : Quid hoc audio de te? Kedde rationem villicationis tuae : jam enim non poteris villicare. — 3. Ait autem villicus intrà se ; Quid faciam, quia

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comme je dois m'y attendre, « mon maître me retire ma gestion? Travaillez à la terre, je n'en ai pas la force; mendier, j'en ai honte. » — Je suis sauvé, s'écrie- t-il enfin, après quelques moments de réflexion, un Irait de lumière dissipe toutes mes incertitudes, j'ai trouvé un moyen ingénieux de me tirer d'affaire, et, « je sais » maintenant « ce que je ferai. » Tandis que je le puis encore, je veux me faire, aux dépens de mon maître, bien entendu, des amis et des obligés, qui puissent m'obliger à leur tour, « afin que, lorsque je serai renvoyé de ma charge, je trouve des gens qui me reçoivent dans leurs maisons, » à leur table, et qui pourvoient à ma subsistance, en reconnaissance du service que je leur aurai rendu.

A peine eût-il conçu ce projet, qu'il l'exécute, et sans perdre de temps, « ayant fait Tenir devant lui cliacun de ceux qui devaient à son maître, il dit au premier : Combien devez-vous? Cent baths d'huile (a), répondit le débiteur. Alors il lui dit : voici votre billet; » prenez-le et déchirez-le, « et asseyez-vous vite, » car nous n'avons pas de temps à perdre, et le maître pourrait nous surprendre; « écrivez-en » un autre « de cinquante. » — « Puis, s'adressant à un autre, et vous, lui dit-il, combien devez-vous? Celui-ci répondit : cent cors (b) de froment, L'économe reprit : prenez votre billet, » déchirez-le ou jetez-le au feu, et « faites-en un de quatre-vingts. » Et il agit de même à l'égard des autres débiteurs. Il est bien convenu, ajoute-t-il, qu'en retour du service que je vous

dominus meus aufert à me villicationem? Fodere non valeo, mendicare erubeseo. — 4. Scio quid façiam, ut, cùm amotus fuero à villicatione, recipiant me in domos suas. —5. Convocatis itaquesingulis debitoribus domini sui, dieebat primo: Quantum debes domino meo? — 6. At ille dixit : Contum cados olei. Dixitque illi : Accipe cautionem tuam ; et sede citb, scribe quinquaginta. — 7. Deinde alii dixit : Tu vorb, quantum debes? Qui ait : Centum coros tritici. Ait illi : Accipe litteras tuas, et scribe octoginta.

(a) D'après le grec : é-/.<xtov P<xtovç ilaiov. Le balh, mesure hébraïque des liquides, d'environ 27 litres. Cents battis d'huile représentaient donc 2,700 litres.

(b) Suivant le grec : éxaTÔv xopou; cîtov- Le cor, ou chômer, était la mesure hébraïque des solides. Il valait dix baths ou 27 décalitres. Cent cors de froment devaient donc représenter 270 litres.

rends, vous ne m'abandonnerez pas à votre tour, et vous ne me laisserez pas dans le besoin.

« Le maître » de l'économe infidèle, ayant appris ce qu'il avait fait, ne put s'empêcher d'admirer son adresse, « et loua cet homme inique, » non du vol dont il s'était rendu coupable à son égard, mais «. d'avoir agi en homme habile. » C'est un homme sans conscience et sans probité, dit-il, mais il faut avouer que c'est un adroit fripon, qui a su habilement se tirer d'affaire, et pourvoir à son avenir (c) « Car, » ajoute le Sauveur, avec un accent de tristesse, il en est ainsi; « les enfants du siècle, » les hommes du monde qui, insouciants de leur salut et des biens à venir, n'ont d'autres soucis que leurs intérêts matériels, crue leur bien-être ici-bas, sont plus avisés, » pour atteindre le but qu'ils se proposent, « que les enfants de lumière, » que ceux qui, éclairés des lumières de la révélation divine cherchent leur bonheur dans une autre vie, ne le sont pour assurer leur salut et l'éternelle félicité à laquelle ils aspirent. Oui, il serait à désirer que mes disciples, qui marchent dans la voie du salut à la lumière de l'Evangile, employassent autant de sollicitude, d'habileté, de prévoyance, d'activité, de persévérance pour s'assurer la possession des biens véritables et éternels, que le font les enfants du siècle pour acquérir des richesses vaines et passagères. — Malheureusement il n'en est pas ainsi. Ecoutez donc le conseil salutaire que je vous donne; car, « moi, je vous le dis, » si vous êtes sages, si vous avez la véritable prudence, vous trouverez dans les biens de la terre un moyen précieux d'assurer votre salut, en les répandant dans le sein des pauvres. A l'exemple de cet économe infidèle, dont je viens de

8. Etlaudavit Dominus villicum iniquitatis^quiaprudenter fecisset; quia filii hujus saeculi prudentiores filiis lucis in generatione suâ sunt. — 9. Et ego vobis dico :

(c) Le Sauveur emprunte son allégorie à un ordre de faits que la civilisation ixte de la Judée avait rendu familier à tous ses auditeurs. L'infidélité des agents que les grands propriétaires romains employaient alors pour l'administration de leurs domaines était proverbiale, et le procédé de l'intendant infidèle n'offrait

mixte

rien d'inusité. (L'abbé Darras).

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vous raconter l'histoire, mais dans un but bien autrement élevé, « faites-vous des amis avec vos trésors d'iniquité; » ces richesses souillées, empoisonnées, qui sont la cause de tant d'injustices, de crimes, qui damnent la plupart des hommes, purifiez-les, du moins, par l'emploi que vous en ferez, faites-les servir à votre salut, procurez-vous, par leur moyen, des intercesseurs tout-puissants dans le ciel, « afin que, lorsque vous viendrez à manquer, » lorsque la mort vous ravira ce que vous possédez, « ils votes reçoivent » ou vous fassent recevoir « dans les tabernacles éternels; » afin que les prières des pauvres et des infortunés que vous avez secourus montent jusqu'au trône de Dieu, fléchissent le Souverain Juge, et que la miséricorde couvre la multitude de vos péchés. — Donnez ici-bas pour qu'on vous rende ailleurs, car on ne retrouve que ce qu'on a donné. — Si les riches donnent le pain, les pauvres donnent le ciel. — Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède qu'il soit permis d'employer en bonnes œuvres des richesses mal acquises, comme si l'on pouvait être sauvé par des aumônes faites du bien d' autrui.

« Celui qui est fidèle en choses de peu, » poursuit Jésus-Christ, « est fidèle aussi dans les grandes, et qui est infidèle en choses de peu, est infidèle aussi dans les grandes. » Le précepte de l'aumône est une épreuve que Dieu fait de votre fidélité en choses de peu, cà 1 égard des biens futiles et périssables, pour vous confier de plus grands biens éternels, s'il vous trouve fidèles ; mais, « si vous n'avez pas été fidèles à Dieu dans l'administration des trésors iniques, qui vous confiera les véritables? Si vous n'avez pas été fidèles dans un bien étranger, » dont la propriété ne vous appartient pas, qui ne vous a été confié que temporairement, « qui vous donnera celui qui est proprement à votes? « com-

Facite vobis amicos de mammonâ iniquitatis, ut cùm defeceritis, recipiant vos in aeterna tabernacula. — 10. Qui fidelis est in minimo, et in majori fidelis est ; et qui in modico iniquus est, et in majori iniquus est. — M. Si ergo in inique, mammonâ fidèles non fuistis, quod verum est, quis credet vobis? — M. Et ?i in alieno fidèles non fuistis. quod vestrum est, quis dabit vobis?

ment mériterez-vous que Dieu vous donne les biens véritables, non plus d'une manière passagère, mais en toute propriété, et pour ne plus tous être jamais ravis? — Les petites choses, les richesses fausses, les biens étrangers à notre âme, sont les biens temporels; les grandes choses, les richesses véritables, les biens propres à notre âme, sont les grâces spirituelles, pour lesquelles nous sommes créés, qui ne sont pas hors de nous, mais inhérentes à notre âme, et que personne ne peut nous ôter, à moins que nous ne les perdions nous-mêmes; or, celui qui ne peut faire un bon usage des biens temporels se rend indigne de recevoir des biens plus excellents et plus précieux. « Nul serviteur né peut servir deux maîtres, car ou il Jia'ira l'un et aimera Vautre, ou il s'attachera à l'un et méprisera Vautre : ainsi vous ne pouvez servir Dieu et Mammoa, Dieu et l'argent. » Ce sont deux maîtres opposés et inconciliables ; et il faut nécessairement choisir entre l'un et l'autre : l'attachement servile aux biens de la terre ne peut se concilier avec les devoirs qu'impose le christianisme.

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

v. 1. «Jésus disait encore à ses disciples : Un homme riche avait un économe, qu'on accusa devant lui d'avoir dissipé ses biens. » — Cet homme riche, c'est Dieu, le souverain maître de tout ce qui existe dans le ciel et sur la terre. Ce que nous nous imaginons posséder n'est qu'un bien étranger, qui nous a été confié temporairement, dont il ne nous est pas permis de disposer suivant nos caprices, et dont un jour nous devrons rendre compte. Nous ne sommes que les économes du grand Père de famille. — Les liens que Dieu nous a confiés sont notre âme, notre esprit, notre corps, avec leurs facultés, leurs forces, leurs organes, la mémoire, l'intelligence, la volonté, la liberté et toutes les choses terrestres dont l'usage nous a été accordé pour la satisfaction de nos besoins, et le soutien de notre vie. —Avonsnous fidèlement administré ces biens? — En avons-nous usé suivant la volonté de notre maître ? pour la gloire de Dieu, l'utilité du prochain et nos propres besoins ? — Notre conscience ne

43. Nemo servus pote?t duobus domini> scnirc : aut enim unum odiet, et Alternai diliget; aut uni adhaerobit, cl allonim contemnet. Non potestis Deo servira et Mammon» (Voy. W. VI, 24 .

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nous accuse-t-elle pas devant Dieu d'avoir dissipé les biens qu'il nous a confiés ? — Ne les avons-nous pas fait servir à nos, passions coupables? — Que d'infidèles administrateurs dans le monde ! — 0 Dieu ! cpui pourra subsister devant vous, si vous nous jugez clans la rigueur de votre justice?

v. 2. « II l'appela, et lui dit •• Qu'est-ce que j'entends dire de tous? rendez-moi compte de votre administration, car désormais vous ne pourrez plus V exercer. » — Le temps accordé à l'homme pour l'administration des biens du Père de famille est bien court : bientôt la mort viendra nous dépouiller de tout, et nous citera devant le tribunal du Souverain Juge. N'attendons pas à ce moment pour mettre nos comptes en règle, et pour prendre nos précautions. — Trois choses rendent la mort terrible pour le mondain attaché aux biens de la terre : a) la voix accusatrice de sa conscience, b) la pensée du compte formidable qu'il va rendre, c) la perte de tous les biens où il plaçait son bonheur, et pour lesquels il a sacrifié son salut éternel.

v. 3. « Alors V économe dit en lui-même: Que ferai-je? » — Dieu nous prévient d'avance ; n'abusons pas de sa miséricorde ; hâtons-nous de nous mettre en règle avec lui, tandis que nous le pouvons encore. Il n'est plus temps de faire ses comptes, quand le moment de les rendre est arrivé. — Il n'est pas de situation tellement désespérée que nous ne puissions en sortir avec de la bonne volonté.

v. 5-8. « Ayant donc appelé chacun des débiteurs de son maUre, il demanda au premier : etc. Et le maître de l'économe infidèle le loua d'avoir agi prudemment. » — Un premier péché en entraîne d'autres à sa suite. — Le maître loue, non l'injustice de l'économe, mais son activité et son adresse. Le moyen que prit cet économe, en se faisant des amis aux dépens de son maître, était injuste. Mais nous, en l'imitant, nous ne commettons aucune injustice envers notre maître. L'économe de l'Evangile n'avait reçu de son maître ni le droit, ni la permission de disposer de son bien ; tandis que Dieu a donné non-seulement une permission, mais un ordre formel à tous ceux qui tipn ■ nt de lui des biens temporels ou spirituels, de les distribuer lil alement. La reconnaissance des amis de l'économe était frauduleuse ; la reconnaissance des amis que nous nous faisons par l'aumône est juste et commandée par Dieu lui-même : bien plus, lui-même se met à leur place, et répond pour eux, de sorte que nous n'avons rien à risquer. Si les pauvres nous oublient , Jésus- Christ ne nous oubliera pas, et se fera notre débiteur.

« Car les enfants du siècle sont plus avisés, dans leurs relations réciproques, que les en/'ants de lumière. » — Combien les hommes du monde remportent en prudence, pour le but parti-

culier qu'ils se proposent, sur les chrétiens de nos jours! — a) Les premiers s'occupent sans cesse, avec un zèle infatigable, de pourvoir à leurs intérêts temporels, si futiles, si misérables; les seconds vivent, à l'égard de leur salut éternel, dans une insouciance, une négligence qu'on ne peut assez déplorer. — b) Pour leurs intérêts temporels, les mondains ne reculent devant aucune peine, aucune fatigue... S'agit-il de faire quelque chose pour le ciel, tout effraie, tout rebute. — c) Pour s'enrichir, pour parvenir au but qu'ils se proposent, les hommes du siècle ne connaissent ni lassitude ni découragement. Les faibles et lâches chrétiens de nos jours se découragent et reculent à la première difficulté. — d) Pour réussir dans le monde, on cherche* à étudier les affaires, à s'instruire, à se rendre compte de tout ; pour le ciel, on s'aveugle soi-même, on repousse la lumière, on croupit volontairement dans une crasse ignorance. — e) Les gens du monde cherchent à se procurer des amis, des protecteurs ; pour le ciel, au lieu de s'assurer des protecteurs et des amis, on s'assure des accusateurs. — f) Dans le monde, on prévoit l'avenir, on cherche à se procurer des ressources pour ses vieux jours : « Que ferai-je, etc.. A» — Qui, parmi les chrétiens, s'occupe sérieusement de son sort éternel, et cherche à se l'assurer ?

D'où vient cet étrange et affligeant contraste? — Les causes en sont multiples. C'est a) l'aveuglement naturel des hommes à l'égard de leur sort éternel; b) la clairvoyance naturelle de l'homme dominé par les sens et dont les regards sont sans cesse dirigés vers la terre ; c) l'habitude naturelle des hommes de ne sentir vivement que ce qui frappe les sens, de mépriser tout ce que les yeux ne peuvent voir; cl) l'empire du démon sur les hommes qu'il aveugle et qu'il empêche de réfléchir ; e) la dissipation habituelle des hommes et leur attachement excessif aux biens de cette vie, qui les empêche de penser à leurs intérêts éternels. — Au fond, tous deux sont également insensés. — a) Les prétendus habiles du siècle, pour un intérêt futile et misérable, sacrifient le bien véritable et souverain; b) les chrétiens négligents perdent, par leur faute, le ciel où ils aspirent.

v. 9. « Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses d'iniquité, afin que, lorsque vous viendrez à défaillir, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels. » — Les richesses d'iniquité dont parle le Sauveur ne sont pas celles qu'on usurpe injustement sur le prochain; il n'est pas permis d'employer en bonnes œuvres et en aumônes le bien volé, à moins que la restitution ne soit impossible. Ces richesses injustes, ce sont celles que nous avons acquises avec une avidité coupable, ou dont nous avons fait un usage contraire à ce qui nous était prescrit. —

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Riches, qui jetez un regard de dédain sur ceux que la Providence a placés au rang le plus bas de la société, apprenez de Jésus-Christ que ces pauvres, que vous foulez aux pieds, peuvent plus pour vous, que vous ne pouvez pour eux, que vous serez un jour bien heureux de les avoir pour protecteurs; qu'il y a, entre le bien que vous pouvez leur faire et celui qu'il vous est possible d'en recevoir, toute la distance qui existe entre le ciel et la terre, entre des biens finis et temporels, et des biens éternels et infinis. — Les supplications des pauvres fléchissent le cœur de Dieu, et attirent sur nous les grâces et la miséricorde divine. — Du reste, quelque pauvre que l'on soit, on trouve toujours le moyen, quand on a la bonne volonté, de se rendre utile à ses semblables. Il y aura toujours des infirmes à soigner, des malheureux à soulager, des affligés à consoler, des ignorants à instruire, etc.

v. 10. « Celui qui est fidèle dans les petites choses, le sera aussi dans les grandes. » — Maxime que confirme l'expérience : Celui qui est soigneux d'éviter les fautes légères, se garde avec encore plus de soin des fautes graves. Celui qui se familiarise avec des larcins de peu d'importance, n'est plus capable de s'arrêter, lorsque l'appât de l'or l'attire avec toute sa puissance. — Ce n'est pas une petite chose que d'être constamment fidèle dans les petites choses : il faut, pour cela, une grande vertu.

PROJETS HOMILÉTIQUES.

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