‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 258 sur 419 · L. XVI. 19-31. — $ XCI. PARAB. DU MAUVAIS RICHE · texte numérisé non relu

L. XVI. 19-31. — $ XCI. PARAB. DU MAUVAIS RICHE

yeux, dans la parabole suivante, le sort qu'ils se préparaient, et comment Dieu vengerait un jour la dureté et l'insensibilité de leurs cœurs.

« 11 y avait, leur dit-il, un homme riche, » et à qui ses richesses procuraient toutes les jouissances du luxe, « qui était vêtu de yourpre et de byssus, » c'est-à-dire, d'une robe tissue d'un lin précieux, venant des Indes, vendu au poids de l'or, d'une blancheur éblouissante, et par-dessus, d'un manteau de laine fine, teinte en pourpre, tel qu'en portaient alors les princes et les rois. « Chaque jour, il faisait une chère splendide; » sa table était couverte des mets les plus recherchés, des vins les plus savoureux, et il ne se refusait rien de ce qui pouvait satisfaire ses sens et embellir sa vie. Du reste, ce n'était pas un malhonnête homme. Il observait extérieurement les pratiques de la loi, et, à l'exception de son égoïsme et de sa vie molle et voluptueuse, l'Evangile ne lui reproche rien de grave et de criminel, aucun vice grossier et scandaleux. Il jouissait, sans doute, d'une grande considération, et pouvait aller de pair avec ce qu'il y avait de mieux parmi les Pharisiens et les Sadducéens : chacun vantait son bonheur, et enviait ses richesses.

« Or, il y axait aussi, » par un contraste qui n'est que trop ordinaire, près de ce riche voluptueux, un pauvre « mendiant, nommé Lazare (b), lequel était couché, » étendu sur les degrés du portique splendide qui ornait « rentrée » du palais somptueux où résidait cet heureux du siècle. Ce malheureux était dans un état vraiment déplorable : il manquait de tout ; de misérables haillons cachaient à peine sa nudité: pour comble de misère, une maladie dégoûtante et douloureuse en faisait un objet d'horreur et de pitié; « il était tout couvert d'ulcères » infects. Il se tenait à la porte du riche

4 8—31 . 49. Homo quidam erat dives. qui induebatur purpura et bysso ; et epulabatur quotidiè splendide. — 20. Et erat quidam mendicus, nomine Lazarus, qui jacebat ad januam ejus, ulceribus plenus.

(o) Ce nom est dérivé, non, comme le prétendent quelques interprètes, de Loezer, abandonné, sans secours; mais bien d'Eléazar, celui que Dieu secourt. Dieu n'abandonne pas celui qui est abandonné des hommes.

Dehauï. L'Evang.— T. III. 30

dans l'espoir qu'il pourrait attirer son attention., exciter sa pitié, et en recevoir quelques secours; mais cet homme dur et insensible passait près de lui sans daigner le regarder : il aurait craint d'assombrir sa joie par ce triste spectacle. Les vœux du pauvre Lazare n'étaient pourtant pas bien exigeants : en proie aux angoisses de la faim, toute son ambition se portait à envier la part des chiens de la maison; « il désirait se rassasie)' des miettes qui tombaient de l@ table du riche, personne ne lui en donnait; » seulement, guidés par leur instinct, « les chiens, » plus humains que les hommes, « venaient lécher ses ulcères, » et, par-là, adoucissaient un peu ses douleurs. Voilà, ce semble, d'un côté, un riche bien heureux, et de l'autre, un pauvre bien à plaindre. Spectacle fort commun dans le monde, et qui semble, aux yeux de l'homme superficiel, accuser la sagesse de la Providence divine ; mais attendons un peu, et voyons la fin.

La mort, plus clémente que les hommes, mit du moins, un terme aux douleurs du pauvre Lazare. « Or, il advint que le mendiant mourut, » de faim, sans doute : son corps fut abandonné, probablement, sans sépulture ; il mourut oublié des hommes, mais son nom fut inscrit sur le livre de vie; et parce qu'il avait supporté son triste sort sans plainte et sans murmure, soumis à la volonté divine, « il fut porté, par les anges, dans le sein d'Abraham. » — Les Juifs croyaient, et Jésus-Christ confirme ici cette foi, que les. anges introduisaient l'âme des justes décédés dans le paradis : « Non possunt ingredi parad'isum, nisijusti, quorum anima eoferuirfur per angelos, » lisons-nous dans le Tlialmud (Gant. iv). — Cette expression, « le sein d'Abraham, » désigne ici les limbes où étaient les justes avant l'Ascension de Nôtre- Seigneur Jésus-Christ, et où plusieurs théologiens placent encore les âmes des enfants morts sans baptême. Les joies du ciel étaient ordinairement représentées

2'l. Cupiens saturari de micis qucc cadebant de mensâ divitis, et nemo illi dabat : sed et canes veniebant, et lingebant ulcéra ejus. — 22. Factura estautem ut moreretur mendicus, et portareiur abAngclis in sinum Abrahee.

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