‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 262 sur 419 · L. XVI. 19-31. — g XCI. PARAB. DU MAUVAIS RICHE · texte numérisé non relu

L. XVI. 19-31. — g XCI. PARAB. DU MAUVAIS RICHE

maintenant entouré des esprits célestes, reçu avec amour, porté dans leurs bras, introduit, comme en triomphe, dans les célestes parvis... — Le riche, de son côté, est enseveli dans les enfers... A quoi lui servent ses magnifiques funérailles, dernier reflet d'un éclat à jamais évanoui ? — Notre âme ne périt donc pas avec le corps, et son sort futur dépend du bon ou du mauvais usage que nous aurons fait des biens ou des maux de la vie présente. — La véritable richesse, la seule que nous devrions désirer, c'est celle que la mort ne peut nous ravir, et qui nous attend dans l'éternité. — Quelle folie, de sacrifier à des plaisirs d'un jour une éternelle félicité ! Ce qui passe, et que la mort' doit nous enlever, n'est rien, et ne mérite que le mépris.

v. 23. « Levant les yeux, du fond de T 'abîme, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. » — Le réveil, au bord de l'éternité. — 1) Que perdons-nous à ce moment suprême? — Nous perdons, a) les jouissances trompeuses du péché, b) les souffrances passagères et méritoires du juste, c) toute occasion de mériter et de démériter. — 2) Que nous reste-t-il ? — 11 nous reste, a) la conscience de nous-mêmes, b) notre personnalité toujours subsistante, c) le souvenir et la responsabilité de tout ce que nous avons fait de bien ou de mal. — 3) Que trouvonsnous, au moment de notre réveil? — Nous trouvons, à) une lumière inattendue et saisissante, b) un jugement équitable et décisif, c) une sentence irrévocable qui nous ouvrira les portes du paradis, ou nous précipitera pour jamais dans l'enfer.

v. 24. « Et jetant un cri, il dit : Abraham, mon Père, ayez pitié de moi. Envoyez Lazare, etc. » — Quel réveil pour le riche! quel changement dans son sort ! Tout à l'heure, nageant dans la volupté, maintenant dans les supplices; tout à l'heure, entouré de flatteurs et de parents, maintenant abandonné de tous; tout à l'heure se livrant à la débauche, maintenant désirant en vain une goutte d'eau ; tout à l'heure plein de mépris et de dédain pour le pauvre Lazare, maintenant implorant sa protection ; tout à l'heure dans les délices et les jouissances que peuvent procurer la richesse..., maintenant subissant les souffrances intolérables d'un feu qui ne doit jamais s'éteindre. — Ainsi se change la destinée des hommes ! tel est l'étonnant contraste qui existe entre le sort des hommes ici-bas, et celui qui le< attend dans l'éternité !

v, 25. « Mon /ils, répondit Abraham, souviens-toi que, durant ta vie, tu, as reçu les biens, et Lazare les maux : maintenant il est consolé, et toi, dans les tourments. » — On refuse une goutte d'eau à celui qui a refusé les miettes de son festin. La peine du talion est en usage dans l'autre Tie. — La jouissance que procure le péché est courte ; la peine qu'elle entraîne

est bien longue. — Si l'on pensait sérieusement aux tourments de l'enfer, jamais on ne pourrait consentir au péché.

v. 2G. «Déplus, entre tous et nous s'étend pour jamais un abîme infranchissable, en sorte que. qui tondrait passer d'ici à tous, ou tenir ici, du lieu, où tous êtes, ne le pourrait faire. » — « Deux mondes éternels, séparés par un abîme infranchissable, sont en présence. De l'un à l'autre le passage est impossible. Le grand chaos, « magnum chaos, » a été posé entre eux par la puissance divine. Nul ne saurait plus passer par le chemin. L'éternité des joies célestes est parallèle à l'éternité des tortures dans les flammes. La délicatesse de nos rationalismes humains, l'exagération de notre moderne sensiblerie ne changeront rien à cette immuable loi de l'éternité. On a dit qu'il ne convenait plus de parler de l'enfer, en ce siècle de progrès, où les mœurs s'adoucissent, où les rigueurs sont proscrites, comme les vestiges d'une barbarie surannée. On l'a dit au nom de la philanthropie, au nom de la civilisation, au nom même de la charité évangélique ; car on n'a pas rougi de travestir ainsi l'Evangile de Jésus-Christ. — Qu'on le sache donc, ce ne sont ni les prêtres, ni les moines, ni les conciles, ni les papes, ni les inquisiteurs, ni ce qu'on est convenu d'appeler l'ignorance du moyen-âge, qui ont inventé, comme un épouvantail, le dogme de l'éternité des peines. Il est écrit, en caractères ineffaçables, dans l'Evangile de Jésus-Christ. Oserais-je le dire? on ne connaît pas l'excès de la bonté de Dieu, telle que la parabole des vignerons et du père de famille nous la représente, sans le corollaire de la justice absolue dont la parabole du mauvais riche nous peint l'image. Chacun des attributs divins est immense et infini. L'alliance en Dieu de la justice et de la miséricorde éternelles ne saurait s'exprimer que par les deux éternités du ciel et de l'enfer. » (L'abbé Darras, Vie de Jésus, tome II, page 369.)

Les supplices des damnés sont : a) la peine du feu (v. 24) ; l) la peine du dam, ou l'éternelle privation du souverain bien (v. 23) ; c) la pensée désespérante que leur supplice ne finira jamais, n'obtiendra jamais le moindre adoucissement (v. 26) ; d) le remords tengeur, et la conviction que leur malheur vient de leur propre faute (v. 29). — La peine des damnés causée a) par ce qui leur manque, b) par ce qu'ils voient, c) par ce qu'ils souffrent, d) par ce qu'ils attendent.

v. 27, 28. « Et le riche dit : Père, je tous en supplie, entoyezle, du moins, dans la maison de mon père, afin qu'il atteste ces choses à mes cinq frères, et qu'ils ne tiennent pas dans ce lieu de tourments. » — La mort ne détruit pas le souvenir des liaisons, des attachements que nous avons eus sur la terre. — Il est trop tard de s'occuper du salut de ses proches, et du sien même,

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