L. XIX. 11—27. — g C. PARABOLE DES MINES
donner l'investiture de son royaume, « des députés chargés de dire : Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous. » — C'est ici encore et toujours l'histoire fidèle d'Archélaiïs. Après son départ, une députalion de cinquante Juifs l'avait suivi à Rome, et huit mille autres Juifs se joignirent à eux dans cette ville. Ils se présentèrent à l'empereur Auguste, dans le sanctuaire d'Apollon, en présence des patriciens qui y étaient assemblés, et le prièrent de les délivrer du jong dos Lluméens, de leur permettre de vivre d'après les lois de leurs pères, et de réunir la Judée à la province de Syrie ; mais ils ne purent réussir, et Archélaùs obtint, grâce à l'appui du courtisan Nicolas de Damas, le titre de Roi qu'il convoitait (a). — Jésus-Christ veut faire entendre, par cette parabole, que les Juifs ne voudront pas le reconnaître pour leur Roi, qu'ils se déclareront ses ennemis, qu'ils essaieront de détruire, par leurs persécutions, la religion qu'il vient établir sur la terre.
Les intrigues des sujets rebelles échouèrent. « Après avoir reçu l'investiture de son royaume, » le nouveau prince « revint, et fit appeler les serviteurs auxquels il avait confié son argent, pour connaître le profit que chacun d'eux en avait tiré. » — Lors de son second avènement, Jésus-Christ demandera compte à chacun de ses serviteurs des grâces qu'il leur avait données, de la mission qu'il leur avait confiée, «,! de l'usage qu'ils auront fait de ses dons.
(limites : Nolumus hune regnare super nos. — 15 Et factutn est ut redirel acceptoregno; cl jussit vocan servos, quibus dédit pecuniam, ui sciret quantum quisque iiegotiatus esset. — 1i>. Venil autemprimus clicens : Domine, mua tua decem mnas acquisivit.
(a) Quand on voit ces allusions si frappantes, ce portrait si précis, si exael et si détaillé des circonstances politiques où se trou aient alors la Palestine et les contrées environnantes, ci des rapports île dépendance qui l'unissaient à l'empire romain, on a peine à concevoir, cl on ne sait comment qualifier l'impudence cynique et l'impertinente fatuité avec laquelle M. Renan ne craint pas d'affirmer, avec ce ion doctoral ci pédantesque dont il essaie de recouvrir sa réelle ignorance, que « Jésus n'avait aucune connaissance de l'état général du monde, ni aucune idée précise de la puissance romaine, et que le ne-;., seul de César parvint jusqu'à lui! » (Vie de Jésus, page 38).
« Le premier vint, et dit : Seigneur, votre mine en a -produit dix autres. Le roi lui dit : Très-bien, Ion serviteur ; pour prix de ta fidélité en peu de choses, tu auras pouvoir sur dix villes, » tu obtiendras une récompense proportionnée à tes mérites, à ce que tu auras fait pour moi, quoique bien supérieure. « Un autre vint, et dit : Seigneur votre mine a produit cinq autres mines. Le roi lui dit : Tu seras préposé sur cinq villes. Un troisième dit : Seigneur, voilà votre mine que j'ai gardée enveloppée dans un linge, » (souSapito, dans un de ces mouchoirs, pendus à la ceinture, dont les anciens se servaient pour essuyer la sœur;) « car je vous ai craint, parce que vous êtes un homme sévère, » qui voudriez recueillir d'une parcelle un grand profit, en d'autres termes, « qui emportez ce que vous n'avez pas déposé, qui moissonnez où vous n'avez pas semé. » J'ai craint qu'en exposant votre argent dans quelque opération financière, je ne vinsse aie perdre, et à être obligé de le restituer. Voici ce que vous m'avez confié, reprenez-le.
Le mauvais serviteur, pour excuser son incurie et sa lâcheté, accuse la prétendue sévérité de son maître; mais cette vaine excuse retombe sur lui. « Méchant serviteur, reprit le roi, ta sentence est sortie de ta propre louche. Tu savais, dis-tu, que je suis un homme sévère, emportant ce que je n'ai pas déposé, et moissonnant ce que je n'ai point semé; pourquoi donc n'as-tu pas mis mon argent à la langue, afin cru à mon retour je le retirasse avec profit ? » pourquoi n'as-tu pas confié cet argent aux changeurs, qui en auraient retiré un agio, un revenu considérable? « Et s' adressant à ceux (qui étaient
17. Et ait il li : Euge, bone serve; quia in modico fuisli fidelis, eris potestatem habens super decem civitates. — 18. Et alter venit dicens : Domine, mna tua fecit quinque muas. — 19. Et huic ait : Et tu esto super quinque civitates. — 20. Et alter venit dicens : Domine, ccce mna tua, quam liabui repositam in sudario; — 21. Timui enim te, quia homo austcrus es; tollis quod non posusti, et métis quod non seminasti. — 22. Dicit ei : De ore tuo te judico, serve nequam. Sciebas quod ego homo austerus sum. tollens quod non posui, et metens quod non seminavi; — 23. Et. quare non dedisti pecuniam meam ad mensam, ut ego veniens cum usuris utique exegissem illam ? — 24. Et adstantibus dixit :