‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 338 sur 419 · L. XIX. 11-27. — § C. GUÉlîISON DE DEUX AVEUGLES · texte numérisé non relu

L. XIX. 11-27. — § C. GUÉlîISON DE DEUX AVEUGLES

par Jésus-Christ k son eut rie dans la ville de Jéricho. D'après saint Matthieu cl saint Marc, le miracle aurait eu lieu à la sortie de la même ville. — Faul-il admel Ire plusieurs guérisons successives ? alors comment expliquer l'étrange similitude de ces divers récils? — Faut-il, au contraire, n'en admettre qu'une seule? alors comment concilier les divergences qui existent entre ces divers récits?

Réponse. Nous croyons qu'il faut admettre deux guérisons d'aveugles, l'une racontée par saint Luc, et qui eut lieu à Ventrée de la ville, l'autre racontée par saint Matthieu et par saint Marc, et qui eut lieu à l&sortie 'le Jéricho. — On objecte contre cette hypothèse, l'étrange similitude des circonstances qui ont accompagné ces deux guérisons. — Mais, cette reproduction de circonstances semblables ne nous parait offrir rien d'impossible, ni même d'invraisemblable. Les mômes causes ont dû reproduire les mêmes effets. Ainsi, dans les deux cas, les aveugles appellent Jésus fils de David; mais c'était le nom ordinaire par lequel les Juifs désignaient le Messie, et le peuple commençait alors à le donner à Jésus. — Dans les deux cas, les compagnons de Jésus imposent silence aux aveugles; c'est qu'ils étaient contrariés de voir troubler, par leurs clameurs importunes, le recueillement et la gravité de la marche en quelque sorte triomphale de Jésus, qu'ils avaient dessein de proclamer Roi. — Dans les deux cas, Jésus les fait amener devant lui : son caractère ne lui permettait pas de se laisser implorer en vain par ces infortunés. — Dans les deux cas, ils disent qu'ils veulent recouvrer la vue : que pouvaient-ils dire autre chose? — Assuré" ment, il n'y a rien, dans tout cela, qui blesse la vraisemblance.

« Mais, comment concilier saint Matthieu, qui admet deux aveugles, avec saint Marc, qui n'en admet qu'un seul? — On répond ordinairement qu'ils étaient réellement deux aveugles, mais que saint Mare n'aura parlé que de celui qui était plus universellement connu, et qui portait peut-être la parole pour son compagnon. — D'autres pensent que saint Matthieu, pour cause de brièveté, aura réuni, dans un seul fait, les deux guérisons

opérées successivement l'une à l'entrée, l'autre à la sortie de la ville. Le lecteur choisira la solution qui lui paraîtra la plus vraisemblable.

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Parabole des mines.

L. XIX. v. 11. « II dit encore une parabole, sur ce qu'il était près de Jérusalem, » — Cette parabole est comme le testament de Jésus-Christ. — Sur le point d'accomplir, comme Souverain- Pontife, le sacrifice de son corps et de son sang, il parle en prophète, de sa dignité royale, du royaume messianique qu'il va fonder.

v. 12. « Un homme de grande naissance, etc. » Nature et constitution du royaume messianique. — 1) Le Roi. — a) Son origine divine : « Homo nobilis;» u) sa dignité, sa souveraineté : « Abiit accipere sibi regnum; » c) son départ de la terre « : Abiit in regionem longinquam;» et son retour à la fin des siècles : « Et reverti. » — 2) Ses serviteurs — a) Leur vocation : « Negotiamini, dum venio ; b) leur responsabilité : Jussit vocari ; » c) leur récompense : « Eris potestaiem habens. » — 3) Ses ennemis.

— a) Leur haine : Oderant eum; » b) leur impuissance : « Accepto regno; » c) leur châtiment .• « Adducite hue, et interficite antè me. »

v. 13. « Négociez, jusqu'à ce que je revienne. » — La vie chrétienne est un négoce ; les grâces divines sont un capital que Dieu nous a confié, dont nous rendrons compte, et que nous devons faire fructifier.

v. 14. « Nous ne voulons point que celui-ci règne sur nous. »

— Serions-nous ass?z malheureux pour imiter les Juifs, et repousser le joug si léger de Jésus-Christ ? — Où trouveronsnous un Roi. un Maître semblable ?

v. 15. « Et il arriva qtcHl revint, après avoir pris possession de son royaume. » — C'est dans le ciel que le royaume messianique se développera dans^tout son éclat et toute sa gloire. — Jésus-Christ reviendra sur la terre, â la fin du monde, pour juger les vivants et les morts.

v. 17. « Parce que tu auras été fidèle en peu de choses, tu auras puissance sur dix villes. » — Il n'y aura aucun rapport entre ce que nous aurons fait pour Dieu et la récompense qu'il nous prépare. — La fidélité dans les petites choses n'est pas une petite chose devant Dieu.

v. 19. « Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. » — Il y aura, dans le ciel, des places différentes, divers degrés de gloire, selon que les mérites seront divers.

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