M1. XXI. 1-9. — § CIL ENTRÉE TR10MP. DE JESUS A JERUS
liste. Nous répondons a) que le texte de Zacharie. d'après l'hébreu et le texte des Septante, ne suppose pas l'existence d'une ânesse et d'un ânon, mais doit s'entendre d'un seul animal, et se traduire, comme nous l'avons fait précédemment, de la manière suivante : « Voici que ton Roi vient à toi, monté sur un âne » (Chamor, asinus; fooç, en grec, est des deux genres), et le prophète ajoute, par un parallélisme explicatif : « sur le poulain d'une ânesse. » — h) Saint Matthieu ne dit pas que Jésus monta, à la fois, sur l'ànesse et sur l'ânon; il dit seulement que, « les disciples étendirent leurs vêtements sur ces animaux, » et que Jésus s'assit sur ces vêtements (desuper, sous entendu : vestimenta.) Les disciples étendirent leurs vêtements sur ces deux animaux, parce qu'ils ignoraient sur lequel des deux Jésus jugerait à propos de monter; le simple bon sens indique assez qu'il ne monta que sur l'ànon, suivant le récit de saint Jean et de saint Marc. — « Mais, alors, on ne comprend pas pourquoi Jésus, s'il ne voulait se servir que d'un seul animal, en aurait commandé deux. » — Nous en avons précédemment expliqué la raison, et cette raison servira, en môme temps, de réponse à une nouvelle chicane du critique. — « Il admire comment Jésus-Christ pouvait s'aventurer aussi témérairement sur un ânon qui n'aurait pas été monté : la plus grande habileté humaine ne suffit pas, dit-il, pour répondre d'un animal que l'on monte pour la première fois. » — « Gomment font donc ceux qui le montent pour la première fois?.., Mais, sans recourir à la puissance surhumaine de Jésus-Christ pour maîtriser un humble animal qui, nous le croyons, n'était pas très -fougueux, l'habitude qu'il avait de suivre sa mère suffisait pour le rendre docile et pour le faire marcher.
Les autres difficultés de Strauss sont trop insignifiantes, pour que nous perdions notre temps à les réfuter.
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
M1'. XI. v. 1-2. « Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem et qu'ils furent tenus à Bcthphagé, près du mo,it des Oliciers, DjiiuuT. L'Evan^.— T. III, 41
Jésus envoya deux disciples, leur disant ■• Allez au village qui est devant vous ; tout à Ventrée, vous y trouverez une ânesse et son mon, sur lequel nul homme ne s'est encore assis; déliez-les, et amenez-les moi. » — /Science divine de Jésus-Christ. — Rien ne lui échappe : sans que personne lui ait parlé, il sait qu'une ânesse et un ânon se trouvent attachés à l'entrée du village de Bethphagé ; il pénètre le secret des cœurs, et sait d'avance ce que répondront les propriétaires. — Puissance de Jésus-Christ sur le cœur des hommes : Il les tourne comme il le veut. — Soumettons-nous nous-mêmes à ce Roi tout-puissant; reposonsnous avec confiance sur sa providence, sur sa sagesse et sur son amour.
Les Saints Pères voient dans l'ànesse de l'Evangile, la figure du peuple Juif soumis au joug très-dur de la loi, et dans l'ànon, la figure des Gentils, « indomptables et indociles animaux, dit Bossuet. que nul autre avant Jésus-Christ n'avait subjugués. » — « Déliez-les. » — C'est Jésus-Christ qui a introduit la véritable liberté dans le monde, qui a délivré l'homme de l'esclavage honteux du péché.
v. 3. « Et si quelqu'un vous dit : Pourquoi faites-vous cela? Répondez : Le Seigneur en a besoin. » — Jésus-Christ a besoin de nous..., comme la lumière a besoin des ténèbres, comme la source rafraîchissante a besoin du voyageur altéré, comme le médecin a besoin des malades, comme le riche bienfaisant a besoin du pauvre. C'est l'amour qui a besoin de s'épancher, de se communiquer, de répandre des bienfaits. Et nous aussi, nous surtout, nous avons besoin de Jésus-Christ, comme le malade a besoin du médecin, comme le pauvre a besoin du riche, comme l'enfant a besoin de sa mère. — Avec Jésus, nous possédons tout... ; sans lui, nous manquons de tout... Avec lui, le souverain bonheur...; sans lui, la souveraine misère. — Donnonslui sans réserve, tout ce que nous possédons, tout ce que nous sommes. — Nous retrouverons tout en lui..., au centuple.
v. 4. « Les disciples s'en allèrent et firent ce que le Seigneur leur avait ordonné. » — La commission que Jésus donne à ses Apôtres pouvait leur paraître singulière, et assez difficile à remplir, car ils ignoraient comment ils seraient reçus. — Mais le Seigneur a parlé ; ils obéissent aveuglément et sans se permettre de discuter. — Est-ce ainsi que nous obéissons à la volonté de Dieu, lorsqu'elle se manifeste à nous par la voix de nos supérieurs?
« Or, tout cela e-ut lieu, afin que s'accomplît V oracle du prophète : Dites à la fille de Sion •• Voici que ton Roi vient à toi plein de douceur, assis sur un âne, sur le poulain de celle qui est sous le joug. » — Jésus-Christ est vraiment le Messie prédit par
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le prophète ; il en réunit en lui tous les caractères. — Ce n'est pas par amour d'une vaine pompe, que Jésus se soumet aux hommages et aux acclamations de tout un peuple, c'est pour obéir à la volonté de son Père céleste, manifestée par les prophètes. — Jésus est notre « Roi, » le Roi du ciel et de la terre : consacrons-nous uniquement à son service. Il « vient à moi...,» pour m'élever jusqu'à lui..., pour me confier tous ses trésors... Que suis-je auprès de lui? Avec quel respect, avec quelle reconnaissance, avec quel amour ne dois-je pas l'accueillir? Il vient à moi, «plein de douceur, » dérobant sous un voile mystérieux l'éclat de sa majesté, afin de ne pas m'éblouir et de ne pas m'effrayer, prêt à oublier, à pardonner toutes mes fautes, à guérir toutes mes misères. — Il est le Dieu juste, dont la loi n'est pas fondée sur le caprice et l'arbitraire, mais sur une souveraine sagesse... ; il est la source de toute justice et de toute sainteté; mais en même temps il est mon Sauveur : « Justus et salvator. » Il ne punit le crime que sur lui-même, il a expié sur la croix tous les péchés du monde, et il vient se donner à moi pour ra'appliquer les mérites de sa rédemption. — Il vient à moi comme le « Prince de la paix ; Princeps pacis ; » son triomphe ne respire que la douceur, la simplicité, la bienfaisance et l'amour; il vient m'apporter cette «paix des enfants de Dieu qui surpasse tout sentiment. » — Ce n'est pas par la force et la violence, c'est par l'amour, c'est par l'attrait volontaire de la grâce que Jésus- Christ veut régner sur les hommes, et se soumettre tous les cœurs.
« Une foule nombreuse, que la fête de Pâques avait attirée à Jérusalem, ayant appris que Jésus se rendait en cette ville, accourut au devant de lui, portant des palmes à la main. Et à mesure que Jésus avançait, cette multitude étendait ses vêtements le long du chemin; d'autres coupaient des branches d'arbres, et en jonchaient la terre sous ses pas. Et tous criaient à l'envi : Hosanna, salut au Fils de David, béni soit celui qui vient aie nom du Seigneur/ Hosanna au plus haut des deux! » — «La pompe qui environne aujourd'hui Jésus-Christ est d'un genre bien extraordinaire. Une troupe confuse d'hommes, de femmes, d'enfants, tous de la classe du peuple, accourant au devant de lui, bénissant à haute voix le Fils de David, celui qui vient au nom du Seigneur, le Messie qu'ils attendaient. « Jamais peuples n'en avaient tant fait à aucun roi : ils jetaient leurs habits par terre sur son passage ; ils coupaient à l'envi les rameaux verts pour en couvrir les chemins, et tout, jusqu'aux arbres semblait vouloir s'incliner et s'abattre devant lui. Les plus riches tapisseries qu'on ait jamais tendues à l'entrée des rois n'égalent pas ces ornements simples et naturels. Tous les arbres ébranclies
pour l'usage qu'on vient de voir, tout un peuple qui se dépouille pour parer en cette manière le chemin où passait son Roi, fait un speclacle ravissant. Dans les autres entrées, on ordonne aux peuples de parer les rues, et la joie, pour ainsi dire, est commandée. Tout ici se fait par le seul ravissement du peuple. Rien en dehors, ne frappait les yeux ; ce Roi pauvre et doux était monté sur un ànon, humble et paisible monture : ce n'étaient point ces chevaux fougueux, attelés à un chariot, dont la fierté attirait les regards. On ne voyait ni satellites, ni gardes, ni l'image des villes vaincues, ni leurs dépouilles ou leurs rois captifs. Les palmes qu'on portait devant lui marquaient d'autres victoires; tout l'appareil des triomphes était banni de celui-ci. Mais on voyait à la place les malades qu'il avait guéris, et les morts qu'il avait ressuscites. La personne dn Roi et le souvenir de ses miracles faisaient toute la recommandation de cette fête. Tout ce que l'art et la flatterie ont inventé pour honorer les conquérants dans leurs plus beaux jours, cèdent à la simplicité et à la vérité qui paraissent dans celui-ci. » (Bossuet, Médit.)
Que la faveur du peuple est fragile et inconstante ! Ce même peuple qui acclame Jésus-Christ de ses cris de joie et de triomphe, poussera dans quelques jours des cris de mort, et s'écriera : Crucifiez-le, crucifiez-le. Quel contraste entre la dernière entrée de Jésus, et sa dernière sortie !
Jésus fleure sur Jérusalem. — Entrée dans la ville.
L. XIX. v. 41. « Fi comme il approchait, à la vue de Jéru-, salem, il pleura sur elle en disant ' Oh! si du moins, en ce jour qui t 'appartient encore, tu avais reconnu ce qui peut te donner la paix! » — Jésus pleure sur les malheurs de Jérusalem. — Il est un autre mal plus grand que tous les autres qui ont fondu sur cette ville malheureuse, et plus digne des larmes du Sauveur et des nôtres... ; c'est le péché, et les suites affreuses qu'il entraîne après lui. — Jérusalem n'en sera pas la seule victime. — Jésus pleure sur l'aveuglement et l'impénitence des Juifs. — Que de pécheurs, de nos jours, ne sont pas moins aveugles, ni moins endurcis ! — Jésus pleure, parce que nous ne pleurons pas. Ce qui cause ses pleurs, c'est a) la vue da nos péchés et des malheurs qui nous menacent, F) notre insensibilité, c) son amour, qui ne saurait nous voir périr. — Pleurons nous-mêmes, pour faire cesser les pleurs de Jésus. — Jésus-Christ, dit un auteur ascétique, compte les larmes des chrétiens, et les met à part, comme des perles précieuses, pour l'ornement de son trône. — « Exemplo Christi, flendum, a) pro culpâ, ut ignoscatur ; b) pro gratiâ, ut obtineatur; c) pro miseriâ, ut evadatur; d) pro patriâ, ut ad eam veniatur. »