‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 368 sur 419 · M*. XXI. 18-22. — § CIII. LE FIGUIER MAUDIT · texte numérisé non relu

M*. XXI. 18-22. — § CIII. LE FIGUIER MAUDIT

attend le fruit désiré ; l'heure passée, sj on lui manque, il huese partir la sentence, et l'arbre, sans être coupé, est desséché jusqu'à la racine. C'est la damnation avant la mort. On voit un arbre sur pied, mais il a la mort dans le sein. « Vous avez le nom de vivants, mais vous êtes morts (Apoc, ni, 1). Soyons donc fidèles et prêts à donner du fruit à notre Sauveur, toutes les fois qu'il en demandera. » (Bossuet.)

Mr. v. 15. « Etant entré dans le temple, il chassa les vendeurs et les acheteurs, renversant les tables de change et les sièges des marchands de colombes. » — Nulle part, dans l'Evangile, nous ne voyons que Jésus-Christ se soit laissé aller à la rigueur' et à la sévérité, si ce n'est dans cette circonstance. Supporter avec patience et résignation les injures que Ton reçoit, c'est une action louable ; souffrir sans mot dire celles qui s'attaquent à Dieu, c'est une impiété. Notre divin Sauveur supporte avec douceur et patience les injures dont on l'abreuve, mais il ne peut dissimuler ni supporter celles qui s'adressent à Dieu, à son Père céleste. (S. Chrys.), — Chaque fidèle est le temple de Dieu. L'avarice, l'intérêt, l'attachement aux biens temporels et toutes les autres passions coupables, sont autant de marchands profanateurs qu'il faut chasser de cette maison de Dieu, consacrée par le baptême, où Dieu fait sa demeure, pour y recevoir notre adoration et nos prières.

v. 17. « Il s'écriait •' N'est-il pas écrit : Ma maison s'appellera la maison delà prière; et vous en faites une caverne de voleurs! » — Le temple chrétien est le sanctuaire de la Majesté souveraine ; c'est là que Dieu se plaît à recevoir nos adorations et nos hommages, à répandre sur nous toutes ses grâces.

v. 19. « Le lendemain matin, en parcourant la route, les disciples virent le figuier desséché jusqu'à la racine. » — «Cet arbre, qui n'a que des feuilles et pas de fruits, c'est l'hypocrisie qui n'a que des paroles, que des apparences de sainteté, tandis que les saints portent et la feuille des paroles, et la fleur des venus, et le fruit des oeuvres. L'hypocrite aussi est planté en dehors de la haie vive, le long du chemin, où la semence ne germe pas, dans les pierres, où Je germe ne s'enracine pas, dans les épines, où le fruit ne mûrit pas. Jésus maudit cet arbre, par ce qu'il hait les hypocrites, et sa malédiction dessèche aussitôt le figuier jusqu'à la racine, pour nous montrer que les paroles sans les œuvres sont sans valeur et entièrement stériles. Ni Juif ni autre ne sera sauvé par des paroles de justice que n'accompagnent point les O'iivres. » (L. Veuillot.)

« Jésus-Christ ne voulait pas sortir de ce monde sans faire voiries effets sensibles de sa malédiction, voulant faire sentir ce qu'elle pouvait; mais, par un effet admirable de sa bonté, il

frappe l'arbre et épargne l'homme, tant il a de peine à frapper le pécheur ! Ne contraignons pas le Sauveur, contre son inclination, à étaler sur nous-mêmes l'effet de sa colère vengeresse. » (Boss.)

PROJETS HOMILÉTIQUES.

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