M1. XXI. 18-22. — § GIII. LE FIGUIER MAUDIT
hésitation, non-seulement voies ferez comme je viens de faire à ce figuier; mais, quand même vous diriez à cette montagne » qui s'élève devant vos yeux et qui domine le temple du Seigneur : « Lève-toi, et te jette dans la mer, la chose se fera comme vous l'aurez dit. » — Une foi vive peut tout obtenir de Dieu, et vaincre tous les obstacles. Rien n'est impossible à celui qui croit : Dieu lui-même lui communique sa toute-puissance. « C'est pourquoi je vous le dis, quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière avec foi, vous l'obtiendrez. »
POLÉMIQUE RATIONALISTE
1) « Comment Jésus put-il aller chercher des fruits sur un figuier dans une saison qui, suivant la remarque expresse de l'Evangéliste, n'était pas le temps de la récolte des figues, et punir l'arbre parce qu'il n'en portait pas?
Réponse. Cette difficulté se trouve résolue par les explications données précédemment. C'est dans le mois de nisan que les figuiers, en Palestine, poussent leurs premières fleurs et leurs feuilles, et cinq mois après la pàque se faisait ordinairement la récolte. Mais les voyageurs, d'accord en cela, avec les talmudistes, distinguent en Judée trois sortes de figues : 1° les figues de printemps, désignées sous le nom de bocores, qui commençaient à apparaître avant les feuilles, et ne mûrissaient d'ordinaire qu'au mois de juin; 2° les figues d'e'/e, ou Jtermuses, qui mûrissaient en août, et formaient la principale récolte : celles-ci étaient desséchées, comprimées et livrées au commerce ; 3° enfin, les figues d'hiver, ou kermuses tardives, longues, de couleur violette., qui passaient l'hiver sur l'arbre, et étaient recueillies au printemps pour être confites. Les rabbins eux-mêmes nous apprennent, comme nous l'avons vu précédemment, que le figuier de Palestine n'était jamais sans fruit.
hœsilaveritis, non solum de ficulneà iacietis, sed et si monti huic dixeritis : Toile, et jacla te in mare, Bel. — 22. Et omnia qiicecumquo petieritis in oratione credentes, accipk'iis.
Deiiaut. L'Evang.— T. III. 42
2) « Mais, s'irriter contre un arbre qui n'a ni sentiment ni volonté, se venger, en le desséchant, de ce qu'il ne porte pas de fruit, n'est-ce pas attribuer à Jésus un acte puéril et tout à fait indigne de lui? »
Jdéponse.Nous avons déjà également donné la solution de cette difficulté, en faisant remarquer que l'intention de Jésus n'était pas d'exercer un acte de puérile vengeance, mais de représenter d'une manière sensible et symbolique, conforme au génie oriental, le jugement de Dieu prêt à tomber sur la nation juive.
3) « Mais en frappant de stérilité un arbre qui ne lui appartenait pas, Jésus ne faisait-il pas tort à la propriété d'autrui? »
.Réponse. Qui prouve au critique que cet arbre avait un propriétaire quelconque ? Ne pouvait-il pas être poussé par hasard sur le bord du chemin, sans appartenir à personne? — D'ailleurs, s'il était stérile, il ne pouvait être utile au propriétaire que par son bois, et ce bois lui restait. — Et puis, est-ce que tout n'appartient pas à Dieu?
Les difficultés qui concernent les vendeurs chassés du temple ont été résolues précédemment (Voy. § XXII, T. II.)
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Mr, XI. v. 12. « Le lendemain matin, comme il sortait de Béthanie, il eut faim. » — La véritable faim qui tourmente notre divin Sauveur, c'est la faim du salut des âmes. — Puissions-nous aussi l'éprouver !
v. 13. « Apercevant de loin un figuier, planté sur le bord de la route et couvert de feuilles, il s'approcha pow trouver quelque fruit; mais il n'y rencontra que des feuilles. »
M1, v. 19. « S' adressant donc à l'arbre stérile, il prononça ces paroles : Que jamais un seul fruit ne naisse sur ta tige! » — Il ne faut point demander ce qu'avait fait ce lia -nier, ni ce qu'il avait mérité ; car qui ne sait qu'un arbre ne mérite rien ? ni regarder cette malédiction du Sauveur par rapport au figuier, qui n'était que la matière de la parabole. Il faut voir ce qu'il représentait, c'est-à-dire, la créature raisonnable qui doit toujours des fruits à son Créateur, en quelque temps qu'il lui en demande ; et lorsqu'il ne trouve que des feuilles, un dehors apparent et rien de solide, il la maudit... Dieu a son heure où il