‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 373 sur 419 · A. JÉSUS INTERROGÉ PAR LES PHARISIENS SUR L'ORIGINE DE SA PUISSANCE · texte numérisé non relu

A. JÉSUS INTERROGÉ PAR LES PHARISIENS SUR L'ORIGINE DE SA PUISSANCE

(M*, xxi, 23-27; Mr. xx, 27-33; L. xx, 1-8.)

Jésus et ses disciples « poursuivirent leur route jusqu'à Jérusalem , » et il entra dans le temple pour y

M"-. XI. 27. Et veniunt rursùm Jerosolymam,

enseigner. Ses ennemis l'y attendaient, pour lui tendre quelque nouveau piège, et trouver quelque prétexte d'accusation, l'enthousiasme du peuple pour lui ne leur permettant pas de recourir à la violence ouverte.

« Comme » donc « Jésus se promenait » dans les galeries extérieures du « temple, enseignant le peuple et lui annonçant la tonne nouvelle » du royaume messianique, « les Princes des prêtres, les Docteurs de la loi et les Anciens, » en un mot, les représentants officiels de la Synagogue, « se réunirent et s'approchèrent de lui, y> dans l'intention de lui demander compte, au nom de l'autorité souveraine du Sanhédrin, des actes d'autorité qu'il s'était permis dans le temple, depuis ces derniers jours. « De quel droit, » lui dirent-ils, « faitesvous toutes ces choses? » de quel droit agissez-vous en maître dans le temple, et enseignez-vous le peuple? « et qui vous a donné la puissance, » l'autorité « pour le faire? » — La réponse était facile. Jésus n'avait qu'à répéter ce qu'il avait dit si souvent, que sa puissance venait de Dieu et que sa mission divine était assez prouvée par les miracles qu'il opérait. Mais, il sait que c'était bien moins le désir de connaître la vérité que l'intention maligne de trouver un prétexte d'accusation pour le perdre, qui avait inspiré la demande des Pharisiens. Au lieu donc de leur donner une réponse directe, dont ils auraient sans doute abusé pour l'accuser de blasphème, il les interrogea lui-même, et, mettant en usage cette méthode socratique si admirée dans les dialogues de Platon et de Xénophon, il voulut les conduire à donner eux-mêmes la réponse qu'ils demandaient, et leur fit, à son tour, une demande qui les jeta dans un grand embarras. « Je vous poserai, moi aussi, leur ditil,, une question; et, si vous y répondez, je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. Le "baptême de Jean, »

et cùm ambularet in templo, L. (docente illo populum in templo, et evangelizante), convenerunt Principes sacerdotum, et Scribae cum senioribus; — Mr. 28. Et dicunt ci : In quâ potestate haec facis? et quis tibi dédit hanc potestatem? — W. 26. Respondens Jésus dixit eis : Interrogabo vos et ego unum sermoncm, quem si dixeritis mihi, et ego vobis dicam, in quâ potestate haec facio. — 25. JJaptisraus Joannis undè erat?

M*. XXI. 23-27. — g CIV. PARABOLE DES DEUX FILS. 499

le ministère qu'il a rempli au milieu de vous, « d'où venait-il? » d'où tirait-il son origine? « de Dieu ou des hommes? » Dieu l'a-t-il envoyé, ou s'est-il arrogé, de sa propre autorité, une mission qu'il n'avait pas reçue du ciel? — Cette demande mit les Docteurs dans une grande perplexité, et « ils se disaient en eux-mêmes : Si nous répondons que le baptême de Jean venait dit ciel, » que sa mission était divine, « il ne 'manquera pas de nous dire : Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui? » pourquoi n'avez-vous pas cru au témoignage qu'il a rendu en ma faveur, ce qui vous aurait appris par quelle autorité j'enseigne dans le temple, et je fais cesser les profanations qui le déshonorent? « Si nous disons, au contraire, qu'il venait des hommes, » que Jean-Baptiste n'avait aucune mission supérieure et surnaturelle, « tout le peuple nous lapidera, car ils tiennent tous pour certain que Jean était prophMe. » — Ils prirent donc un moyen terme, et prétextèrent leur ignorance. « Nous n'en savons rien, répondirent-ils ; » aveu bien honteux, il faut l'avouer, et qui couvrait de confusion devant le peuple ces orgueilleux docteurs.

Vous ne le savez pas, leur répondit Jésus, c'est-àdire, vous ne voulez pas le savoir, encore moins le dire. Eli bien! « ni moi non plus, je ne vous dirai point par quelle autorité je fais toutes ces choses. » Si vous ne pouvez pas connaître si la mission de Jean- Baptiste venait de Dieu ou des hommes, vous n'êtes pas non plus en état de juger de la mienne. A quoi bon présenter là lumière à ceux qui ne veulent pas voir ?

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