‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 382 sur 419 · M1. XXI-XXII. — § CIV. PARABOLE DU FESTIN NUPTIAL · texte numérisé non relu

M1. XXI-XXII. — § CIV. PARABOLE DU FESTIN NUPTIAL

Dieu du monde entier, et toutes les nations se prosternant devant lui ! ... Et c'est la veille de sa mort que lui-même fait ces étranges prédictions. Qui, parmi les habiles et les sages du siècle. s'il s'était trouvé au pied de la croix, aurait jamais cru que ce crucifié, livré au mépris et aux insultes de tout un peuple, serait devenu la pierre angulaire qui soutient le monde moderne, le Dieu de tout l'univers? Oui, c'est vraiment « l'œuvre du Seigneur, œuvre merveilleuse à nos yeux ! » C'est là ce qui confond à jamais tous les sophismes des impies. Jamais ils n'expliqueront naturellement un si étonnant prodige; et plus ils s'efforceront d'effacer de l'histoire évangélique, tous les faits miraculeux et surnaturels, plus ils rendront inexplicable ce prodigieux miracle dont ils sont forcés d'être les témoins. Ils voudront en vain se ruer avec rage contre ce rocher inexpugnable, ils ne l'ébranleront pas ; ils ne feront que s'y briser la tête.

D. Parabole du festin nuptial.

v. 2. Le royaume des deux est semblable à un roi qui fit les noces de son fils. » — Ce roi qui célèbre les noces de son fils c'est, dit saint Jérôme, le Dieu tout-puissant qui célèbre le divin mariage de Jésus-Christ avec l'Eglise. — L'Eglise est l'Epouse bien-aimée du Fils de Dieu. C'est à elle qu'il a dit : Je te prendrai pour mon Epouse à jamais, et tu seras mon Epouse par la justice et l'équité, par la grâce et la miséricorde, tu seras mon Epouse fidèle » (Osée, xi, 19). — Mon âme purifiée et sanctifiée par les eaux du baptême, est aussi V Epouse de Jésus. L'alliance si sainte et si étroite qui unit un époux avec son épouse est le touchant symbole de l'alliance, de l'union intime qui nous unit à Jésus-Christ... 0 mon âme, considère l'amour de Jésus pour toi, la dignité où il t'appelle, l'alliance où. il Areut t'élever, et ne sois pas assez insensée pour mépriser l'amour du Roi des rois !

v. 3. « Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient connus aux noces, et ils ne voulurent point venir. » — Dieu appelle tous les hommes au festin nuptial, au salut, à l'éternelle félicité. Personne ne peut s'excuser sur ce qu'il n'aurait pas reçu d'invitation. Dieu veut sincèrement le salut de tous : « Car vous aimez, Seigneur, tout ce qui est, et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait. » (Sap. xi, 25). Dieu nous invite, mais il ne force personne. « Dès le commencement, lorsqu'il a créé l'homme, il l'a mis dans les mains de son propre conseil. Devant lui, il a placé la vie et la mort, le bien et le mal...; ce qu'il lui plaira, lui sera donné. » (Eccli. xv, 10-18). — « Et ils ne voulurent point Tenir. » — Qui comprendra jamais l'inconcevable folie des hommes, qui rejettent l'invitation divine. . . ? « 0 homme, tu es pauvre, affamé, malheureux, tu es mort, et Dieu t'appelle

à la vie, à la joie, au bonheur, à d'incommensurables richesses... et tu refuses! » (Alb. le Grand). — Combien de fois, Jésus ne nous a-t-il pas appelés, et ne sommes-nous pas restés sourds à

sa voix

v. 4. « II envoya encore d'autres serviteurs, disant : Dites aux conviés : Voilà que mon festin est prêt, on a tué un bœuf et tous les animaux que j'avais fait engraisser, tout est prêt, venez aux noees. » — Dieu ne se lasse pas de nous appeler à lui..., il nous convie au banquet eucharistique... « Il a mêlé le vin, il a dressé sa table. Il a envoyé ses serviteurs, il a appelé des lieux les plus hauts de la ville : Si quelqu'un est faible, qu'il vienne a moi. Venez et buvez le vin que j'ai mêlé pour vous » (Prov. ix, 2-5.) « Vous tous qui avez soif, venez vers les eaux rafraîchissantes ; vous tous qui êtes clans l'indigence, hâtez-vous, venez recevoir la nourriture qui vous donnera la sainteté et la vie, et qui inondera votre âme de délices » (Isa., iv, 1-2). — 0 mon âme, résisteras-tu toujours à l'invitation de ton Dieu, et ta dureté ne fondra-t-elle pas devant tant d'amour?

v. 5 « Mais ils n'en tinrent compte, et Us s'en allèrent, l'un à sa ferme, Vautre à son négoce. » — Hélas I ce triste spectacle ne se renouvelle que trop tous les jours, sous nos yeux, au sein même du christianisme. — Pauvres pasteurs des âmes, nous avons beau inviter les pécheurs au festin nuptial, nous avons beau leur parler des miséricordes du Seigneur, ainsi que de sa justice redoutable... ; tous sont sourds à notre voix. — Que leur parlezvous du salut de leur âme, de l'éternité, des jugements de Dieu, du ciel, de l'enfer? — Ils ont bien le temps de s'occuper de toutes ces choses. Ne faut-il pas qu'ils aillent à leurs affaires, « celuici à sa ferme, celui-là à son négoce ? » — Tout ce qui ne se rapporte pas à ces grands intérêts est nul pour eux, et ne peut entrer dans leur intelligence. Ils n'ont pas de sens pour le percevoir. « 0 miserrimus mundus, et miser i qui cum sequuntur! Semper enimmundi alla opéra Jiomines excluserunt a vitâ, » (S. Àug.).

v. 7. « Le roi V ayant appris, en fut ému de colère; il envoya ses armées, extermina ces meurtriers, et brûla leur ville. » — Le sort de Jérusalem nous met sous les yeux ce que nous devons attendre de la justice divine. L'amour méprisé se change en fureur. « Vraiment il est terrible, il est épouvantable, de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Heb., x, 31). Dieu n'est pas moins infini dans la manifestation de sa justice que dans celle de son amour et de sa miséricorde. — Dieu fait concourir à ses desseins secrets les événements du monde.

v. 8-9. « Alors, il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes, mais ceux qui étaient conviés n'en étaient pas dignes. Allez donc à l'issue des chemins, et tous cenv que vous trouverez, appelez-

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les aux noces. » — Les grâces que Dieu a destinées aux hommes dans sa miséricorde ne sont jamais perdues : repoussées par les uns, elles sont données à d'autres. — « La sagesse divine sait tirer le bien du mal. » Le péché des Juifs est devenu une occasion de salut pour les Gentils, et leur chute a été la richesse du monde. » (Rom., xi, 11.) — Craignons à notre tour, que le royaume de Dieu ne nous soit ôté, et ne soit donné à un peuple qui en produira les fruits.

v. 10. « Les serviteurs s' étant dispersés sur les chemins, ras~ semblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, ions et mauvais. » — L'Eglise, ici-bas, est un mélange de justes et de pécheurs'.

v. 11. « Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table et apercevant un homme qui n'était pas revêtu de la robe nuptiale, il lui dit : ... » — Il ne suffit pas d'avoir la foi, d'être chrétien de nom; on n'en est que plus condamnable, si l'on n'y joint pas la pratique.

v. 12. « Et cet homme resta muet. » — C'est ainsi que sera le pécheur, au tribunal de Dieu.

v. 13. « Alors, le roi dit ci ses serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres extérieures, Ici seront les pleurs et les grincements de dents. » — Si nous méditions sérieusement sur les tourments de l'enfer, oserions-nous jamais commettre le péché?

v. 14. « Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » — Fuyons le grand nombre, quand il s'agit des mœurs; suivons « le petit troupeau auquel le Père a destiné son royaume. »

PROJETS HOMILÉTIQUES.

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