C. Parabole des vignerons
M1, v. 33. « Ecoutez une autre parabole •' il y avait un homme chef de famille, qui planta une vigne., l'entoura d'une
haie, y creusa un pressoir, y bâtit une tour, loua le tout à des vignerons, et partit pour un pays lointain. » — explication morale. — La vigne du père cle famille, suivant les Saints Pères, c'est la sainte Eglise, cette vigne choisie que Jésus-Christ a achetée à un si haut prix, au prix de tout son sang versé pour nous. La haie dont il l'a entourée, c'est la protection de Dieu et des anges ; le pressoir, l'autel ruisselant du sang de la victime sainte, la mortification des pénitents et la patience des martyrs ; la haute tour bâtie au milieu, c'est la sainte Vierge, ou bien encore, c'est l'autorité infaillible de l'Eglise, la présence de l'Esprit-s-Saint, qui la guide, la conduit et la protège. Les vignerons, ce sont les pasteurs des âmes, les ouvriers évangéliques, le voyage du père de famille, c'est l'Ascension de Jésus-Christ
dans le ciel Ne trompons pas l'attente du Sauveur, et puisque
nous sommes cette nation privilégiée, qu'il a choisie pour porter les fruits de sa parole, fructifions en bonnes œuvres. Autrement, le royaume des cieux, la lumière de la foi nous sera ôtée comme aux Juifs, et nous perdrons notre couronne.
La vigne du père de famille, c'est notre âme, cette vigne que Dieu lui-même a plantée, qu'il a arrosée de son précieux sang, dont il nous a confié la culture. Mais hélas ! ingrats que nous sommes, plus coupables encore que les Juifs, nous avons laissé cette vigne en friche ; que dis-je, nons avons tué le fils du père de famille, nous avons chassé Jésus-Christ de notre cœur, et autant qu'il dépendait de nous, nous l'avons crucifié de nouveau
par nos péchés C'est à nous, bien plus encore qu'aux Juifs,
que Dieu dit par la bouche du prophète : « Soyez juge entre ma vigne et moi. Que pouvais-je faire de plus pour elle que je n'aie pas fait? Pourquoi, au lieu des fruits excellents que j'étais en droit d'en attendre, en a-t-elle produit de sauvages? Et maintenant, je vous apprendrai ce que je lui réserve, etc. » (Isa., v. 4 et suiv.) — Méditons cette parabole de saint Paul : « Lorsqu'une terre abreuvée par la pluie produit les plantes nécessaires à ceux qui la cultivent, elle reçoit la bénédiction de Dieu. Mais quand elle ne produit que des ronces et des épines, elle est abandonnée et livrée à la malédiction : à la fin, on y met le feu. (Heb. , vi, 7, 3.)
v. 42. « Jésus leur dit : N'avez-vous jamais lu dans les Ecritures •• La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue le sommet de l'angle ? Ceci est V œuvre du Seigneur, œuvre merveilleuse à nos yeux. » — Ces paroles renferment l'abrégé de l'histoire du christianisme. Jésus rejeté, mis à mort par les Juifs..., puis triomphant par sa résurrection... Ce qui devait tout détruire... sauvant tout!... L'excommunié, le crucifié..., celui que tout un peuple, que la nation choisie de Dieu repousse, maudit, condamné à la mort..., devenu le Sauveur, le maître, le