‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 42 sur 419 · A. DEMANDE D'UN PRODIGE DANS LE CIEL · texte numérisé non relu

A. DEMANDE D'UN PRODIGE DANS LE CIEL

(Ml-, xv. 39; xvi ; 1-4. — Environs de Magdala, bord occidental du lac de Génezarcth.)

« Apres cela, Jésus ayant congédié le peuple, monta dans une largue avec ses disciples, et vint au pays de

Dalmanutha, (< nx confins de Magdala ou 3/agedan, » deux bourgs voisins l'un de l'autre, sur le côté occidental et à la pointe méridionale du lac.

« Alors les Pharisiens et les S'adducéens » envieux et radicalement opposés d'opinion entre eux, mais se réunissant pour persécuter Jésus-Christ, « Tinrent à lui dans l'intention de le mettre à l'épreuve. Ils se mirent à conteste/' avec lui et lui demandèrent de leur faire voir un signe dans le ciel, » comme preuve de sa mission. A en croire les Pharisiens, les miracles opérés sur la terre et dans les régions inférieures de l'air ne prouvaient pas, d'une manière certaine, la misai m de celui qui les opérait, car ils pouvaient être l'œuvre du démon, Un miracle opéré dans le ciel, tel que le soleil arrêté par Josué, la manne tombée du ciel, le feu descendant sur l'autel à la voix d'Elie, etc., avait plus de valeur à leurs yeux et ne pouvait venir que de Dieu. Au reste, leur intention était bien moins de se convaincre de la vérité, que de trouver un prétexté dans le refus qu'ils prévoyaient, d'après la conduite précédente de Jésus (Y . M'. xii. 38), pour infirmer ses autres miracles, et le discréditer parmi le peuple.

Mais, sans s'arrêter a leur demande, qui ne partait pas

Mt XV. 39. Et. dimissâ turbâ, asceadit m navicuia»; M? 10. c;nn dîscipulis suis, et \enii in pari:.-; Dalinannlha. M' in fines Magedam. gr. [j.ayOxH. — M' XVI. 1 . El accessenmt ad eura Pfearissei et Sad-

iiica* tentantes; Hr 11. Et eaperunt conquiPefe eum eo, qtuvrentes ab illo, Mt ut signum de eœlo ostenderct efe.

d'un cœur droit et sincère, Jésus voulut les convaincre qu'il n'était pas dupe de leur hypocrisie. « Le soir venu, vous dites : Il fera beau demain, car le ciel est rouge (a). Et le matin : Il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est comme un feu sombre. — Quand mus voyez un nuage monter de l'occident, vous dites aussitôt : La pluie vient; et elle vient en effet. Lorsqu'au contraire, le vent souffle du midi, vous dites : Il fera chaud; et c'est en effet ce qui arrive. » Vils « comédiens si habiles à conjecturer ce que présagent les apparences du ciel et de la terre, vous feignez de ne point reconnaître les signes des temps » prédits par les prophètes, vous ne savez pas, ou plutôt, vous ne voulez par reconnaître les signes certains qui annoncent que l'époque messianique est arrivée, et que le Messie est déjà au milieu de vous, tels que le sceptre sorti de Juda, la prédication de Jean-Baptiste, les aveugles guéris, les morts ressuscites, etc.

« Cette génération mauvaise et adultère, » corrompue et infidèle à son Dieu et à l'alliance divine, ajoute-t-il, « en gémissant » sur la mauvaise foi et l'invincible endurcissement de ses ennemis, « demande un signe » un miracle dans le ciel, pour preuve de l'avènement du Messie {b). En vérité, je vous le dis, « il ne lui

Mt 2. At ille respondens ait Mis : Facto vespere dicitis : Serenum erit ; rubicundum est enim cœlum. — 3. Et mane : Hodiè tempestas, rutilât enim triste cœlum. — L. XII. 54. Cùiu videritis nubem orientem ab occasu, statim dicitis : Nimbus venit ; et ità fit. — 55. Et cùm austrum flantem, dicitis : Quia œstus erit; et fit. — 56. Hypocritee, faciem cœli et terrse M1 4. dijudicare nostis : signa autem tcmporum non potestis scire? — Mr 42. Et ingemiscens spiritu, ait : Amen dico vobis, Mt Generatio mala et adultéra signum quaerit :

(a) Le vent de l'Ouest, dit Sepp, apportait aux Juifs des nuages pluvieux de la mer Méditerranée, comme il nous les apporte à nous de la nier Atlantique. Le vent du Sud est le simoun du désert, et apporte avec lui une chaleur brûlante et une poussière qui aveugle. Le vent Nord-Ouest règne en Palestine depuis l'équinoxe d'automne jusqu'au mois de novembre. De novembre àfé\rier, ce sont les vents d'Ouest et de Suri -Ouest, que les Arabes appellent les Pères de la pluie. Après cela, viennent, jusqu'au mois de juin, les vents du Sud-Est accompagnés de fréquentes tempêtes; puis enfin, le vent du Nord.

(b) Ce n'était pas assez pour les Pharisiens, que l'étoile du Messie eût paru dans le firmament et annoncé le ternie de l'attente du genre humain. Pour leurs

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