‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 43 sur 419 · B. LE LEVAIN DES PHARISIENS ET DES PUBLICAINS · texte numérisé non relu

B. LE LEVAIN DES PHARISIENS ET DES PUBLICAINS

(Mr. xvi, 5-12; M*, vin, 43-21. — Sur le lac de Génézareth.)

« En s' embarquant, ses disciples avaient oublié de prendre des pains, et il n'y en avait qu'un seul dans la barque. » Les restes qui remplissaient les sept corbeilles étaient sans doute épuisés, ou peut-être, avaient été distribués aux pauvres, et les disciples avaient oublié de renouveler leurs provisions. « Jésus » qui aimait à parler un langage figuré et énigmatique, afin d'exciter l'attention de ses auditeurs et de les exciter à réfléchir sur ce qu'il disait, « leur dit : Crardez-vous soigneusement du levain des Pharisiens et des tiadducéens, et des partisans d' Hé rode, » c'est-à-dire, mettez-vous en garde contre leur hypocrisie et leur doctrine corrompue qui, semblable à un mauvais levain infectant bientôt toute la pâte avec laquelle il est mêlé, répand autour d'eux l'infection, la corruption. « A ces paroles » qu'ils prirent grossièrement à la lettre, et qu'ils ne comprirent pas dans leur sens spirituel, « les Apôtres pensaient en eux-mêmes et se disaient les uns aux autres :

et signum non dabitur ei, nisi signum Jonoe prophetae. — M' 13. Et dimittons eos, ascendit iterùm navim, et abiit trans fretum. — M' 5. Et cùm venissent discipuli ejus trans fretum, obliti sunt panes aecipere, Mr Et nisi unum pancm non habebant secum in navi. — M' 6. Qui dixit illis : Intuemini, et cavetc à fermento Pbarisaeorum et Sadcîucoeorum, Mr et fermento Herodis. — Mt. 7. Et illi cogitabant intrà se di contes :

cœurs endurcis, il fallait d'autres signes et d'autres merveilles qui, du reste, ne les auraient pas convertis davantage. Ils virent ces signes lorsque, quelques années plus tard, une comète apparut au ciel sur Jérusalem pendant une année entière, sous la forme d'un glaive enflammé; lorsqu'on vit dans l'air courir les uns contre les autres, à travers les nuages, des chariots de guerre et d<.s troupes de soldats armés, lorsque des feux rouges et légers, voltigeant dans le temple, avec le bruit du tonnerre, annoncèrent à la \ille sainte sa ruine prochaine. (Voy. Josèphe... Sepp.)

Dehaut. L'Evang.— T. III. S

C'est » sans doute « parce que nous n'avons pas pris de pain qu'il parle ainsi, » et qu'il veut nous dissuader d'acheter aucune provision des Pharisiens et des Publicains. Mais comment ferons-nous alors? où pourrons-nous trouver du pain, s'il nous est défendu d'en prendre de l'un aussi bien que de l'autre des partis qui se partagent la nation iî, peu près toute entière? Gomment pourrons-nous nous assurer d'ailleurs que le pain que nous achèterons n'aura pas été souillé par le contact d'un Pharisien ou d'unPublicain?

« Mais Jésus, sachant ce qu'ils pensaient, » et leurs vaincs appréhensions^ « leur dit : Hommes de peu de foi, pourquoi vous occuper de ce que vous n'avez pas de pain? » Pourquoi vous tourmenter de vaincs inquiétudes sur votre subsistance ? L'expérience ne vous a-t-elle donc pas assez appris qu'avec moi vous n'avez pas à craindre de manquer du nécessaire? « JV'arez-cous doncencoreni sens, ni intelligence? votre cœur est-il donc encore aveuglé? avez-vous toujours des yeux pour ne point voir, des oreilles pour ne point entendre? Avezvous y> donc aussi « perdu la mémoire? Quand je rompis cinq pains entre cinq mille hommes, combien remportâtesvov s de panier s pleins de ce qui était resté? (a) — Douze, lui dirent-ils. — Et quand je distribuai sept pains entre <j naine mille hommes, combien remportâtes-vous de corbeilles pleines de ce qui était resté? — S'ept, répondirentils. » — « Comment ne comprenez-voies point que ce n'est pus du pain matériel » que j'ai voulu parler, quand « je vous ai dit : Gardez-vous dnlevain des Pharisiens et

Quia panes non accepimus. — 8. Scient autem Jésus, dixit : Quid cogitatis intrà vos, oaodicse fidei, quia panes non habelis? — M'1 4 7.

N lùm cognoscitis, aec iriteUigitis? adhùc caecatum habelis cor

vestrum? — 48. Oculos habentes non videtis?et aures habentes non auditis? Nec recordaminL — 4 9. quando quinque panes iïegi' in quînqiK! millia, quot cophinos fragmentorum plenos sustulistis ? Dicunt ei . Duodécim. 20 Quando ci septem paaes in quatuor millia: quod spoi Los IVagmenlorum lulislis? Et, dicuntei : Septem. — Wt. 44. Quarè non intelligitis quia non de pane dixi vobis : Cavcte à fermenlu Pharisicorum

(a) D'après ces paroles de Jésus-Christ, il est donc certain que les deux multiplications eurent lieu et ne doivent pas être confondues Tune avec l'autre.

m1 xv. 39. — § LXVI. «uérison d'un aveugle. 03

des Sadducéens? » — « Alors Us comprirent, en effet que ce ri était pas du levain qui se met dans la pâte qu'il leur avait dit de se garder, mais de la doctrine <:• s Pharisiens et de celle des iïadducéens, » de leur haine et de celle d'Hérode.

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