‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 53 sur 419 · I. La primauté de Pierre et de ses successeurs · texte numérisé non relu

I. La primauté de Pierre et de ses successeurs

4) Tu es Pierre : « Tu es Petrus. » — a) Lorsque Dieu impose ou change un nom, ce n'est pas de sa part une vaine formalité : ce changement de nom indique, pour saint Pierre, une destination particulière dans le royaume de Jésus-Christ (Voy. Adam, Abraham, Jésus, etc.). — b) Le nom de Pierre donné au fils de Jona indique le courage inébranlable qu'il doit montrer comme chef de l'Eglise, et que ses successeurs montreront après lui.

2) « Et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise : « Et super hampe-

tram œdificabo Ecclesiam meam. » — a) Bien que Jésus-Christ soit proprement le fondement de l'Eglise, et que personne ne puisse poser un autre fondement que le sien, comme son Eglise doit être visible, et que lui-même doit monter au ciel et s'asseoir à la droite de son Père, il a dû et il a voulu établir un fondement secondaire, un chef visible, qui pût le remplacer et être son vicaire sur la terre; c'est le sens des paroles de Jésus-Christ, et, en effet, l'Eglise, comme toute autre société, ne pourrait subsister sans un chef visible, qui y maintient l'ordre et l'unité.

b) Mais l'Eglise doit subsister jusqu'à la fin des siècles, car « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle; » la prérogative de saint Pierre d'être la pierre fondamentale de l'Eglise ne doit donc pas cesser avec lui, mais se perpétuer dans ses successeurs jusqu'à la fin du monde, car un édifice ne peut subsister sans le fondement qui le supporte, et tombe avec lui.

3) « Je vous donnerai les clefs du royaume des deux, et tout ce que vous lierez sur la terre, etc. : « Tibi dabo claves recjni cœlorum. » — a) Les clefs sont le symbole de l'autorité souveraine, du pouvoir judiciaire, législatif et administratif, du pouvoir d'ouvrir ou de fermer les trésors des richesses de l'Eglise et des mérites de Jésus-Christ... — b) Les Apôtres et les évêques participent, dans une certaine mesure, à ce pouvoir législatif et administratif: mais saint Pierre et ses successeurs le possèdent dans toute sa plénitude, non pour un seul diocèse, mais pour toute l'Eglise : « Pasce oves meas. »

IL La durée inébranlable de l'Eglise.

Combien de fois les ennemis de l'Eglise se sont-ils flattés de la renverser? Que de fois ils ont entonné le chant de triomphe? Mais toujours en vain", car l'Eglise est inébranlable.

4) Par sa nature même, a) Les vérités enseignées par l'Eglise sont immuables et ne peuvent pas changer ; elles défient tous les efforts de la critique humaine. — b) Une maison bâtie sur le roc ne peut pas tombpr; or, telle est l'Eglise bâtie sur Pierre : « Super hanc petram œdificabo Ecclesiam meam. »

2) A cause des promesses de Jésus-Christ. — a) Jésus-Christ a dit expressément que « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle, » qu'il sera avec elle jusqu'à la consommation des siècles. — b) Or, les paroles d'un Dieu ne peuvent pas tromper : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »

3) L'expérience de tous les siècles le prouve. — a) Chaque siècle a apporté à l'Eglise de nouveaux combats, de nouvelles épreuves. — Après les persécutions sont venues les" hérésies, puis le relâchement des mœurs, les scandales, les schismes, l'incrédulité, etc.

b) Toutes ces épreuves n'ont servi qu'à lui préparer de nouveaux triomphes, à la fortifier, à la purifier, à exciter en elle une nouvelle vie.

L'Eglise aura toujours à combattre, mais elle est sûre de la victoire. Prenons part à ses combats, si nous voulons prendre part à ses triomphes.

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