INTOLÉRANCE DES SAMARITAINS
Luc s'applique à en reproduire le plus grand nombre, avec ce soin et cette exactitude qu'il fait profession d'apporter dans tous ses récits. Il est seul à parler en détail de cette dernière tournée évangélique, de même que saint Jean est seul à rapporter les discussions de Jérusalem.
Ce voyage est bien le dernier, car il s'agit pour le Sauveur d'aboutir à sa passion et finalement à son ascension au ciel. Mais comme la souffrance et la mort doivent précéder la glorification, Jésus se met en route avec un ferme courage, sans rien craindre de ce qui le menace à Jérusalem.
Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. La première intention du Sauveur était de passer par la Samarie. Il envoya donc des disciples en avant pour préparer la voie. Mais, dès la première ville samaritaine, quand on sut que la troupe apostolique se rendait à Jérusalem, on ne voulut pas la recevoir. Dans leur animosité contre la ville sainte et contre les Juifs, les Samaritains se montraient toujours fort inhospitaliers envers ceux qui tentaient de passer par leur pays pour aller au temple.
Devant le refus des Samaritains, Jacques et Jean, les « fils du tonnerre », parlèrent aussitôt de faire descendre le feu du ciel sur leur ville, ils étaient hantés par le souvenir du prophète Elie, qui traitait de manière analogue les ennemis de Dieu.
Cet esprit pouvait être celui de l'ancienne loi ; il ne convenait plus à la nouvelle. Le Sauveur, en effet, n'était pas venu pour perdre, mais pour sauver. Il avait naguère recommandé à ses apôtres, quand on leur refuserait l'entrée d'une ville ou d'une maison, de s'en aller ailleurs (67). C'est ce qu'il fit lui-même, après avoir réprimandé Jacques et Jean à cause de leur zèle indiscret.