‹ L'EvangileChapitre 2 sur 108 · COMMENT SUIVRE JÉSUS · texte numérisé non relu

COMMENT SUIVRE JÉSUS

95. comment suivre .tésus. — Pendant qu'ils étaient en route, un scribe vint à lui et lui dit : (( Maître, je vais vous suivre partout où vous irez. » Jésus lui dit : « Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux du ciel ont leurs nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. )> Il dit à un autre : « Suis-môf. » Mais cet autre, qui était au nombre des disciples, lui dit : « Seigneur, permettez-moi d'abord d'aller ensevelir mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. Pour toi, va, et annonce le royaume de Dieu. » Un autre dit : « Seigneur, je vous suivrai, mais laissez-moi auparavant me dessaisir de ce qui est à la maison. » Jésus lui dit : «. Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu. »

S. MATTHIEU, 8, 19-22 ; s. LUC, 9, 57-62.

Maître, je vais vous suivre partout. En route, un scribe se présenta à Jésus avec l'intention de le suivre. Le Maître lui fit observer qu'il était sans abri, alors que les animaux eux-mêmes ont où se reposer. Il est à croire que, devant la perspective d'une vie pauvre et errante, le docteur renonça à son projet.

Par contre, le Sauveur dit à un autre de le suivre. Celui-là faisait partie de ses disciples. Il demanda la permission d'aller d'abord ensevelir son père. Rien ne semblait plus légitime que le désir d'accomplir un pareil devoir. Mais son accomplissement entraînait d'assez longs délais. Celui qui avait touché un mort contractait une impureté légale qui durait sept jours, Num., 19, 11, pendant lesquels il ne pou-

vait se mêler à ses concitoyens ; puis il devait se purifier avec de l'eau dans laquelle on avait mis des cendres de la vache rousse. Tous ces délais ne s'accordaient pas avec la nécessité de suivre Jésus surle-champ. Aussi le Sauveur dit-il au disciple de laisser les morts ensevelir les morts, c'est-à-dire d'abandonner le soin des funérailles paternelles à ceux qui ne vivaient pas de la vie nouvelle. Le grand-prêtre et ceux qui avaient fait vœu de nazaréat devaient s'abstenir d'approcher du cadavre de leurs proches parents eux-mêmes. Jésus pouvait bien demander aux siens, le même sacrifice. Le disciple se rendit à l'appel du Sauveur et il fut envoyé en mission.

Un autre voulut aussi s'attacher à Jésus, mais désira d'abord aller se dessaisir de ce qu'il laissait à la maison. Le Sauveur le retint en lui disant que quand on a mis la main à la charrue et qu'on regarde en arrière, on n'est pas propre au royaume de Dieu. a Regarder en arrière » ne veut pas dire ici : regretter ce qu'on a entrepris et vouloir y renoncer. Pour bien labourer, il faut toujours regarder devant soi afin de tracer droit son sillon. Regarder en arrière, c'est s'occuper de deux choses à la fois, se distraire de la principale et conséquemment la mal faire. Il faut donc que le disciple renonce à s'occuper de ses biens temporels, s'il veut travailler pour le royaume de Dieu.

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