‹ L'EvangileChapitre 14 sur 108 · sur la pénitence. — Il s'adressait aussi · texte numérisé non relu

sur la pénitence. — Il s'adressait aussi

aux foules : « Quand vous voyez la nuée s'élever du couchant, vous dites aussitôt : Voici la pluie ; et c'est ce qui arrive. Quand c'est le vent du midi qui souffle, vous dites : il fera chaud; et il en est ainsi. Hypocrites, vous savez apprécier l'aspect du ciel et de la terre ; comment donc ne savez- vous pas discerner le temps présent? Comment ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste?

« Quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, efforce-toi en chemin de te débarrasser de lui, de peur qu'il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l'exécuteur, et que l'exécuteur ne te jette en prison. Je te le dis, tu n'en sortiras pas avant d'avoir rendu jusqu'à la dernière obole. »

Dans ce même temps se présentaient des hommes qui lui annoncèrent ce qui était arrivé aux Galiléens, dont Pilate avait mêlé- le sang à celui de leurs sacrifices. Il leur répondit : « Pensezvous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir ainsi souffert? Non, je vous le dis. Mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement De même ces dix-huit sur lesquels s'abîma la tour de Siloé et qu'elle écrasa, pensez-vous qu'ils fussent plus redevables que tous les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis. Mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement. »

Comment ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste? Le Sauveur adresse ici aux foules une remarque qu'il a déjà faite aux pharisiens (78). Le

temps du Messie est arrivé ; comment ne le reconnaîton pas à tant de signes manifestes? Ce serait juger ce qui est juste.

Il est juste également de pourvoir à son salut personnel. Pour l'assurer, il faut s'entendre sur la terre avec son adversaire, lui donner satisfaction, c'est-à-dire s'acquitter de son mieux de toutes ses obligations envers Dieu "comme envers le prochain. Autrement, le Juge souverain, devant lequel on sera cité, condamnera et enverra au lieu de l'expiation. On n'en sortira pas qu'on n'ait payé jusqu'à la plus petite pièce de la dette, le lepte, monnaie valant un peu moins d'un centime (45).

Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement. L'histoire tragique des Galiléetis n'est racontée que par saint Luc. Mais on sait que les Galiléens étaient assez turbulents, et que, d'autre part, le procurateur Pilate ne reculait pas devant les exécutions brutales. Ces Galiléens avaient dû le mécontenter par quelque manifestation tumultueuse ou menaçante ; mais on ignore à quel propos. De la forteresse Antonia, qui se dressait à l'angle nordouest des parvis du temple, des escaliers donnaient accès directement dans l'enceinte sacrée. Pendant que les Galiléens offraient leurs sacrifices, les soldats de Pilate firent subitement irruption dans le parvis et les massacrèrent.

Le Sauveur fait lui-même allusion à un autre événement tragique de date récente. Une tour s'était écroulée près de la fontaine de Siloé, et, dans sa chute, avait écrasé dix-huit personnes. Jésus remarque que toutes ces victimes, celles du temple et celles de la tour, n'étaient pas plus coupables que le commun des gens de Galilée ou de Jérusalem.

Il conclut à la nécessité de la pénitence, si l'on ne veut pas périr de même, soit dans les catastrophes

qui menacent la nation, soit surtout, et pour tous les pécheurs, dans les châtiments de l'autre vie.

Jésus ajoutait cette parabole : « Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne. 11 vint pour y chercher du fruit, et n'en trouva pas. Il dit alors à celui qui cultivait la vigne : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et que je n'en trouve pas. Coupe-le donc, car à quoi bon oecupe-t-il le terrain? Mais celui-ci répondit : Seigneur, laissez-le encore cette année, jusqu'à ce que je creuse tout autour et que j'y mette du fumier. On verra s'il porte du fruit ; sinon, vous le couperez l'an prochain. »

s. luc, 12, 54-59 ; 13, 1-9.

Seigneur, laissez-le encore cette année. La patience de Dieu laisse des délais aux pécheurs pour qu'ils se convertissent. La parabole du figuier met en lumière cette conduite de Dieu. Le figuier est planté dans la vigne ; c'est la coutume en Palestine. La vigne étend ses branches et abrite ses fruits dans les rameaux du figuier. Souvent même, auprès de la maison, est planté un figuier dans lequel grimpe une^ treille. Pour signifier que l'Israélite est en paix, l'Ecriture dit qu'il « habite sous la vigne et sous son figuier ». Pourtant il ne suffit pas que le figuier serve de support à la vigne ; il faut aussi qu'il porte des fruits pour son compte. Or celui de la parabole n'a rien produit depuis trois ans. Aussi le maître parle-t-il de le couper. Mais le vigneron demande encore un délai d'un an. Il va creuser autour de l'arbre et y mettre du fumier. Si, au bout d'un an, le figuier reste stérile, on le coupera.

Le Seigneur attend le pécheur et multiplie ses

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