LE FIGUIER MAUDIT
approcha afin d'y trouver peut-être quelque chose. Mais quand il fut arrivé auprès, il n'y trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues. Il prit la parole et dit : « Qu'il ne naisse plus jamais de toi aucun fruit qu'on puisse manger ! » Ses disciples l'écoutaient. Sur-lechamp, le figuier se dessécha.
Ce n était pas la saison des figues. Le lendemain, le Sauveur repartit de Bethanie pour revenir à Jérusalem. En route, il eut faim et chercha des fruits sur un figuier. Il y avait beaucoup de figuiers dans la vallée ; ils donnaient leur nom à Bethphagé, « maison des figues vertes ». Le figuier fait apparaître ses fruits avant ses feuilles. On n'était pas encore à la saison des figues, dont les premières ne mûrissent qu'à la fin du printemps. En voyant un figuier qui portait déjà des feuilles au début du printemps, le Sauveur était donc en droit d'y chercher quelques fruits précoces. N'en trouvant pas, il maudit l'arbre, qui aussitôt se dessécha.
Jésus n'entendait nullement tirer vengeance de la déception que lui causait le figuier. Son acte n'était autre chose qu'une parabole racontée aux yeux. Le figuier représente le peuple juif. Comme un arbre qui a des feuilles, ce peuple a les apparences de la vie religieuse ; mais il ne produit aucun fruit de foi et de salut. Ceux qui viennent à ce peuple, dépositaire des promesses divines, pour chercher un aliment à leurs espérances, ne trouvent rien qui puisse les rassasier ; il n'y a plus guère en Israël que formalisme et apparence de religion véritable. Pour que cette apparence ne trompe plus le monde, la malédiction divine va la faire disparaître.