MARCHANDS CHASSÉS DU TEMPLE
Ma maison est une maison de prière. En examinant la veille ce qui se passait dans le temple, le Sauveur vit que îes abus qu'il avait corrigés trois ans auparavant (24) avaient reparu. On s'était remis à y vendre et à y acheter les animaux nécessaires aux sacrifices, sinon peut-être les quadrupèdes, du moins les oiseaux. Les changeurs avaient réinstallé leurs comptoirs, toujours avec la connivence des grands prêtres, qui tiraient profit de cette tolérance sacrilège. Car non seulement ce commerce était illicite dans îe temple, il était de plus malhonnête par l'exploitation éhontée qu'on y faisait des Israélites venus de la province ou de l'étranger.
Le Sauveur chassa de nouveau vendeurs et acheteurs, renversant les tables et les sièges. Il avait de plus remarqué que ceux qui voulaient se rendre par un chemin plus court d'un endroit de la ville à un autre, ne se gênaient pas pour traverser les parvis du temple avec toutes sortes de fardeaux. Il interdit expressément cet autre abus, et, en présence de tout le peuple qui l'approuvait, il rappela aux prêtres responsables que le temple devait être uniquement la maison de la prière aux yeux de tous, et il les accusa d'en avoir fait une caverne de voleurs.
Il guérit ensuite les infirmes qui se présentèrent à lui, ce qui contribua à donner plus d'autorité encore à son intervention vengeresse.
La foule continuait à s'empresser autour de lui, et les enfants ne cessaient de faire retentir dans le temple l'hosanna de la veille. Aux membres du sanhédrin qui s'en indignaient, il se contenta de citer la parole du psaume 8, 3 : « De la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle, tu as reçu une louange parfaite. »
Ses ennemis auraient bien voulu le saisir et le faire disparaître ; il n'y avait pas à y songer, à