‹ L'EvangileChapitre 93 sur 108 · APPARITION A S. THOMAS · texte numérisé non relu

APPARITION A S. THOMAS

Ne sois plus incrédule, mais croyant. Il était de règle que les pèlerins venus à Jérusalem pour la solennité de la Pâque, y restassent pendant toute l'octave. Malgré le rendez-vous qui leur avait été assigné en Galilée, les apôtres étaient encore dans la ville huit jours après la résurrection.

Pendant ces jours, un grave incident s'était produit. Thomas, absent du cénacle au soir de la précédente apparition, entendit le récit de ce qui avait eu lieu, et déclara péremptoirement qu'il ne croirait que quand il pourrait toucher du doigt la trace des plaies du Sauveur. En vain multiplia-t-on les assurances, Thomas ne voulut rien croire. Il ne faisait qu'opposer à ses compagnons les fins de non-recevoir que ceux-ci avaient opposées aux saintes femmes. Seulement, son entêtement se prolongea toute une semaine.

Huit jours après, Jésus apparut au cénacle dans les mêmes conditions que la première fois, et alla droit à Thomas pour lui donner les satisfactions qu'il avait réclamées. L'apôtre ne put que s'incliner devant/son Seigneur et son Dieu.

A son occasion, le Sauveur proclama bienheureux ceux qui croient sans voir, c'est-à-dire qui s'en rapportent à des témoignages autorisés pour admettre ce qu'ils ne peuvent pas contrôler par eux-mêmes. C'est le cas de tous ceux qui n'ont pas vu le Christ ressuscité, et croient pourtant à sa divinité et à sa parole.

la mer de Tibériade que Jésus se manifesta de nouveau à ses disciples. Voici comment il se manifesta. Ensemble se trouvaient Simon-Pierre, Thomas, qui est appelé Didyme, Nathanaël,

originaire de Cana en Galilée, les fils de Zéhédée et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je vais à la pèche ». — « Nous allons avec toi », répondirent-ils. Ils partirent donc et montèrent en barque. Mais cette nuit là. ils ne prirent rien. Au matin, Jésus était debout sur le rivage, sans que les disciples connussent que c'était Jésus. « Enfants », leur dit alors Jésus, « avez-vous à manger ?» — « Non », lui répondirent-ils. Il leur dit : « Je-tez le filet à droite du bateau et vous trouverez ». Ils le jetèrent, et bientôt ils ne pouvaient plus le tirer, à cause de la multitude des poissons. Le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Sitôt que Simon- Pierre eut entendu que c'était le Seigneur, il serra autour de lui sa tunique dont il s'était dépouillé et se jeta à la mer. Les autres disciples vinrent en barque jusqu'à la terre dont on n'était éloigné que de deux cents coudées, en tirant le filet aux poissons. Dès qu'ils furent descendus à terre, ils virent un brasier tout prêt, du poisson placé dessus et du pain. Jésus leur dit : « Apportez des poissons que vous venez de prendre ». Simon - Pierre remonta en barque et tira à terre le filet rempli de cent cinquante-trois gros poissons, et malgré cette quantité le filet ne se rompit pas. « Venez, leur dit Jésus, et mangez ». Aucun des convives n'osait lui demander : « Qui êtes-vous ? » Car ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approcha alors, prit du pain, le leur donna, et fit de même pour le poisson. C'était la troisième fois que Jésus se manifestait à ses disciples, depuis qu'il était ressuscité d'entre les morts.

l'évangile. TOME II. — 22

C'est le Seigneur ! La troisième apparition de Jésus aux apôtres eut lieu sur les bords du lac de Tibériade. Les apôtres et les disciples étaient retournés en Galilée, suivant l'ordre qui leur en avait été donné. Ils avaient regagné chacun leur séjour habituel et repris leurs occupations ordinaires, en attendant que la volonté de Dieu à leur égard se fît connaître. Mais déjà, dans leur entourage, ils attestaient la résurrection.

Un soir, sept disciples étaient ensemble, quand, sur la proposition de Pierre, ils se disposèrent à pêcher pendant la nuit. Le résultat fut nul.

Au matin, quelqu'un les interpella du rivage et leur demanda s'ils avaient de quoi manger. Sur leur réponse négative, il leur dit de jeter le filet à droite. Ils firent une seconde pêche miraculeuse (31).

Aussitôt Jean reconnut le Seigneur, et le dit à Pierre, qui reprit sa tunique et se jeta à l'eau pour arriver plus vite, pendant que les autres traînaient lentement le filet plein de poissons jusqu'au rivage, éloigné d'une centaine de mètres.

A terre, un brasier était tout prêt avec un poisson dessus et du pain, par la munificence du divin Maître. Jésus leur dit d'apporter d'autres poissons pour les joindre au premier. Le filet, sans se rompre, en renfermait cent cinquante-trois gros. Il les invita alors à manger, et leur distribua lui-même du pain et du poisson.

Les apôtres savaient que Jésus était devant eux ; mais ils n'osaient plus avoir avec lui la même familiarité qu'avant et ils s'abstinrent de l'interroger.

Quand le repas fut terminé, Jésus dit à Simon- Pierre*: « Simon, fils de Jona, m'aimes-tu plus que ceux-ci? » — « Oui, Seigneur », dit-il, « vous savez que je vous aime ». — « Pais mes agneaux »,

lui dit Jésus. Puis il reprit : « Simon, fils de Jona, m'aimes-tu? » — « Oui, Seigneur », dit-il, « vous savez que je vous aime ». — « Pais mes agneaux », lui dit Jésus, et il ajouta pour la troisième fois : « Simon, fils de Jona, m'aimes-tu? » Pierre fut affligé qu'il lui eût demandé une troisième fois : « M'aimes-tu? » — « Seigneur », dit-il, « vous qui savez tout, vous savez bien que je vous aime ». Jésus lui dit : « Pais mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même et tu allais où tu voulais. Mais quand tu seras devenu vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra et te conduira où tu ne veux pas ». Il parla de la sorte pour signifier par quel genre de mort il glorifierait Dieu, et quand il eut ainsi parlé, il ajouta : « Suis-moi ».

Pierre se retournant vit à sa suite le disciple cpie Jésus aimait, celui qui à la Cène reposa sur sa poitrine et dit : « Seigneur, quel est celui qui vous trahira ? » Lors donc que Pierre l'eut vu, il dit à Jésus : « Seigneur, et celui-ci? » Jésus lui dit : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi ». C'est pourquoi parmi les frères se répandit ce bruit, que ce disciple ne doit pas mourir. Pourtant Jésus ne lui avait pas dit : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? »

s. JEAN, 21, 1-23.

Pais mes agneaux, pais mes brebis. Le repas terminé, Jésus interpella trois fois Pierre pour lui

demander s'il l'aimait. L'apôtre comprit probablement que le Sauveur voulait lui faire réparer son triple reniement. Au cénacle, il s'était vanté présomptueusement d'une fidélité et d'une bravoure plus grandes que celles de tous les autres. Jésus fait allusion à cette comparaison malheureuse, en demandant à Pierre s'il l'aime plus que les autres. L'apôtre ne releva pas l'allusion et se contenta de répondre qu'il aimait son Maître. La troisième question l'affligea, parce qu'elle semblait mettre en doute la valeur des deux premières réponses.

Pourtant le Sauveur n'en doutait pas, puisque à chaque fois il ordonnait à Pierre de paître ses agneaux et ensuite ses brebis, c'est-à-dire d'être à son tour le pasteur de ce troupeau pour lequel le bon Pasteur venait de donner sa vie. Pierre, dont la chute était connue et qui, pour cette raison, aurait pu être privé de sa dignité de chef de l'Eglise, se voyait donc confirmé dans ses fonctions devant les autres apôtres. Mais cette confirmation avait pour condition une triple protestation d'amour.

Cette fois, la réalité répondra à la promesse. Car le Sauveur prédit à Pierre qu'un jour il donnera sa vie pour son Maître et, comme lui, étendra ses bras sur une croix. Plus jeune, il mettait lui-même sa ceinture et allait où il voulait. Devenu vieux, il étendra les mains et un autre le liera pour le conduire là où il ne voudrait pas aller.

Se levant alors, Jésus dit à Pierre de le suivre, lui indiquant par là qu'il aurait à marcher après lui jusqu'à la mort et au ciel, comme il le suivait maintenant sur le chemin.

Pierre, qui sentait renaître sa confiance, aurait voulu connaître aussi la destinée réservée à Jean. Le Sauveur lui fit comprendre que sa demande était

indiscrète. Il en sera de Jean ce qui plaira au Seigneur, même s'il veut le laisser vivre jusqu'à son avènement. A dessein, il ne laisse pas deviner de quel avènement il parle.

Cette parole, mal interprétée, fit croire que Jean ne mourrait pas. L'apôtre dit lui-même qu'elle n'avait pas ce sens, comme l'événement l'a prouvé.

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