VIII INTRODUCTION
qu'elle surgit de partout, et que chacun peut y puiser. A défaut des hommes pour la répandre, il y aura toujours les Esprits, qui atteignent tout le monde et que personne ne peut atteindre.
de sont donc en réalité les Esprits qui font euxmêmes la propagande, à l'aide des innombrables médiums qu'ils suscitent de tous les côtés. S'il n'avait eu qu'un interprète unique, quelque favorisé qu'il fût, le Spiritisme serait à peine connu ; cet interprète luimême, à quelque classe qu'il appartînt, eût été l'objet de préventions de la part de beaucoup de gens; toutes les nations ne l'eussent pas accepté, tandis que les Esprits, se communiquant partout, à tous les peuples, à toutes les sectes et à tous les partis, sont acceptés par tous; le Spiritisme n'a pas de nationalité; il est en dehors de tous les cultes particuliers; il n'est imposé par aucune classe de la société, puisque chacun peut recevoir des instructions de ses parents et de ses ami?» d'outre-tombe. Il fallait qu'il en fût ainsi pour qu'il pût appeler tous les hommes à la fraternité; s'il ne se fût pas placé sur un terrain neutre, il aurait maintenu les dissensions au lieu de les apaiser.
Cette universalité dans l'enseignement des Esprits fait la force du Spiritisme; là aussi est la cause de sa propagation si rapide; tandis que la voix d'un seul homme, même avec le secours de l'imprimerie, eût mis des siècles avant de parvenir à l'oreille de tous, voilà que des milliers de voix se font entendre simultanément sur tous les points de la terre pour proclamer les mêmes principes, et, les transmettre aux plus ignorants comme aux plus savants, alin que personne ne soit déshérité. C'est un avantage dont n'a joui aucune des doctrines qui ont paru jusqu'à ce jour. Si donc le Spiri-
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tisme est une vérité, il ne craint ni le mauvais vouloir des hommes, ni les révolutions morales, ni les bouleversements physiques du globe, parce qu'aucune de ces choses ne peut atteindre les Esprits.
Mais ce n'est pas le seul avantage qui résulte de cette position exceptionnelle; le Spiritisme y trouve* une garantie toute-puissante contre les schismes que pourraient susciter soit l'ambition de quelques-uns, soit les contradictions de certains Esprits. Ces contradictions sont assurément un écueil, mais qui porte en soi le remède à côté du mal.
On sait que les Esprits, par suite de la différence qui existe dans leurs capacités, sont loin d'être individuellement en possession de toute la vérité; qu'il n'est pas donné à tous de pénétrer certains mystères; que leur savoir est proportionné à leur épuration; que les Esprits vulgaires n'en savent pas plus que les hommes, et moins que certains hommes; qu'il y a parmi eux, comme parmi ces derniers, des présomptueux et des faux savants qui croient savoir ce qu'ils ne savent pas; des systématiques qui prennent leurs idées pour la vérité; enfin que les Esprits de l'ordre le plus élevé, ceux qui sont complètement dématérialisés, ont seuls dépouillé leâ idées et les préjugés terrestres; mais on sait aussi que les Esprits trompeurs ne se font pas scrupule de s'abriter sous des noms d'emprunt, pour faire accepter leurs titopie^. Il en résulte que, pour tout ce qui est en dehors de l'enseignement exclusivement moral, les ré vélations que chacun peut obtenir ont un caractère individuel sans authenticité; qu'elles doivent être considérées comme des opinions personnelles de tel ou tel Esprit, et qu'il y aurait imprudence à les accepter et à les promulguer légèrement comme des vérités absolues.