‹ L'évangile selon LucChapitre 6 sur 80 · III. I/annonciation de Jésus · texte numérisé non relu

III. I/annonciation de Jésus

Or, au sixième mois », — La conception de Jésus va être datée d'après celle de Jean ; peut-être est-il significatif qu'elle le soit ainsi et pas auti'ement. On aura trouvé naturel de faire naître Jean une demi-année avant Jésus ; mais, comme le récit marque celte distance entre les conceptions, l'on est d'autant moins fondé à supposer un mythe dont les fêtes de naissances au solstice d'été et au solstice d'hiver fourniraient l'attestation, que ces fêtes mêmes ne sont pas anciennes et qu'elles . renvoient la conception de Jean à Téquinoxe d'automne, celle de Jésus à l'éqiiinoxe du printemps : en regard de la conception, Jean serait surtout un soleil grandissant, et Jésus un soleil diminuant. Encore moins y al-il lieu d'alléguer à la place de ce mythe une légende égyptienne de roi divinement conçu, qui devenue dans , le judaïsme un mythe de conception divine du Messie, serait à la base du récit de Luc (Klostebmann, 3ji, après Gressmann). Un tel mythe existe bien dans l'Apocalypse (xii, i-5), où il est fortement teinté d'astrologie (voir Apoc. de Jean, 222 ss.), mais notre récit n'y peut être apparenté que de t)*ès loin.

«L'ange Gabriel futenvoyé parDieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth » . — Notre auteur entend que Jésus a été dit « Nazoréen » parcequ'il était de Nazareth, et il regarde celte ville comme l'endroit où. la famille de Jésus était domiciliée; il fait droit ainsi à la tradition qui considérait Jésus comme galiléen, mais il se met dans l'embarras pour la naissance à Bethléem : on peut voir dans Matthieu (11, i, 22, a3) que celui-ci, s'étant mis à l'aise pour la naissance à Bethléem,

à une vierge fiancée à un homme appelé Joseph

de la maison de David ;

et le nom de la vierge était Marie.

s'est trouvé, dans une autre difficulté pour rendre Jésus à la Galilée, — « A une vierge fiancée à un homme appelé Joseph ». — En ce point notre récit s'accortle avec celui de Matthieu : au moment où la prend cette histoire, Marie est seulement fiancée à.Joseph et n'habite pasencore avec lui. Môme accord en ce qui regarde l'origine de Joseph. — « Delà maison de David ». — Pas plus d'allusion que dans Malthieuia.u métier que Joseph exerçait, ni à la famille de Marie. Caria notice con cerne seulement Joseph (si à? oifxou AxuEi'S se rapportait à Marie, l'auteur aurait écrit ensuite /.al xb ovojj,a aùrric, non tti? Ttapôévou: cf. n, 4, on l'origine davidique est encore affirmée de Joseph seul ). Que Marie, pour épouser un descendant de David, ait dû appartenir à la race royale, c'est à quoi il n'a pas pensé ; car, s'il y avait pensé, il l'aurait dit. Ori peut soupçonner que la source rattachait Marie à une famille non moins illustre que celle des rois. Gabriel dira plus loin( i, 36) qu'Elisabeth estsa parente ; or Elisabeth est de la race d'Aaron, et les paroles de l'ange n'ont pas été lancées à la légère; elles supposent que Marie aussi est de la race d'Aaron ; elles supposenli même, dans le récit original, une indication, maintenant supprimée, touchant l'origine aaronides de Marie. La place de cette notice est restée vide à la fin d'une phrasequi a perdu son équilibre; après — « et le nom de la vierge était Marie », — l'on s'attend à trouver la mention de sa famille, comme on a trouvé men1,ionnée la maison de David après le nom de Joseph; si l'on ajoute: « de la maison» ou « des filles d'Aaron» (i, !i5), tout le récit gagne en unité, et l'allusion de Gabriel est préparée. Mais une fois introduite la conception virginale, l'origine davidique de Jésus tombait en même temps. C'est peut-être ce qu'aura pensé le dernier rédacteur de l'évangile, et il aura supprimé l'indication, se contentant, pour son propre compte, des explications auxquelles se sont arrêtés plus tard les exégètes : Marie pouvait être de la race de David, puisque Joseph en était, et sa parenté avec Elisabeth n'implique pas nécessairement le contraire (cependant cu-yyEvîç, i, 36, donne beaucoup à penser. Ss. lit hardiment dans ii, 4-5, que « les deux » époux étaient de la race de David). Marc et Matthieu ignorent la parenté de Jésus avec Jean, et le quatrième évangile en écarte au moins implicitement l'idée (Jn. i,3i. Sur les étymologies possibles dn no.m de Marie, Mxp-.âij., qu peut voir Lagrangb, 27).

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