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guérite, et d'autres invités, des fouilles furent pratiquées près d'un soupirail en forme de croix tronqude. A 95 centimètres du sol, le fer des pioches frappa sur une caisse en bois. On déblaya le terrain: elle mesurait 50 centimètres de long et 24 de large sur une profondeur de 25. Tout auprès se trouvait un cercueil de plomb éventré. Sauf la fleur de lys, la trace des signes remarqués en 1846 était reconneiiasabie. Dès lors l'identité des restes avec ceux de 1846 n'était plus douteuse. On fit sauter le couvercle dont la bois vermoulu céda sous la pression d'une pince et l'on découvrit des ossemeuts constituant un squelette ù. peu près complet. On les transporta dans l'appentis bâti par l'abbé Haumet ; on les installa sur une table ofi vinrent les examiner les docteurs de Backer, Magitot, Bilhaut et Manouvrier, accompagnés de MM. Quétin, dessinateur et Talrich, mouleur. Les conclusions du rapport furent les suivantes :
1" Le squelette est celui d'un sujet, probablement masculin, de la taille de i^jôS environ, et certainement âgé de 18 à 20 ans;
2" Ces constatations ne se rapportent aucunement à un enfant tel que devait être le Dauphin en admettant la tradition qui place sa mort et son inhumation à dix ans et deux mois.
Le 12 juin 1894, un des médecins replaça les ossemeats dans le petit cercueil de bois qui les renfermait ; le tout fut mis dans une grande caisse en zinc. Puis, devant une douzaine de témoins, le cercueil fut descendu dans un petit caveau en maçonnerie et l'abbé Paradis récita les prières des morts '.
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Les fouilles faites par ia commission du Vieux Paris, le 4 février 1904, paraissaient devoir répandre quelque clarté sur l'énigme séculaire. Elles avaient principalement pour but de vérifier quel crédit il convient de donner à l'assertion de Voisin. Celui-ci prétend qu'il a mis le cercueil du Dauphin dans une fosse spéciale, à dix pieds de la croix. Le concierge du cimetière soutenait, au contraire, que l'enfant avait été inhumé dans la fosse commune, tandis que, selon la veuve de Bertrancourt, ce fossoyeur, après avoir retiré le corps de la fosse commune, l'aurait placé dans une fosse creusée à gauche de la porte de l'église et à un pied et demi de profondeur, eu gravant ensuite à cet endroit, sur le mur de fondation, une croix.
Nous avons dit que jusqu'ici ces fouilles n'avaient pas donné de résultat et qu'il convient d'en alteiidre la reprise. 11 se peut toutefois que l'attente soit déçue. En réalité les contradictions sur l'endroit où aurait été inhumé le cercueil parti du Temple sont nombreuses. Personne ne peut dire au juste, en s'appuyant sur les documents connus, oà, en quel point précis du cimetière, se fit t'inhumatiou. On peut admettre qu'un cercueil ait été amené là du Temple, à la date indiquée dans les pièces dont on n'a que des copies. Et, sans décider si ce cercueil contenait bien les restes de
Louis XVII o\i ceux d'un autre, il y aurait intérêt à TairG des fouilles sur toute l'étendue du cimetière^ qui n'est pas très spacieux. Mais, même la découverte d'un cercueil contenant les restes d'un enfant masculin de dix ans, ne fournirait pas une solution définitive, II resterait en eifet à démontrer que cet eafant est bien Louis XVIL II faudrait en outre pouvoir infirmer, sans réfutation possilile, k'S témoignages en faveur de l'évasion et prouver que M. Lenôtre fait erreur quand il écrit {Vieilles Maisons, vievx Papiers, p. 45, p. 6) que la femme Simon n'a pas menti. Car elie disait que le Dauphin avait été enlevé du Temple et qu'on l'avait remplacé par un enfant endormi au moyen d'un narcotique. Elle confirma, en présence do la mort, lo témoignage qu'elle n'avait cessé de rendre è. l'évasion et à Texistence du prince dont la garde lui avait été confiée.
A cotte déclaration, vient se joindre celle toute récenlu que nous devons à la sœur Vincent, petite-flUe de la com ■ lesse de Béarn, née Pauline de Tourzel, La voici, publiée pour la première fois :
Pauhne de Touize!, fiile du la du hesse de Tourzel,née Groy, gouvemacle des Enfanlsde France épousa le comte de Béam, mon giandpère Son fllo, le comte de Béam, moa père, nous a dit bien des fois, qua paitir de 1815 il avait accompagné aonvent Madame Boyale sur la tombe du roi, de la relue, de Madame Elisabeth et de U priuLesse de Lamballe, mais jamais il n'a été question de celle de Louia XVII Madame Royale a toujouis cherché son frère, et encore Ir s peu de semaines avant sa moil elle a écrit â, mon père poui tiiUlHi de cette grave question qui
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lui tenait fort à cœur : je ne me souviens pas si c'est pour lui communiquer des renseignements ou pour lui dire d'eu prendre de nouveaux ; je De pensais pas avoir à raconter ces détails jamais, par conséquent je n'y ai pas altaché d'importaoce, sans cela j'en aurais pris note, au lieu de les gai'der pour moi.
Mon père et bien d'autres personnages de l'entourage royal m ont lépété souvent que Naundorf avaîl demandé à élre reçu, taisant piécéder sa prière de rappels de souvenirs d'enfance que lui seul était à même de préciser, mais que Madame Royale ne put jamais le ^ol^, le duc d'AngoulÈme et l'entourage du Roi len empêchèrent Nou" questionnions beaucoup mon père qui n aimait pas i noui trop parler de ces détails, à cause de la politiqup et de sa situsiion d'ambassadeur, puis de sénateur sous ILmpiie, Ljaignant les mdiscrélions de ses enfants, ardents loyalistes De terapi à autie, il nous rapportait quelques anecdotes de la vie de si mère, qui, enfant, partageait les jeux et les leçons de Mad<ime Royale, comme du Dauphin; elle était bien convamoue que Louis XVII n'était pas mort, maïs qu'il a\ait été soubtrait au Temple et remplacé par un autre enfant
Toui i,es détdtja lemonl^nt dans mon souvenir vers 1855. Apiès mon entrée au couvent en 1862, je conservais la certitude que Louis X7II n'était pas mort au Temple, mais ne croyais pa& que de nouvelles preuves m'en seraient données par une sœur de Saint- Vinoent-de-Paul, que je retrouvai à l'Hâpitaf militaire de Montpellier où j'arrivai en 1864. SœurDeraongeot devait à cette époque être d'un âge avancé. Elle parlait constamment de la famille royale et de Louis XVII. En me voyant, sachant ma parenté avec Pauline de Tourïel, elle me demanda immédiatement ce que je pensais de la mort du Dauphin, à laquelle elle ne croyait pas plus que moi, mais avec d'autres preuves à l'appui. Enti-ée en 1813 au couvent et resiée d'abord à Paris, où elle avait soigne la veuve Simon, ma sœur Demongeot m'a dit que cette femmi,, dontellp possédait toute la confiance et qui la préférait au\ autres religieuses, parce qu'elle écoutait tJïut ce qu'elle lui disait de Louis XVII avec un intérêt sans bornes, ne cessait de lui ippétu que Je Dauphin
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nVUilja mort au Ttn pie et quil dvait él oustia yeu\ et i.e ii. de son ma i, emmené pai des i mirent un enfant monbonJ a sa place
La femme biraon cioyant bien faire et ne loulant garder ce secret pour elle seule demanda a Louis WIII une audience sûre de lui être agréaiile en lui faisant Lonnattre le\istence de son neveu tout en ignorant 1 endroit où il va t été emporte hors de Fraai^ sûrement Grande fut 'a «mptiae quand ses confideiices teiminéei elle entnadit le roi Louis WtH lui fa de telles mena es allant jusqu k lui dite qu li la feriit enfermei enlie quatre muia saas comraunii-ation avec nul êti 1 umam si Jamais elle révéla» son secret a qai que ce soit Ce n'est que dans ses toutes dernières années qu'elle déehaigea son cœur, en faisant promettre aux sœurs de De pai 1 exposer aui menaces du 101 Aiec une lucidité d'esprit estraord maire, elle revenait cûnstdmment sur son affirmation de lexi&lenoe du Dauphin Était ce le remords des soufTrances que Simon lui avait fait enduier ou simplement le regret de voir que la léiité t,touiFi,e faiBdit subsister l'injustice de son malteureux sort ?
Ma sœur Demongeot', craignant l'exagération ou un manque de smcéuté dans les récits de la femme Simon, voyant sa mort approeliei', pria i'aumônier qui l'avait confessée, de lui demander avant de lui donnerla communion, si ce qu'elle avait raconté à la sœur Demongeot, relativement à l'évasion de Louis XVU était l'exacte vérité. L'aumônier, tenant à la main la sainte hostie, lui dit : « Ce que vous aveï raconté sur Louis XVII aux sœurs, est-ce bien la vérité? » La femme Simon se redressa et devant la sœur Demongeot présente s'écria : 6 Je n'ai plus rien à craindre des rois de la terre, puisque je vais bientôt paraître devant mon juge et mon Dieu que je vais recevoir ; j'affirme que ce que j'ai dit est îa pure vérité ^», Sœur Demongeot ne s'est
î. Louise Demongsoi, née le Ifl aoûL 179), euiréo en religion le 9 avfil 1813, iéeédéo b 13 mara 1879 après avoir élé auocesBivemenl oonime sœur de Saial-Viocenldo-Paul aui hOpitaus de Toulonse, Boaumont-Lomag^ia, MarmBiide, PariB-Chariié, Bemoy, Bayoïme, DépAi 42, Uonlpellier, Castres ei encore Uontpellier. {Arehiiies des Fillei île la CkatUé, Sssrs de Saint-Viacenl^e-Paal.)
a. Le faii esi conllrniâ par M. LenCite {VieiUea UaKOin, view fapieri. page iSj.
l'évasion db louis xvk 2!)
pas bornée à me raconter ce fait une, IoÎk, mnh mr la ié|HHÈ constamment jusqu'à sa mort en 1879.
Puisque vous recherchez des souvenirs de celle époquii, iî roc revient à l'esprit un détail que mon père m'a raconté. Il le Ipnail de deux de ses tantes, anciennes religieuses, je no sais plus do quelle communa«té, qui, obligées de se séciilariseï", vivaiont cachées dans ime petite mansarde. Un prêtre, qui avait échappé comme elles aux recherches de la Terreur, venait dire sa messe chez elles. Le 20 janvier 1794', on vint frapper fortement à levr porte; elles eurent même très peur, mais se décidi'Tent à ouvni' à un homme qu'elles lie connaissaient nullement et qui les effraya foit. « Ne craignez
prêtre ici, pour le roi balle. Je su:
.'ieiis lui demander qu'il dise demain une messe la reine, madame ÉJisabeib, madame de Lam- Simon, mais je ne vous trahirai pas et je viendrai
même assister à cette messe-.
M. Aulard, danssondeuxième volume ûuPurU pevdatil. la réaction thermidorienne qui vient do parailre, cite deux documents se rattachant à l'évasion. Le premier est un extrait de la Gazette française du34prairial. Il y est dit que !a mort du fils de Louis XYI a donné lieu à divers bruits. Les uns prétendent que l'enfant est plein de vie, qu'il y a très longtemps qu'ii n'est plus au Temple et qu'une des principales conditions de la pals conclue entre la Prusse, les Chouans et les Vendéens, était do conllorlc jeune orphelin aux puissances étrangères. D'autres assurent
1. Simon et sa tenime avaien; qQ^llÉ le Temple, la veille, 19 janvier 17!;,
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au contraire, qiio dspuis plus d'un an, ils avaient îa certitude que l'enfant était mort empoisonné. Tout en protestant contre des accusations qu'elle déclare calomnieuses et faites pour jeter l'odieux sur le gouvernement de la République, la Gazelle dëplore la disparition du jeune enfant, qui était, dit-elle, un précieux otage. Elle ajoute : a Sans doute, la vie de cet enfant n'était pas assez heureuse pour que ceux qui s'iuti^ressent à lui fissent des vœux pour qu'elle se prolonge longtemps, et il est plus consolant pour ceux que son âge et ses malheurs attachaient à son sort de le voir périr d'une mort naturelle que du supplice de son père, qui l'attendait peut-être ; mais il est à craindre que cette mort n'excite encore des soulèvements. i> Pour la Gazelle, la mort du Dauphin ne saurait être contestée, cependant, ajoute-t-e!le (et ce passage est à relever), cette mort aurait dû, pour la tranquillité générale et la confusion des malveillants, être solennellement, publiquement constatée à l'ouverture du cadavre. » Il existait donc dès ce moment deux opinions également accréditées, également soutenues : la thèse de l'évasion comptait déjà des partisans. On en a d'ailleurs une autre preuve dans ces lignes que nous empruntons également au volume de M. Aulard :
liapporl du M prairial an IJl. — Jacquet rapporte qui;, dans le quartier du Temple, le peuple disait hautement que les préparatifs faits pour l'enterrement du petit Capet n'étaient qu'une feinte, qu'il n'était pas mort et qu'on l'avait fait partir et sauver bien loin'.
Voici une autre version inédite de l'évasion de Louis XVll. Nous devons ce renseignement à «ne parente du cardinal de La Fare, qui a bien voulu nous écrire ce qui suit :
Il existe, dans îa famille du cardinal de la Fare, une tradition relative à Louis XVII, Le cardinal, ami et serviteur dévoué de îa famille royale, a toajours connu l'évasion et le lieu de la retraite du Dauphin, mais les facultés morales et physiques de l'enfant royal avaient été tellement annihilées, par la prison et les mauvais traitements, que le cardinal n'a jamais pensé qu'il fût en état de monter sur le trôae ; la raison d'État exigeait donc que l'on ne connût point son existence.
Toutes les personnes de l'entourage du cardinal savaient que chaque jour il célébrait une messe en noir pour les membres défunts de la famille royale, et, dans la chapelle, les noms du roi, de îa reine, etc., revenaient régulîèrcmeat; il n'a jamais dit sa messe pour le Dauphin (il est mort en 1829). Bien que le fait de l'existence du Dauphin fût considéré par la famille du cardinal comme un secret d'État, cependant ses neveux et nièces en étaient instmits et n'ont jamais mis on doute : 1° que Louis XVII vivait; 2° que les mauvais traitements l'avaient mis hors d'état d'acquérir les connaissances nécessaires à un chef d'État et par conséquent de régner.
Sans nous prononcer en faveur d'une des thèses, nous n'avons rintentlon ici que de saisir le grand public, pour engager ceux qui savent ou peuvent savoir, à produire leurs révélations. Et maintenant attendons. !l se peut que les