SCENE PREMIERE
PAGNOL, LE PETIT PÈRE MATHIEU
PAGNOL, haletant et regardant autour de lui.
Oh! psohilt!
Il lV.it un toMr sur lui-même et va coller son oreille à la porte du fond.
l L EVASION
LE PETIT PÈRE MATHIEU, prenant une fleur dans le vase de la table et à pleine voix.
Le Vicomte veut-il accepter une rose ? (Changeant de ton.) Tout le monde est à la noce. Nous sommes quasiment chez nous ici.
PAGNOL, inquiet.
Grebleu ! J'ai pas fait attention sur le grand chemin. Tu sais bien, le charretier ('!)? Mauvaise rencontre. Il m'a regardé en dessous... J'aurais bien dû lui faire son affaire, là, sans causer ! eh ben, je pensais à toi, à je ne sais quoi... J'iai laissé passer !
LE PETIT PÈRE MATHIEU, fronçant le sourcil.
Imprudent ! (Un profond silence.) Après tout, comme tu seras en sûreté chez moi, dans une heure... avant que ton coup de canon soit venu dire aux bourgeois de Rochefort et aux paysans que le fameux Pagnol, dit ÏEscarpe, vient de s'évader en étranglant son compagnon de chaîne et deux calfats de la rade... c'est pas grave.
PAGNOL.
C'est égal ! — J'ai un remords.
LE PETIT PÈRE MATHIEU
Ah! tu es recommandé, mon vieax ; ne regrette rien.
PAGNOL.
Je dis ça rapport au charretier !... Pourvu qu'il ne m'ait pas suivi ! — Je crains les mouches, moi, le soir : surtout celles qu'on entend pas.
1. Indication du ton, une fois pour ioutei ; « Ta «c ben, à l'chdrtiai?,.. » , ^