LE SABBAT FUT LE PREMIER CLUB FÉMINISTE
Je n'ai eu aucune tendresse pour le Sabbat (1)^; mais je dois reconnaître qu'il fut le premier club féministe. Certainement l'oppression farouche avait détraqué les nerfs de la sorcière, leur avait infligé l'hystérie; mais au milieu des phénomènes démoniaques, dont la Salpêtrière de nos jours ne nous offrit que la parade ; l'écrasée releva le front. Et ce Dieu du sabbat qui fut-il? Arbre, animal, homme et femme, je suis bien tenté d'y retrouver le premier ami de l'Eve, le vieil anthropopithèque habitant des branches, l'ancôtrè commun, celui dont la mort fut si pleurée par elle et qui le premier lui apparut et dont le dieu Pan n'est qu'une des formes. Devant ce Dieu si favorable, celle que Paul avait si autoritairement refrénée, la trouvant dangereuse même pour les anges, retrouva non seulement l'égalité mais la suprématie. Aii Sabbat, elle eut la licence d'aimer qui elle voulait ; elle écliappait aux droits du seigneur, du prêtre et
1. Le Satanisme et la Majie, Y lire la description du diable sabbatic[iie, probablement Ihumuuimal primitif.
l'ÈVE no tV elle 7 7
de l'époux. Elle savourait le repos de minuit après Tabominable jour d'esclavage. Prêtresse, elle remontait sur l'antique dolmen. Et c'était l'église proscrite des pauvres, la maison en plein vent des infirmes, l'hôpital souvent équivoque des déshérités. Elle y portait la communion et lat donnait ; sa chair nue servait d'autel grésillant au pain de ténèbre et de douleur.
Et jusque parfois dans le crime et la folie, elle sut mettre le bienfait.