‹ L'Ève nouvelleChapitre 34 sur 72 · LE TRIOMPHE DE LA RAGE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE LA RAGE

€ La femme nouvelle n'est plus une femme, c'est un monstre, un homme manqué ». Nous pouvons rire de cette calomnie qui démontre seulement l'ignorance de nos contradicteurs. £n Angleterre, spécialement, |a femme nouvcjle a formulé sa doctrine sentimentale ; rapidement et

l'ÈVE ISOUVELLIî: 1 6 3

fortemeni, elle a pris couscience . Nous pouvons, dans ses confessions, la saisir. Elle ne s'y dissimule point, toute d'élan généreux, de liberté fougueuse, de sacrifice irrésistible à l'espèce^ de culte héroïque pour l'amour et l'enfant. Com- ' ment se serait-elle révoltée contre les purs ; devoirs, celle qui demandait seulement de ne ■ plus la ligotter de vos lois où elle n'a jamais pris part, dépenser par soi-même, de vivre sur les montagnes de la vie où l'air est pénétré du divin. Vous ' disiez : € elle veut singer l'homme, en lui échappant, elle veut surtout n'être plus mère, n'être plus épouse, elle convoite le sort égoïste de nos célibataires, c'est l'Ennemie de la Race et de l'Amour. » Vous n'aviez pas confiance en la femme, et vous avez cru que ses entrailles ne seraient plus celles de l'éternel Messie humain infusant la vie aux corps et aux âmes. Le souffle âpre que vous preniez pour le vent du désert n'était si chaud que pour charrier du fécond soleil. Elle avait soif seulement de meilleurs et suprêmes sacrifices. Ecoutez ces femmes divines, surhumaines d'être vr aiment fémini nes, ou plutôt humaines d'une humanité qui frémit d'être saine enfin jusqu'à en devenir sainte. Elles n'ont demandé leur fran-

française, l'avait déjà dit: € La femme n'est point isolée danfi Tordre social ;j)lle ^rtc ave c elle le s des tinées de F enfa n ce, elle exerce une grand influence sur l'homme fait ». Et M. Levasseur,

membre de l'Institut, qui cite ces paroles, ajoute : € Elle avait raison. L'instruction, la bonne éducation des jeu nes fill es importent autant au progrès d'une société que l'éducation et l'instruction de s jeun es garçons. » Olive Schreiner verse sur la question un flot de lumière : « L'homme de loi, explique-t-elle, n'a pas besoin d'en savoir plus que le code et il n'est pas nécessaire que le chimiste sache ce qui est au delà de la fenêtre de son laboratoire. Mais la femme qui fait le travail de la femme a besoin d'une culture multiple et bien diverse; les h auteu rs et les profondeurs de la v ie Tiumaine ne doivent pas s étendre au delà de son rayon visuel ; elle doit avoir la connaiss ance dos hommes dans chacune de leurs phases. Un large élan de sympathie, uni à la force qui provient de la magnanimité résultant de cette force. . . C'est nous qui portons^ le jnonde et nous qui le faisons. . . (i ) » — « Je ne serai plus aimé de la femme nouvelle

Page 1