The slory of an African farm
de même que je ne pourrai l'aimer, réplique \ l'homme. » Certes l'égoïste, le suborneur auront à se plaindre de l'héroïne future. L'oisif, le débauché, le coureur de dots risquent fort de manquer leur vie. Mais nesont-ce pas des déchet s l de l'humanité, à côté de l'humanité véritable qui J seule nous préoccupe?
« On dit aussi , reprend Olive Schreiner: lorsque les femmes et les hommes seront égaux, il n'y aura plus d'amour ; les femmes très cultivées n'inspireront plus l'amour et ne le rendront plus... Quelle erreur ! une grande âme^altire et est attirée avec bien plus d'inte nsité qu'une âme mesfjuine... A mesure que nous gran dissons en hau teur inteilectuelle, notre te ndresse enfonce ses racines plus profondément et o uvre plus largement ses bras. C'est justement en faveu£ de l'amour que nous espérons des temp s meilleurs. En cette bienheureuse époque, quand l'amour, n'étant plus un moyen d'existence, ne sera ni acheté ni vendu, et C[uand la vie de chaque femme sera comblée par un travail sé rieux et indépendant, alors l'amour lui apparaîtra avec une étrange douceur... elle rie Varna pas cherché, mais il lui viendra. »
Sublime intuition, rôve de voyante dont les
puis (le nous complaire sur son irrésistance à la contagion de notre égoïsme sensuel. La force impure dans son Ilot de détresse a tout noyé, elle et nous et notre rêve. Scliopenhauer, qui maudit la Femme et la Race — il est logique au moins celui-là — Scliopenhauer, c'est comme un messie satanique de la mauvaise Femme, l'Envoyé du Châtiment. Il vaticine dans la ténèl)re, il déclare notre faillite morose et sans espoir, il nous démontre, avant Nietsche, notre petitesse, et cela peut-être seulement parce que notre Araie compagne en est absente, car cette petitesse deviendrait, auprès d'elle, grande et douce, tandis ([ue l'homme supérieur reste petit, étant seul.
l'américaine et la liberté
Je ne m'étendrai pas en considérations sur la jeune (ille américaine. L'évoquer c'est déjà la définir tant elle est vivace ; d'autre part, elle « se fait », quoiqu'elle ait déjà fixé avec énergie bien des traits de sa physionomie naissante. Cette physionomie reste mobile encore, et, dans cette mobilité qui n'a rien de capricieux ou de fuyant, Jious donne la
leçon de la liberté. La liberté est précieuse beau- ^coii£^m^^'^s comme satisfaction d'amour-propre que parce qu'elle ouvre, dans le passé massif et le présent déjà presque solidifié, une porte haletante aux souffles rénovateurs venus des confins de Tespace. Nul ne sait jusqu'où ira TAméricaine. Et ce n'est pas son moindre titre de gloire.
' L'éducation qu'elle reçoit dépasse la nôtre de beaucoup. Déjà les Anglaises nous devancèrent; elles mêlèrent aux violentes distractions du sport les plus austères études. Cette Aie d'étudiantes a de quoi étonner les « demoiselles » de notre prudhomesque bourgeoisie. Elles vivent en colonie intellectuelle, gardant chacune son indépendance, son « home ». Après les cours de la faculté, elles reçoivent des camarades ^des deux sexes et autour des inévitables tasses de thé, le flirt teinté de science et de métaphysique, un flirt gra-
cieuxquoique peu frivole groupe les sympathies et décide parfois d'heureux mariages. Les étudiantes de Newnham,|de Gerton, de Somer ville, de Queen's Collège nous préparent déjà à la libre vie de la jeune Américaine de Boston.
Le « self-government » triomphe a^ec celle-ci. Je ne pense pas que la préoccupation de l'enfant y
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soit la première; je crois que plus simplement la jcuiie^.4.Wéricai.ne pensu à. sgi. Elle profite de la « désexualisation » bienfaisante des écoles mixtes qui lui donne ce ton dégagé, cette allure de chevalière errante qui ne redoute rien. La sexiial tension de nos couvents lui paraît un état physiologique rétrograde. En elle tout « romanesque » trouble et malfaisant s'évanouit. Elle voit enfin la y\^ face à , face, telle quelle, ses beautés après, ses imperfections, ses larges et brûlants devoirs. Dans les collèges, les galeries de tableaux et de statues, les biliothèques, les salons de lecture avoisinent les laboratoires de chimie, d'histoire naturelle, de biologie et le gymnase. L'idéal et la réalité habitent partout fraternellement, la chimère nulle part. lyiiie Dugard nous a indiqué avec netteté et esprit (i) cette vie qui cependant ne manque pas de poésie. Elle aété devancée bien moins par M.Paul Bourget (2), trop admirateur du gros luxe et de Ténergicyankees, que par M"" Bentzon (3) aux pénétrantes études, d'une sensibilité indulgente et Une. Que ce soit au palais de Wellesley avec ses
\. La Société américaine.