V . , la vie, des corps aptes à la lutte et à la reproduc
' *■ tion. Une vraie habileté pour les travaux |domes-
tiques simit volontiers à une connaissance appro
fondie des sciences exactes; beaucoup de piété àla
chapelle n'empêche pas de boire en tête à tête
avec de jeunes hommes un thé parfumé de flirt et
de citron. Mais un attrait nouveau s'ajoute j^à j&es
■ organismes pratiques et exaltés à la fois ; le roman
que leur imagination ne [daigne plus vivre, il y a
des chances que leur vie le crée. Selon toute apparence e lles ne cou rront pas les banales aventures com munes aux femmes du passé, servantes d'une destinée étroite et de notre sexe dominateur et jaloux. Ell^ iront où il leur plait, là où les yent^iDftpréyus de leur âme les. porte. Une visiteuse du collège de Willesley raconte que par la baie du parloir s'ouvrant sur le lac, elle vit quelques étudiantes délier les barques et d'une rame énergique glisser au loin, sur cette eau inconnue... Ce n'est plus rembarquement pour la vaporeuse et fade Cythère, c'est le départ vers quelque aussi mystérieuse mais plus fière île de science et de pensée.
OBJECTIONS FRANÇAISES CONTRE l'ÉDVCATION NOUVELLE
M" Lydia Dickenson, dans un discours au parlement des religions (l)aproclamé qu'enfin, grâce à cett e femme nouvelle, l'union véritable entre époux sera réalisée après des siècles de vaine recherche. Il est certain que si elle veut bien aimer un homme^
i. The divine basin of coopération of men and women.
celte Eve subtile et forte en sera l'alliée la plus utile, la plus chère . Tant d'Européennes, qui n'ont rien dans la lôte et souvent de tristes choses dans le cœur, deviennent au foyer une dépense et une lassitude de plus. Celle qui sait travailler et comprendre, voilà la vraie femme désirée, attendue par nous. Qu'enfin, comme l'a chanté Tennyson, « la Jéte nuptiale s'avance, chaste et calme, et que se dresse une race de surhumains !»(!).
En attendant^a jeune Américaine n'ignore plus rien, et c'est là ce qui démontre nos pusillanimités latines ; quoique pure elle^a jperdu cette innocence, si soigneusement préservée par nos méthodes jansénistes; le mystère sexuel lui est scientifiquemcnt familier, elle l'a étudié avec des yeux tranquilles. Elle sait le bien et le mal , elle est prête aux taches humaines. Voilà où le différend éclate. Trop sa Ayante et trop libre. Eh bien, expliquons-nous.
Après avoir entendu ma conférence à la Bodinière sur la jeune tille, M. Marcel Prévost m'entreprit sur cette nouvelle éducation que j'ai toujours trouvée préférable à la nôtre (2), Il le fit
i. Tne Princess.