‹ L'Ève nouvelleChapitre 68 sur 72 · XII. -=^ Proud'hon qui dépréoia de toute son éloquenco · texte numérisé non relu

XII. -=^ Proud'hon qui dépréoia de toute son éloquenco

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Il ne s'en ira point quêter aux portes Tiles L'encens et la rumeur, car son orgueil divin Ni' ti'nd vors vos hocbots que des bras malhabiles, El, s'il est ivre, ce n'est pas de votre vin.

Fortune monstrueuse et destinée amère !

Les roses et les lys qui revêtent son corps >'e vous font respirer, ô Femmes, que Taustère Dédain de votre chair et de vos plaisirs morts.

Mais pour vous il viendra, Voyantes, Prophétesses, Amoureuses que le Dégoût rongea de pleurs; Il viendra réaliser toutes les promesses Et garder pour lui seul vos sublimes douleurs.

Il posera sa main sur votre front aride

Et de vous jaillira l'àme des jours futurs.

Nue ainsi qu'un enfant et, comme un roi, splendidei

Car l'archange a sonné vers Dieu: les temps soDimArsI

Autour de lui, plus souples que les Bayadères Et plus sereines que les Saintes d'autrefois, Vous serez les rayons tremblants de ses mystères Et le grand flot d'amour ruisselant de sa Croix...

(Prière, 1895)

Que les précurseurs aident la femme nouvelle & sq créer afin que, nous le rendant au centuple, elle nous crée le véritable Surhumain.

XV. — Au moment de mettre sous presse je pat'cours le beau numéro que la Revue Encyclopédique (M. Meneau, directeur) consacre au féminisme. Voilà uiie œurre utile et bonne, justetnent (lar là cbUàboriltioil dès teittmési

l'ÈVB nouvelle t78

Dans un article de M"^<> Ghéliga Les Hommes féministes, je trouve, entre autres noms sympathiques et imprévus, Lucien Descaves. Le talent de Descaves, sa forte probité littéraire me sont chers ; mais je veux répondre à cette lettre où se déclarant féministe — ce dont il faut Tapplaudir, et ce dont le féminisme doit êt^e content et fier, — il ajoute : « Mais les femmes sont bien naïves en vérité si elles s'imaginent obtenir par la persuasion une condition meilleure. Elles devront pour y parvenir imiter ces femmes d'Italie lesquelles, voulant s'opposer à Tenvoi en Afrique de leurs maris, de leurs fils, de leurs frères, décrochèrent les wagons et en firent descendre de force le bétail militaire... Elles ne seront affranchies que par la révolution. > Eh bien, non, ceci n*est pas exact. La première révolution a eu comme résultat un asservissement plus obscur encore des femmes. Avant 1889 les femmes avaient quelques petites libertés qui depuis lui furent effrontément ravies (consulter à ce sujet les travaux de M"*® Vincent, une socialiste !). Partant, la force brutale est le plus détestable des moyens, le plus réactionnaire ^ ,1e plus rétrograde, le plus antiféministe et antihumain. Notre planète n'accomplira le définitif progrès que lorsqu'elle aura réalisé la hiérarchie des forces ; la paix, le féminisme, la sérénité sociale ne régneront que le jour où nous aurons bien compris la leçon que nous donne un être humain debout. Le cerveau qui prime, puis le cœur, puis les forces génésiques, musculaires, défensives et offensives. Les révolutions, étant aussi fatales que des cyclones, doivent être exclues do plus en plus d'une humanité progressive. Un intellectuel ne devrait jamais les conseiller, surtout à la femme qui en sera, en a été la première dupe. C'est déjà bien assez qu'elles aient lieu. Il vaut mieux être naïf, qu'imprudent et brutal ; ne donnons pas raison aux lois iniques par des procédés aussi iniques. Il est nécessaire de dire cela au moment où le fémi-

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