L'évéque Gozlin; ou, Le siege de Paris
• Un bruit coorl : on prélend qas U jsnni fiUa « bien det fiuiM à sa reprocher.,. Qae ne puù-je tôt lonril a «i piapoi I je ne lei «alcadi jiuaui. uni cbigrin... Ob'"! poarqnoi oea tODpfani iigu* nnix \ TaUci-Tona , rnsdinnU. >
Ëgill, après avoir envoyé de touscôtés, comme
on l'a vti plus haut, des guerriers à la recherche
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d'AJaS)èrt, s'était retiré àatts ie château ^u..jti^ ver , où il lui avait été impossible de prendre une beure de repos. Toute la nuit il avait veillé , prêtant l'oreille au moindre bruit, tantit était "ibipatient de re<iefoir;dfS nou^^elles dd soncher élève !
Il se promenait tristement dans la longue galerie du château, se* livrant aux plus sombres pensées, lorsqu'il vit entrer Adalbert, et que, presque aussitôt , il se sentit pressé dans ses bras.
« Cruel jeune homme., disait le scalde d'une voix entrecoupée, que tu m'as fait soulTrir! que t'est-il donc arrivé ? »
Adalbert lui raconta ses périlleuses aventures de la nuit : à chaque détail, le scalde pâlissait, frémissait. Quand il eut fini de parler :
H — Avouez, mon cher Adalbert, qu'en cette occasion vous avez manqué de prudence. Quand vous avez reconnu que ces femmes voulaient vous séduire , ne deviez-vous pas les fuir avec
horreur, vous, l'amant d'Adelinde ?
Ôb ! Ëgill , quand vous verrez la belle , l'incomparable Godiva , vous trouverez ma faute moins grave. »
Egill secoua la tête, comme pour témoigner qu'il resterait toujours dans la même opinion. Puis, il lui dit :
« Qu'allei-vous faire de cette nouvelle amie ?
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Sans doute vous lui devez beaucoup ; mais avant de se repentir elle a été long-temps coupable. C'est pour elle et par elle qu'ont péri quelquesuns de nos plus braves guerriers. »
Cette dernière réflexion du scalde pénétra, comme un trait brûlant , dans l'âme d'Adalbert. Il n'avait songé jusque-là qu'à la généreuse action de Godiva, et on lui montrait en elle un monstre d'inhumanité. Il devint pensif, tris(e ; puis , il dit: .
a — H me répugnerait trop de lui ôter l'estime qu'elle m'avait inspirée ; nous l'eutendrops avant de la juger. Aujourd'hui même je veux la conduire à Judith, à ma mère; il faudra qu'elle confesse sa vie entière. Si elle est criminelle!... Oh! quaikd même elle le serait , je ne permettrai point qu'elle périsse , mais je défendrai qu'elle paraisse jamais devant mes yeux ; nous ta relé^ guerons dans quelque contrée lointaine.
— C'est bien , dit Egîll ; vou^ reprenez votre raison. Vous ferez d'autant mieux de partir pour le Mont-Valérien , qu'il est très-possible qu'on y ait été informé de votre absence du camp, et que l'on y soit dans de mortelles inquiétudes. Marc-Loup était venu me trouver cette nuit ; à peine a-t-il été informé que yous n'aviez point reparu au. camp,' qu'il est parti d'auprès de moi comme un trait, sans m'enteudre, sans me dire
où il allait. Je tremble que , par excès de zèle , il ne soit allé porter l'alarme à l'emùtage. »
Ad-ilbert fit aussitôt préparer une litière pour Godiva , et donna ordre qu'on la conduisît au Mont-ValérieD. Elle eut pour escorte, dans ce court voyage, Adalbert Itii-mèine et quelques autres guerriers normands.
Lorsque nos voyageurs furent arrivés au pied du mont, Adalbert y a6n d'embrasser plus tôt Juditb, donna de vifs coups, d'éperon à son cheval , et devança l'escorte de quelques centaines de pas. Que l'on juge de son étohoement, quand il ne trouva à la porte de l'ermitage , ni un garde, ni même un serviteur;, qu'il n'y entendit pas une voix , ni le moindre bruit. C'est que Marc-Loup, après avoir informé Judith de ta disparition de son fils, avait pris avec lui tout ce qu'il y avait d'bommes dans la niaisou , et même Nitard , pour courir à sa recherche : il les avait conduits , par des sentiers qu'il connaissait bien, dans tous les lieux où il soupçonnait que l'on avait pu tendre des embûches à Adalbert.
Xotre jeune homme monta donc, sans rencontrer personne, jusqu'à la salle où se réunissaient ordinairement les femmes. La porte en était entr'ouvertci et, avant qu'on l'aperçût, il put.voir Odille qui , à genoux devant une image de la Vierge, priait avec ferveur; Adeliude, assise de-
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Tant une table , la tête cachée dans ses deux mains , semblait pleurer amèrement ; Judith se promenait, les bras croisés sur la poitrine, et plongée dans de profondes réflexions.
Adelinde, la première, le vit entrer, et jeta un cri en se levant brusquement. Elle voulait vo- 1^ à sa rencontre ; mais elle retomba sur son siège. Sans doute , la joie était aussi dans lame de Judith; mais, en femme toujours maîtresse d'elle-même , elle ne manifesta ses sentiments par aucun signe 'extérieur. Elle se contenta de lui dire :
« — Adalbert, on assure que vous avez couru des dangers. Votre devoir est, sans doute, de combattre ; mais il ne faudrait pas tous exposer sans motif.
— Je n'ai point combattu , ma mère , et pourtant j'ai vaincu. J'amène ici , ajouta-t-il en riant, aux pieds d'Adelinde une prisonnière. Elle et vous, Judith , vous aurez à décider de son sort. Ma prisonnière est là , qui attend des ordres pour comparaître à votre tribunal.
— Une femme 1 dit Adelinde ; et c'est vous qui l'amenez , Adalbert ?
— Oui, trop soupçonneuse amie, et je suis même siir que vous lui panlonnerez d'être belle , quand vous saurez,... Mais il faut qu'elle-même
' vous le dise. Je l'entends qui arrive; vous l'allez voir. »
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b CHAPITRE XXI.
Il sortît aussitôt pour aller recâvbir Godiva qui descendait de la litière. Quelques instnnts après, il reparut, la tenant avec .respect par la main, et il la présenta à sa mère. Id pauvre ^le, troublée, interdite, tenait les yeux, baissas; elle sentait tout son corps chanceler. Tombant à genoux devant Judith , elle put à peine pronon* cer ce peu de mots :
« — Ayez pitié de l'orpheline !
— Rassurez-vous, jeune fille, répondît Judith en la relevant*; qu'avez-v6us à craindre ? mon fils vous protège.
— Et je dois la protéger, répliqua Adalbert; sans elle, ma mère, tous n'auriez plus de fils. »
Pendant cette courte scène, A.delinde sentait sa poitrine oppressée : un mal qu'elle avait ignoré jusque-là venait de la saisir, l'agitait. Elle était pâle ; des larmes roulaient dans ses yeux. Sans doute , elle ne pouvait s'empêcher de trouver Godiva ravissante ; mais qu'elle eût su gré à quiconque eût pu lui faire remarquer dans cette jeune fille quelque défaut, soit dans les traits, soit dans la, taille, soit dans le langage I
« — Ma mère , dit Adalbert , je désirerais sans doute que, dès à présent, notre prisonnière pût se faire connaître, et de vous et d'Adelinde, je pourrais-ajouter, et de moi, car je ne sais rien d'elle, sinon qu'elle s'est montrée pour moi aussi
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sensible et généreuse qu'elle est belle. Mais, q>rè9 toutes les cruelles angoisses qulelle a ëproitvcfis la nuit deirhière , j^ crains -qu'elle n'ait pas la force de faire un long récit. Il n'y a pasrpluA de trois heures que je l'ai vile -dans lin état .yinsip de U mort.
— Eh bien ! mon fils , tious attendrons que votre protégée ait retrouvé, dans le' repos ; la in^senoe d'esprit, )e> cabne qui lui soàt oéoes*saires. Odille , je vous charge de donner des stnns à cette malheureuse fille. Conduisez-la. dans la cdlule de l'ennitage la plus isolée , la plus éloiignée de tout bniit. Ordonnez à deux Neustriên?nes de nos esclaves de pourvoir k tous ises besoins. »
Odille prit aussitôt, avîBC un air de bienveillatfece et d'intérêt, le bras de la prisonnière pomla conduire dans une autre cellule. Gbdiva, Uycsqu'elle fut près de la porte, tourna un peu la tète pour remercier &a bienfaitrice. Son regard était si. soumis, exprimait si bien la recontiaissaoce ,. que Judjlb en ' fut émue , attendrie , et qu'Adelinde même cessa un ttioment de la baïr- Adalbert , resté seul avec sa mère et son , amie , leur racon^ les dangers t|u'il avait courus ■dans le souterrain dit Mont-de-Alars. A chaque détail , l'efEroi se peignait rl^ns lés yeux de ces deux femmes. H n'avait pas dit tout l'intérêt que
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O CHAPITKB XXI.
lui avait inspiré, dès ta première vue, l'attrayante Godiva , il avait même affirmé qu'ïE n'avait voulu que la soustraire au joug de l'infime sorcière; raais Adelinde soupçonna qu'il cachait quelques incidents : elle tomba dans une rêverie profonde. Pauvre aile ! elle sentait la preinià^ atteinte du mal qu'on nomme jalousie.
I^ soir arriva. Tous les gens de l'ermitage qui étaient allés à la recherche d'Adalbert étaient rentrés. Nitard , au comble de la joie d'avoir appris le retour de son ancien maître, racontait commmt Marc-Loup les avait promenés tout le jour dans des lieux déserts. Pas une chapelle, pas un couvent abandonné dans les environs qu'ils n'eussent visités. « Fatigué enfin de cette course inutile, ajouta-t-il, Marc-Loup nous a congédiés, et a repris le chemin de Paris, espérant de recueillir, dans les propos de ses habitants , quelques renseignements propres à le mieux guider dans tes recherches ultérieures qu'il se propose de faire. Il veut surtout , nous disait-il , fouiller le souterrain qu'habite certaine sorcière qu'il soupçonne de trahison. »
Nitard en était là de son récit lorsqu'Odille vint demander si la prisonnière pouvait se présenter. Elle assura que cinq à six. heures d'utt* sommeil profond avaient calmé l'agitation de ses sens. Judith permit de l'introduire, et l'as-
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semblée se rangea en cercle , autour dé la table , pour écouter ce qu'elle allait dire.
Elle entra : sa démarche était modeste. Elle était pâle encore , mats paraissait calme et résignée. Judith la fit asseoir; tous les yeux étaient fixés sur elle. Voici comme elle parla :