‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 2 sur 40 · HISTOIRE DE GODIVA L'ITALIENNE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE GODIVA L'ITALIENNE

■ Je suis née en Italie, sur les bords de l'Arno. Ma mère habitait une maisonnette , à quelques, milles de Pise, au pied des charmantes collines qui divisent le territoire des Pis^s de l'état de Lucques. Tout près de notre habitation étaient d'antiques bainsd'eaux thermales, où, dans la belle saison , affluaient des étrangers de tous les pays. Mais ma mère alors sortait rarement de sa maison , évitait leur présence : elle était belle pourtant , et devait désirer de plaire.

« Dans notre solitude , nous n'avions , pour nous servir, qu'une seule femme, quemanjère avait emmenée de France à son retour d'un voyage qu'elle y avait feit quelque temps avant ma naissance. Cette ferame ne me parlait jamais ■ que sa langue ; ce qui fit que , dés ma plus tendre enfance , je sus et parlai la langue des Francs, avec autant de facïlité'au moins que lé

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iO CHA.P1TRE XSl.

mauvais latin que parlent encore les Italiens de notre temps.

« Ma mère ( elle s'appelait Ginevra : je n'ai jamais su ses autres noms) m'aimait avec idolâtrie : . ma vivacité-, mon enjouemeiit la cliarmaient; et pour que mon nom , disaif-êlle , fût confoime à mon caractère , elle m'appela Godiva , nom que je n'ai point cessé de porter. Avec quelle tendresse elle me caressait ! comme elle aimait à passer ses mains dans les longs cheveux , naturellement boucMs , qui dès lors couvraient ma tête ! Puis, me regardant fixement, elle disait : « Comme elle lui ressemble! c'est tout lui.» Et ses ^eux brillaient d'un vif éclat; et peu après , je les voyais se remplir de larmes.

« Ginevra avait reçu l'éducation que , de nos jours , les femmes bien nées reçoivent pour l'ordinaire dans les petits états de l'Italie. Elle était instruite dans plusieurs genres de sciences, et possédait quelques talents agréables. Dès que je fusen âge de pouvoir profiter de ses leçons , elle m'apprit tout ce qu'elle savait des pays voisins de l'Italie. Quand elle me parlait de la France , elle soupirait.

« Un jour, diaait-elle , tu iras dans ce beau , dans ce cruel pays où commencèrent tous mes malheurs 1 Tu y trouveras ( ô mon Dieu ! laissez-

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inoi du moins l'espérer, ajoptaît- elle en levant les yeux au dél ) un père bon , gén^eiix , ton véritable père, Godiva , qui sera fier d'avoir une telle fille. Mais it faut te rendre digne de lut. Il aime les arts : combien de fois je l'ai vu ni'écouter dans nn ravisseinent inexprimable , lorsque je chantais en m'accompagnant de la lyre! La nature t'a donné une voix douce et flexible ; tu le séduiras par tes accents , comme je l'encban- , tais par les miens. »

«Et elle m'enseignait alors à moduler. des sons , et elle plaçait mes dpigts sur les cordes de sa lyre. Je fis dans l'art du chant de rapides progrès.

« C'est au milieu de ces occupations, et de plus en plus chérie de ma mère Ginevra, que, sans soucis, sans crainte de l'avenir, je parvins doucement à la dixième année de mon âge. Je m'aperçus alors que la mélancolie ordinaire de Ginevra augmentait chaque jour; elle paraissait plus inquiète , pins rêveuse , ne s'éloignait que de quelques pas de notre maison. Mes jeux , la naïveté de mou langage en^ntin la faisaient à peine sourire.

« — Ma fille, me disait-elle quelquefois, npus ne sommes plus en sûreté ici : notre asile est découvert... Mais où fuir ?...

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— Ma mère ( répondais-je , nous n'avons ja- " mais fait de mal à persoDne ; qui pourrait nous eo vouloir?...

— Un monstre que la jalousie aveugle, dont l'oi^ueîl blessé ne peut pardonner... Dix ans passés dans le repentir et les larmes n'auraientils pas dû effacer ma &ute?... Non, il lui faut du sang.. Si, du moins, il ne voulait prendre que moi pour victime!... » Puis, elle me pressait fortement dans ses bras , et ajoutait : « Godiva , ô ma chère enfant , rappelle-toi bien ce que je vais te dire: si qùelquejourtuvoyaîs des hommes furieux s'introduire dans notre maison , me demander, me chercher, n'essaie point de les attendrir, de les désarmer par tes larmes ; fuis , non dans mes bras , mais dans ceux de notre bonne servante; elle sait comment, elle et toi, pourrez vous sauver. Elle a toute ma confiance, elle te conduira dans une contrée où tu seras, du moins, à l'abri de tout danger. »

«J'écoutais ma mère avec surprise;, je ne voyais nulle raison de nous mettre en garde contre des périls qui me semblaient imaginaires. J'avais tort. Peu de mois après, je ne sus que trop combien les craintes de ma mère étaient fondées.

L'ail 876 commençait. De Rome, où il avait été couronné empereur, Charles-le-Cbauve re-

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touruait en France : sa suite était nombreuse et brillante ; on accourait de tous côtés pour le voir, le saluer. Il résolut de s'arrêter quelques semaines à Fise , pour y égayer si les eaux de nos thermes lui rendraient la vigueur d'esprit et de corps que, depuis long-temps, il avait perdue. Chaque matin, accompagné d'un nombreux cortège de seigueurs français et italiens, il sortait de ta ville, et venait se plonger dans les eaux salutaires de nos sources thermales. Je désirais vivement de voir, au moins une fois, cette brillante élite de chevaliers rassemblés tous les* jours dans nos environs; mais ma mère refusait sans cesse de me laisser sortir de notre petit enclos. lies portes en étaient plus rigoureusement fermées que de coutume. Une fois pourtant, elle céda à mes pressantes sollicitations, et surtout à celles de notre Françiûse, qui ne voulait pas mburir (c'est ce qu'elle disait) sans avoir . revu quelques compatriotes.

n'Accompagnée de notre servante, j'allai donc, un matin, m'asseoit sur un petit tertre qui dominait une vaste prairie, où cent courtisans, au moins, se promenaient ou se livraient à divers jeux, tandis que l'empereur était dans le bain.- Une foule de villageois couvrait le tertre, et, comme nous, ils admiraient les grâces, l'adresse, les manières franches et vives, l'éclat des costu-

l4 CHAPITRC XXI.

mes de tous. Ces étrangers. Un de ces courtisans, d'un âge mûr, qui se promenait à l'écart, ■et seinblatt prendre assez peu de part aux eter> oices de ses compagnons, jeta par hasard les yeux sur le tertre, m'aperçut, s'arrêta : «t Le bel en&rït! » s'écria-t-il; et il demanda à la servante qui me tenait par la main, quels étaient mort nom, mes parents. Charmé d'entendre qu'on lui répondait en tangue galto-rouiaine, il témoigna le désir de connaître la mère de ta jeune fille aux longs cheveux ( c'est ainsi qu'il me dé- 'signait); et chargea sa compatriote de demiiur der à ma mère s'il lui conviendrait de recevoir chez elle Robert d'Andoc , l'un des fevoris de l'empereur Chartes : ce fut ainsi qu'il se qualifia.

« Ccmtre moU espérance, ma mère, à qui nous rendîmes compte de tout ce que nous avait dit Robert d'Andoc, consentit, et même avec empres- . sèment , à voir cet étranger. Notre Française l'alla trouver le lendemain, et te conduisit dans notre asile. Dès en entrant , il reconnut ma mère, qu'il se rappela avoir vue avec sou mari, Lamberti, duc de Spolète, il y avait dix ans ïu moins, à la cour du roi de France. Quand il lui demanda où était le duc, et pourquoi elle vivait ainsi seule, loin des cours où elle avait paru autre-

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ktts avec- tant d'éclat et de succès, elle rougit, bûssa les yeux { soupira.

«Quand en m'a annoncé, répoadil-elle, que

■ Robert d'Andoc était du nombre dei coupti&ans qui entourefitle roi Charles, et qu'il désirait me viùter dans ma solitude, j'ai tressailli de joie, et j'ai aussitôt formé le projet de le rendre confident de tons mes secrets , de mes infortunes ; car je n'avais point perdu le souTenir de sa loyauté , de soâ indulgente bienveillance pour les malheureux. Mais je ne dois point m'expliquer ici : il ne fAul pM encore que cette enfant, dil-die, eti me déstgqant de la main > connaisse les secrets ( et ^lle dit plus bas à l'oreille mém« de Kobert ), les fautes de sa mère. Venez avec moi, généreux Francis j venez entendre de cruels aveux, et me donner quelques eousc^ations. Je ne sais quel pressentiment m'annonce qtle vous serez, sinon le sauveur de l'infortunée ducbesse de Spotète , du moins l'appui, le protecteur de sa tendre Godiva, de son' intéressante fille, u

a Et elle l'invita à la suivre sous un groupe d'amandiers et de,«édrats qui ornait notre petit enclos. - *

a Ils s'éntretiorent loog-^lemps à l'écart , et

. quand le noble Français prit congé d'elle , je Iç vis lui baiser la main avec respect- Il me caressa beaucoup en sortant , et me dit :

■DolizccbyGoOgle

l6 CHUPITRE XXI.

« Aimable enfant, je ferai ton bonheur; compte sur ma parole !» .

« Le lendemain , et plusieurs jours après , il vint converser, et toujours en secret, avec ma mère qui nous paraissait moins triste, moins inquiète; elle senkbiait renaître à l'espérance, à la vie. Un matin, elle dit à la Française et à moi :

« Après demain , nous parlons pour la France. Robert a obtenu la permission de nous emmener avec lui à la suite de l'empereur. Préparons tout ce qui nous sera nécessaire pour ce grand voyage. AU ! que ne suis-je déjà sur cette terre chérie! Là, du moins, je n'aurai pas à craindre les persécutions d'un barbare, les poignards des

« La Française rayonna de joie à l'idée de revoir sa terre natale; avec quel empressement elie fit tous les préparatifs du départ! Moi, je ne savais si je devais me réjouir ; je ne me voyais pas , sans quelque regret, forcée de quitter la contrée, les champs que j'avais toujours habités.

« La veille du jour fixé pour le départ , Robert d'Andoc vint , comme à l'ordinaire , à notre ermitage. Voyant ma mère occupée de divers préparatifs, il me prit par la main, et me proposa une promenade avec lui autour de l'enclos. Il voulait, disait-il, jeter un dernier coup d'œil

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sur les beaux sites des environs. Nous sortimes, et par un oubli que je me suis souvent reproché, nous laissâmes ouverte la petite porte de l'enclos.

a Kous avions gravi au haut d'un monticule qui dominait la plaine; et Robert contemplait avec ravissement TArno qui la traversait dans toute son étendue, et dont les bords étaient ornés de palais de marbre, de jardins, de bois de chênes toujours verts, lorsque nous crûmes entendre partir de notre maison des cris perçants.

« Dieu! s'écria Robert, tes assassins dont Ginevra se croyait menacée l'auraient-ils surprise ? Courons. » Aussitôt il vole vers l'enclos , l'épée à la main. Je ne pouvais le suivre.

a Hors d'haleine, ne pouvant plus courir; ni même marcher, je tombai au pied d'un arbre, à trois cents pas de notre maison. J'en vis sortir, en toute hâte, ets'enveloppant dans leurs longs manteaux ; deux hommes qui , en fuyant, regardaient sans cesse derrière eux. A l'or qui couvrait le manteau de l'un des deux , et à sa toque de velours surmontée d'un panache rouge , je reconnus qu'il était le maître. L'un et l'autre disparurent dans un taillis, où des chevaux sans doute les attendaient; car lorsque je me relevai pour tâcher de regagner la maison , je les vis tous deux galoper sur la grande route , montés sur de rapides coursiers.

IL a

« Je nie trônai, UQP sans de^gr^fidçeftbcts, jusqu'à la porte extérieure de nolr^ enclos, et je traversai ,1a cour. Oh ! quçl spectacle s'offrit à iqa vue ,. lorsque J'eatrai dans Jajoaiwul Notre servante étendue morte et b^ignée^laQS $on sang , qui.coulait à gros bouillons ç|v le p^yé de la salle; plijs.Join^ ma fo^ce renversée sur x^fi lit .de..repo5, et le sein pe^cé d'up pqignatd ^i était re&té dans la.plaie ^ pous^it epçsQi:^ 4e ,-^ibles gémissements. Robert M>utepait 39 tète, tà> (hAii de la .ra^neocr à la v^e.

« Je .me jetai sur sop corps; je .FiijQpdai, de larmes. A ipes cris étouffés, à mes ^Qglots,.elle sembla reprendre ses sens ; ses yeux se rouvrirent à demi.; ^s jnaius cherchèrent le^ tnif^inps.

<t j^lle .vj,t donc encore! ils ne l'ont pas .tq^e! Je te remercie ,, mon DiepL... Çt Rohert,,>ce biiave Français, où est^îl? Q,iie spn ^\f^Itfiç.^of^ a été iat^e! n

«|tQbei\t, alors approcha ffi.t^e 4^ la.^i^PlAg; elle put lereconnaître :

«Excellent ami, luidit-e}le,je.le seit», {«'u'^i que ,peu dUnstants à vivre ! »

« Et, s'apercevapt que Robert essayât fje tirer doucement le poigpard de «pp sçjp :

«I^onl non! Robert, ne L'otçz.pas; riod ^nge sortirait avec ce fer. Je ne pourrais plus vou^ rendre dépositaire de mes deruières, pensées,...

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GODIVl. LOUPeSLlNE. ig

Mon époux qui, depuis dix ans, comme je vous l'ai dit , me cherchait dans toute l'It^ie - pour m'arracher le jour, avait, depuis quelque tem^, découvert ma retraite. Je le savais : j'ai cru un moment que je pourrais' échapper à sa furei^ jalouse. Le ciel vengeur ne i'a pas permis: Je meurssa victime. C'est hil-niéme , c'est son bras qui a enCoDCp le poigoard.... J'étais coupable, et j'en suis puuie. Il voulait aussi égorger fna-âlië : Dieu n'a paspermis , 'du moins , qiierinbocence succombât. Robert, ô mon unique ami, je vous lègue le seul trésor que je possède an monde ; que ma fille trouve en vous un protecteur^ Elle en aura peut-être un autre encore dans l'homme que j'ai tant aimé , et à qui elle dœt le jour. Pcésentez-lui ma fille, Robert; vous lirez son nom dans'les tablettes qui sont cachées dans mon sein, tout près dupoignard qui me déchire ; vous jlirez rhistoire de mes erreurs, demoncrime. Un jour, quandma fille aura atteint l'âge des passions, vous lui remettrez ces tablettes pour qD'elleapprenne, par mon exemple , dans quel abîme de malheurs peut entraîner un amonr réprouvé par les lois divines et humaines.... MaiSf-je'm'afTaiblis; mes yeux vous aperçoivent à peine; vous ne m'apparaissez plusque comme des ombres.... Généreux Robert, et toi, ma fille , pressez-moi encore les mains! que je vous touche.... vous sente auprès

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sa CHAPITRE XXI.

de moi, si je ne puis plus distinguer vos traits...»

« Elle dit encore quelques mots sans suite; ses lèvres remuaient , elle croyait parler; mais aucun son ne parvenait jusqu'à notre oreille. Peu après, la pâleur de la mort se répandit sur son visage ; son cœur cessa de battre.

«Adieu pour toujours, belle et malheureuse femme! dit Bobert en se relevant. Quoique tu ne puisses plus m'entendre, reçois le serment que je fais d'adopter ta fille, n £t, en même temps, il tira du sein de ma mère des tablettes souillées de sang, détacha de l'une de ses niains un anneau qu'il passa dans l'un de mes doigts, et que je possède encore. Le voilà.

« Puis , me prenant dans ses bras : « Fuyons , ajouta-tnl, de ce lieu funeste. Viens, ma pauvre enfant , vivre dans une plus douce patrie. » . ■

« 11 me porta anéantie , demi morte , sur uii de ses bras, jusqu'à la ville, quoique nous en fussions éloignés de plus de trois milieu; de l'autre bras , il s'appuyait sur son épée.

n Quel malheur! disait-il en marchant, j« suis arrivé un moment trop tard; le crime était commis. Quand ils m'ont vu entrer , Un fer à la main, ils ont fui, les lâches! je n'ai pu les atteindre... Ob! barbare duc de Spolète! comme je vais animer Charles contre toi ! tu paieras cher ton forfait!... »

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« Bientôt le bruit de la 6n tragique de Gine- A^a se répandit dans Pise et dftns toiitË la contrée voisine. On apprit en même temps que , seule, j'avais été saiivée , moi que le duc de Spolète avait particulièrement vouée à la mort. On accourait de toutes parts pour me voir, et pour féliciter le cbevalierquim'avaitsauvée, adoptée. L'empereur Charles lui-même exigea que je- lui fusse . présentée ; et bien qu'il fut déjà tombé dans une espèce de dissolution physique et morale, il m'accueillitavec une sorte de bienveillance et promit de s'occuper de mon sort, dès qu'il serait de retour dans ses états.

« Cette promesse, il n'a jamais pu l'effectuer. A peiqe rentré en France, il lui fallut prendre de nouvMule chemin de l'Italie, poursecourir 'Te pape que Tassassinde Ginevra, J^mberti duc de Spolète, avait. attaqué dans Rome même ; et Charles n'était encore arrivé qu'au pied des Alpes, lorsqu^l péritdansun misérable village, d'un poison très-subtil, que lui donna, dit-on, le juif 3édécias.

« Robert, qui m'emmenait- paftont avec lui, avait suivi l'empereur dans cette nouvelle expédition. Il se faisait une joie de retourner en Italie, pour y combattre l'infâme duc de Spolète, qui m'avait si lâchement privée de ma mère. La mort de Charles dérangea tous ces projets. Mou

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aï CHAPITRE XSJ.

protecteur vit déchoir tout le crédH dont il avsût jouijusqu'alors dans l'empiré. Il ne voulut point se résigner à chercher de nouveau ta Saveur du roi ({ui succédait k Gt^ies. Déjà ftvaiicé en âge, il résolut dé slexiler de la eoàr , d'altor finir seâ jonrs dans les teires iraoïeoses c|u'îl possér dait non loin de Paris ^ à Confiam* i sur leslioixïs d<j lai Seine.

« 11 m'avait toujours gitrUée près dehn, pendant ses vojagto à la suite de duirle», et s'était pki A Cliver ma jeune iatelligénoe , bks £5posittona natiKellsfi. Il èe finsait une fête. de me présenter à sa famille , dans son vaste château de Couflans.

u^odiva', me disait-il, avec quelle joie te recevra ma bonne Hélène, toA femme bten-aimée ! Le ciel ne nous a donné que des fils, et elle désirait tant une ^le ! h Puis , il ajoutait : v. Laissons s'écouler quelques années encore ; et , parmi mei trois garçons , je te dirai : Godiva, choisis pour' ton époux celui d'entre eux ihcah- lequel tu auras remarqué les qualités les plus aunables , qui aura «a t'inspir^r de tendres sentiments. C'est aiAsi que je remplirai le vœu de ta mère

* lia Itiui , Conjluantam , prirce que ce Tillage Ml silaé prèi de t'embonchiire de X'O'ae dans h Seine. C'eit aDJoardliai Conflani- SriuIO'KofaDfiad. ' '

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GODlfA. l'oRPAELINE. ^3

Aioiitacbte , qbè f aâraî' bien vMtâbt^Uient fait de toi nia fille- »

<t Que j'étais MtoDnaîfôanftf dé taot de bien- TëiHànce! Je reà)>ectais nldn ptotèctmt à l'égal d'tin pète. Nô«9 trarversâilies ensenlitte la ÏVance plaque eiitîèrâ, pour nous rendre àa |>ied dés Alpéa à Conftths. II Toyageait à ch^al; et moi, f ètids asëlsé éû cPôupe derrièi'e kl. PënddM: cette hi^gue roilté, je lui rendis les soiûS A^Ûùt fiitfe envers son père. Je tâchais de le distraie de- sa Mélàbcoiie habituelle par des chants , par mes ptr>pos ènjonéft, par des questions nàftes, bizarres , auxquelles il répondait toujours ivéc bt^té. rétâls A héùrtiulse quand jt l'aVais vu seuteiftétii: souri**'!

* Jte ïftl (fis un jour : « Il ttie semble , mon eb*r totéur, que- tous n'a+ez guère songé k chercher pdiJr inoi je lïe Sais quel autre ffèfe', qoe je dois dvoic erii Frande. »

« Un tniagé olWcurcif son fi¥>rit;Sels' Sourcils se rapjirochèrent ; H me regarda avec cdînpassion .

ft Pauvre Gotïivà , rtié dit- il , ta ne dois guère e^rer de te forte jdifiâîs recoWnaîffe pat- l'artibitieux personnage à qui tu dois le jour. Je t'ëipiUëthi; le pTtis tard qu'i( Seea possible, à âéi-Téfta, k des mépris. Ta mà'e àVait conâei^^ une idée trofe favorable de l'homme qu'é()e- avait nimé. il est insensible et fier ; e' est-tout ce que

je puis te dire. &«ste donc avec nous ; vis dans ma famille. Ne songe à nous quitter, à chercher d'autres protecteurs de ta jeunesse que dans le cas où les projets que j'ai formés pour ton bonheur ne pourraient s'exécuter. Alors, mats seulement alors, je consentirai à t'étoigner de moi, et je te fournirai les moj^s d'attendrir, peutêtre d'iotéresser à ton sort , ton puissant -, mais impitoyable père. Jusque-là, Godiva , ne parlons jamais de lui! »

te Je baissai la tête , et, depuis lors, je ne me permis plus de ramener nos conversations sur im, pareil sujet.

■ « Le leiidemain de ce jour, il me panit moins soucieux : dans ses yeux brillait quelque joie. K Nous approchons , dit-il , du terme. Nous voilà déjà sur mes terres. Combien de fcHs j'ai chassé dans ^:ette forêt ! Que j'ai pêche d'excellentes anguilles dans cet étang ! » Une heure après, il s'écria : « Godiva , voilà Conflans! .Le château qui domine cet amas - de maisons et cette église, c'est mon château ! Le distingues- tu au milieu des hauts arbres du j>arc qui l'entoui'e de tous côtés ? »

■ « Je partageais bien sincèrement son bonheur ; car, et moi aussi , je sentais le besoin du repos.

« Il descendit , et me fit descendre à la porte du parc. Puis , prenant son cheval par la bride. -

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GODivA l'ohpheuse. a5

il marcha avec moi dans une longue avenue qui conduisait au château. 11 voulait , disait-il , me faire admirer la beauté de la .campagne qui environnait son domaine. Chemin faisant ^ oous trouvions , de temps à aut^e , des villageois qui ' semblaient revenir du château; ils avaient tous UU' air de préoccupation , telle qu'à peine ils nous regardaient, et continuaient leur chemin sans nous saluer, sans nous rien djre.

K Un vieillard surtout 6xa notre attention : sa tête chauve, sa barbe entièrement blanche, annonçaient la décrépitude. Il marchait lentement, le corps courbé , s'appuyant sur un bâton , poussait de gros soupirs, et essuyait d'une main les larmes qui; tombaient abondamment le long de ses joues. Robert s'arrêta :

H — Bon vieillard, quelle est la cause de votre c^agrio?

— HélasJ.brave étranger, je n'ai plus que cinq ans à vivre ; après avoir feuilleté ses livres, ' elle m'a prédit que je mourrais subitement dans cinq ans au .plus. »

«c Robert eut peine à s'empêcher de rire : « Bans cinq ans! répéta-t-il;mais c'est toujours quelque chose. Au reste , il arrive souvent que les prédictions ne s'accomplissent pas à point nommé.

« Elle ne se trompé jamais, dit le vieillardi »

(c En quittant cet homme qui tenait tant à la

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a6 CHAPITRE XXI.

ine, Robéft Ht! put ^emflécfaer de dire : « Vin- Stittsé !... Mais j« Vtfls i^'H f^ef* établi quelque sorci^ dans mes domahM» : je saurai mettre ottlre à £ela. »

« Plus loîiï , nou t'éiicôQtrântes ud hoAitia'e qui constdéraît aVec attention une fiole de verre à détat t«iltplie d'une liqueur couleur de safran ; il la pbsiâit devant sé& yeux :

« Comme elle eï« chiite, Éëtte liqueur! diteit-il; dh ! le chatraé dpérera , j'en suis sur... Mais e«-cé fciWi avant ou aprètf que j'aurtî versé ta li^étif âstis la ttiatmhe, qu'il faudra jjetéi* la verveine et les qiitats àe souris ? Elle a bieti dit apartl, ii je fte me trompe. "Je devrais péul-'êtrc retotii^ei*... » Et il s'arrêta; piitâ reprit sa route, en se parlant toujours ,'sani rfed voir de tie qtti l'entourait.

a A. cet homme succéda un villageois , qui teûaU uÉi de sed bras passé autour Ai corps d'une lemnïe fraîche et jolie, â qui ildoftnait, presque à chaque paS , un baiser :

o Je te l'avais bien dit , Brigide ; noQ^e prértiier enfant sera un garçon : bai^-ntoi donc pour cette bonne ptédictron-là. Un gs*^qn!... dh! je ne regrette pas d'avoir fait le! v<jyage. tf

<i Efa vérité, dit Robert, je ttots que cette ttifrtidite Sorcière a fait perdre l'esprit k tout le cfln-

GoorvA toiiPHn.i]!rK. 37

ton. Lés ans s'en retoumeùt plétitant, leâ àuii^s joyeux. Pauvres gens ! » Et puis il Répétait Sbn refrain : « Je éhasser» Cëtt& enjôleuse , tjùi vit sans doute »ax dépens d'une foule d'imbéciles. *

«Quand nôiis' fûmes arrivés près du château, un étioïiné chfftri' s'^ïiÇa Vers noOS, furieux, aboyaut, comme s'il allait nous dévorer; mais tout A coup il ^Ettl<êtà, ie tut, j^mûd là queue, puis vint,' en rampant, jusque sous les jambes de Aobéft: il lui léchitit ks pieds, estprimatt sa joidpar de petits tris. (tAfa! celuî-là, du moins, m'a reOddhu!» dit Robert; et, à mh tour, il lui reËdit càt^esses pour caresses.

« L'ab6^mÈnt du thien avait appelé sur la patte \ts viètix concierge. Lui', aussi, reconnut son mailï'«, bi lui témoigna sa joie , en disant :

« Mon cher maître,^ je vous revois donc, après dix ans d'absehcâ! je mourfai content. Dame Hél«ie l'âVAit sien prédit : ïfous sommes à la Veille d'un grand événement , f-épëtait-elle hier encore. Otf ^ que votre présence est ici nécessaire!... »■

«Rôbertl'ifttWrompit.-rf — BOnvièuxsèrviteur, je ne veux plus tous vous quitter.... mais, je brûle de revoir et ma femme et mes fils... où sont-ils ?

— 'Vos fUss<Mit, si je ne meb'on)pe,àkich^&e,

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a8 CHAPITRE XXI.

OU peut • être pillent-ils , en ce moment , le château de votre voisin, Albéric de Holles", qui s'est avisé de céder ^ à prix d'argent, une de ses terres à des Normands établis à Charlevanne.

Quanta la dame Hélène, elle est dans sa tour. C'est aujourd'hui vendredi , son jour d'inspiration...

— Sa tour ! dit Robert avec inquiétude, quelle tour ?

— Tenez, vous la voyez là, dit le vieillard en montrant, de la maia ,'un petit édifice très-bizàrrenient construit sur le haut d'un rocher. C'e^t de cette tour que notre maîtresse observe les astres; c'est là qu'elle compose ces liqueurs enchantées qui donnent ou qui ôtent l'amour...

Oh! elle est bien savante, damp Hélène; de dix lieues à la ronde on vient prendre ses conseils...

— Eh! qui lui a enseigné cette Science?

-r- Le révérend père Panurge , homme; extruordiuaire, qui sait 'tous les métiers, tQUtes tes sciences,' qui chante et boit comme personiie au monde. Toute une année, pendant plus.de trois heures, chaque jour, enfermé avec ma

* Pi'obablenieDI de Houillti, CttX un village , Arat nue pùiîiuulc m Toiuoe de Cellts ( CbuleTinne ), on l'éuicDi cublii des THaiuidt , mtaie ariDl qu'une aalrc b«Dde de Uuri ceoiplIiotM Tint

Douze. bvGpogle

GODIVA LORPHEtlHE. ag

maîtresse , il lui montrait l'anato. . . . non ! la ctiiroman. . . non! l'astrologie; c'est cela.»

«Mon tuteur était rouge de colère; mais je vis qu'il se contenait.

« — Cest assez , bon vieillard , dit-il froidement; avertis Hélène que son époux l'attend ici.

— L'avertir ! dit le concierge; vous ne savez pas qu'il est défendu à tous les serviteurs d'approcher de la tour à plus de cent pas! . . . Cependant, ajouta-t-il en paraissant réfléchir mûrement, je pense que, vu la circonstance, je pourrais. . . j'appellerai. . . je crierai de loin. . . oh ! elle me pardonnera, sans doute, cette infraction k ses ordres. »

■ Il sortit, et courut vei^ la tour, aussi vite qu'à son âge il pouvait courir.

«Robert, sans même songer à'moi, tout préoccupé de ses idées , arpentait à grands pas la salie où nous étions. Je l'entendais qui disait:

«Ma femme , nia douce Hélène, une' sorcière ! . . Qui s'y serait attendu?. - Voilà ce qu'on , gagne k quitter ses foyers, à s'associer aux folles entreprises des rois ! ... »

« Il méditait encore, lorsque nous vîmes descendre gravement du rocher qui soutenait l'observatoire de la sorcière , une grande feiproe vêtue de noir. C'était Hélène. Ses cheveux , sans aucun ornement , séparés en deux parts sur le

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3o CHAPITRE UU.

sommet de sa, tête, retombaient, à droite et à gauche de ?op vjsage, sur ^n cou qu'entournit UD gros coltiçr de.porail d'un rouge de sang. Elle tenait à la main un large parchemin d^oulé , sur leqpe} €)\\e portait SQuyent up ou deux doigts , corni»? ^ elle gjit voulu mespr^y dep -distances. C'^t ainsi qu'elle trayer^, saos aliter je pas* la partie du pprç qi)i nous séparait d'elle. Quand elle fut entrée daqs la $alle, ellp jeta spr so^ DUUji un r^^ii^ fîù l'on pouvait tire quelqi^p ^tisfactipo ; mais , ^n; le seirrer ^^ns ses Iïças> elle lui dit : , . *

a Je vQus attendais depuis trois j<;t.urs : jç ne me suis trompée que de six l^K^ ^ryptrp 3frîyée. » Puis , .ni'aperc{e:Vaq,t , a^se dans un coin , muette, interdite, el)e parut agréfiblem^ut snvr prise, a Ah ! jreprit-«lJ|e , je l'ayaôs aus^ y»^ ! » Et elle* s'approcba'plus pré? de m<n , 63^ ses yepx scrutateurs sur toute ma personne, paa» s^ doigts dans mes }ong3 cheyieux .- «.Oui, c'est bieïi cela. Une comète à.lQUguç chevelure, .qui roulait dans le signe du Capricorne!. . .» ^

«Robert, les bras croisés, debout au roili^u de la chambre, la considérait d'uo air de compassion, sans rien dire- H. se décida enfin à rompre le silence.

« — Hé^e, quel accueil après tant de longues ' années d'absence!

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—Ah''- Moh^t , j^po|>dit-,elle , sois «ûr .^e je te rsypifi^Mflci^e; tpais pi.tp ^ftV^ais^quel» sqpt fi prés*pt i»Ap gQWtS, quel pUisir op épCOUve à lire dans l'avenir, à prédire des événemenls qui ne manquent jamais d'arriver. . . . Robert! Robert! jç t'iûjjiqrw (i4t!s-ispciflnç«iiue je possède; .tu .i}ejprmer^'p)u^)ij?. projet, tu ne conamw,ceras pas une entreprise que, d'avance, tu «'en connaisses ]p sycc^s ou beureu^ ou défavorable.

-^ C'est bieii , dit Bobert ; mais < pour a.ujo!Hrd'hvi, fais tr^ve à XfS l^ptes. spéculations. DTous soldâmes fatigué*,. ma jeune compagne et moi, et,, surlo^, I1Q.UP ayons besoin de répscet nOs forciE!5-par un bon rç;pas. Fais-nous servir des nietjs sj]b^t9utiels ; et , tout QQ maugeaut, je t'apr pE$)idr4i comment je 5»is parvenu à me prpcacer cetfe prpbeline, dont.ai^ns doute tu vas devenir la protectrice , la mère. » ■

. «Hélène, aussitôt et, 6aiiftTi9nr.ép.0Bdçe, .appela ses dpm«stiques, leur ^ûuUff des ordres;. .et, quelques instants après, uqus .pûmes ,nou& as,- . seoir Autour d'une.table sbqnj^amxQient swyie.

«Pendant le repas, Hélène écoUO avec distraction \fi, v^çit que fit mon tuteur des événements qui l'avaient porté à me. prendre .aous sa pcotectign. C^>*ncUftt elle ne cessait deiTOfi coasidérw attetitivemelit , et je ne d.<mtai. plii^ que je xte lui iqçpûassequelque intérêt, q^^d'je )a visfren-

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3ï CHAPITRK XXI.

dre des mesures pour que je ne manquasse de rien dans le château. Elle déclara même qu'elle se chargeait seule de côulinuer mon éducation. ...»

Là, noire historienne s'arrêta un moment.

Puis, 's'adressant directement à Judith et à son fils :

« — Je crains bien, dit -elle, ô mes généreux hôtes , mes bienfaiteurs , que vous ne trouviez trop longue l'histoire de l'orpheline ; que vous n'ayez k me reprocher d'être entrée dans tii^p de détails sur les premières années de ma vie. Oh ! dites , dites franchement ; dois-je supprimer une partie des événements que j'ai çncore à raconter? Faut -il passer tout de suite à la triste circonstance qui m'a conduite dans l'affreux séjour où l'on m'a trouvée ?

— Non , non , dit Judith ; notre intérêt, notre désir est de vous bien connaître. Que votre confession soit entière; ici,. vous trouverez intérêt et bienveillance, eussiez-vous quelques reproches à vous faire.

— Ah! croyez-moi ,' je vous en conjure; j'ai toujours abhorré le crime. Mon esprit est léger, insouciant peut-être ; mais mon Âme est pure. . .

— C'est l'idée que j'avais prise de vous, dit ' Judith, d'après ce^ue vous nous avez déjà,ra-

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GODiVA l'orpheline. 33

conté. . . . Mais vous devez être lasse de parler. Suspendez, pour une heure ou deux, votre récit. Ce soir, vous continuerez de satisfaire notre curiosité, d

Godiva remercia Judith du délai qu'elle voulait bien lui accorder. Elle en avait- besoin pour mettre un peu d'ordre dans ses idées.

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CUAnTMK XXII.

UNE FDRIE.

. . . NoiUÊtqtfUtn qiidfitÊiHaJiottit.

At ûbt pro aeUn^ pro laÙim aui'u , D((iipiaatcatopitlat,quttlalùiciiivt) PtriolvemI graUt Jigntu, tl pncmùi rtJdaiu

TiKan.. , ^«Àl. . Ub, n. T. 535.

Le soir arrivé, Godiva, sur FinvilatioD que lui en fit Judith, continua son récit.

SUITE DE L'HISTOIRE DE GODIVA LTTALIENNE.

a Ce ne fut que le lendemain du jour de notre arrivée dans le château d'Ândoc que je vis les trois fils de Robert. Us étaient grands et bieo laits ; le plus jeune pouvait avoir quinze ans au plus. Mais qu'ils me parurent incultes et gfos- ,

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