‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 13 sur 40 · JI · texte numérisé non relu

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Douze. bvGoOgIf

|6* caiflTAB XXVII.

fiaient vers ie goufire, sentit son ime l'ibandonner ; il tomba évanoui sur le roc.

• K En rouvrant., long-temps après , tes yeiix k la lumière , il aperçut Timothée qui gravissait )f>énibleniettrf , tisnHit dVn bras son ' fits , une pointe de rocher. Ses habits étaient soiiiHés de lange et d'éostne; à ebaque pts, il était forcé dé s'arrêter, eti s'acer ochant k des btiissons. Frà% Maria voulut se lever pour Ytflev à sa rencontre ; itttiift il ne put que jeter un. cri et lui tendre les ^ras. A ce cri, Timothée redoubla d'efforts, et parvint bientôt Ji déposer k ses pieds le cher fardeau que son bras ne pouvait plus supporter.

« L'enÊint était pâle , ses yeux étaient fenhés, mais il respirait encore.' Leurs baiaers de feu, leurs sanglots- semblèrent le rappeler k la vie ; il rouvrit les- yeux , leur sourît en tendant vers eux ses petits bras. Frère Marin s'empressa alors -de le prendre dans les sierts ; et tous trois , ils tentrèrent bi«itôt au couvent.

« Le soir, quand frère Marin se &t couché près du petit Marinello, il sentit une vîvedoii-' leur au Ceifveau. Dans la chute qu'il avait faite près de la caséade , sa tête avait porté violemment siu- le roc ; c'était ta cause de son mal : il espéra que ïe repos le guérirait; mais, le l«tidemain , il souffrait encore ; et i le* jours sui-

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Yants, les douleurs augmentèrent, et ne diminuaient qu'à de rares intervallea.

■ 11 soupçonna dès lors que sa fin était proche , qoe tout remède serait inutile; et itnes'appliqita plus qu'à dïsttixiul«r ses affreuses souffrances , pour ae point jeter dans le désespoir son pauvre ami Tîmothée. Mais l'altération de ses traits trahissait son secret. Titnothée, toutes les fois qu'il jetait les yeux sur lui, se troublait, soupirait ; il n« voulait plus s'éloigner de sa «ellale. La nuit « il tenait sans cesse la main sur Je front brûlant de son ami; et si, malgré lui, il fallait céder au sommeil , il se coutentait de pencher quelques instants la tête sur l'oreiller de frère Marin. C'était là tout le . soulagement que le malade voulait accepter de lui; car, intérieurement , il remerdait la Providence de lui avoir envoyé un mal qui n'exigeait l'application . d'aucun remède extérieur : tant il craignait qu'otk ne découvrît enfin qu'il n'était pas ce qu'où le croyait être 1 ' ■

f iTne nuit , Timothée sentit que frère Marin écartait doucement la main qui lui sei^ait le front, et il lui demanda s'il se sentait plus mal.

— Au contraire , répondit frère Marin ^ voilà plus de deux heur^ que je ne Boiiffre plus. Jç veux que vous profitiez de cet intervalle pour vous rep<^r de tatit de veilles. Allez dans votre

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l64 CHAPITRE XXTII.

cellule , vous y dormirez [^us à l'aîse , et ne revenez vers moi qu'aux premiers rayons du jour. »

R Timothée voulut d'abord refuser ; mais frère Marin le pria de le laisser seul , quelques heures au moins , d'une voix si douce ; si suppliante, qu'il iallut obéir.

Il Timothée retiré dans sa cellule, et l'esprit ua peu plus tranquille , céda aii sommeil , et ne s'éveilla qu'au sou des cloches qui appelaient les moines aux raatioes. Il quitte aussitôt sa couche ponr retourna à son poste ordinaire. En sortant de sa cellule, il rencontre la plupart des moines qui allaient à la prière. Frère Marin était aimé de toute la communauté ; on s'empressa ^e lui demander si l'état de son ami était amélioré.

Il Je le crois , dit -il, car il a exigé que je le quittasse pendant quelques heures; j'espère le retrouver mieux encore que je ne l'ai laissé. »

kL^ plupart lui proposèrent alors d'entrer avec lui dans la cellule de frère Mario, et ils l'y suivirent. Timothée ouvrit la porte sans bruit, et entra avec tous les moines. Ils virent le jeune frère Marin tranquillemeat étendu sur son lit. Sa tête, qui reposait sur son oreiller, n'était plus aussi pâle qu'à l'ordinaire, et sa bouche semblait sourire. Une lampe posée sur une petite table ,- entre sa couche et le berceau de Mari-

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netio , venait de s'éteindre ; il en sortait encore une fumée épaisse qui , sous la forme d'un long roseau gris , flottait lentement , avant de se mêler à l'air, sur le lit de frère Marin. Le jeune moine paraissait s'être endormi en ëciivaint quelques mots; car sa main droite, qui tenait encore une plume , était posée sur une feuille de .parchemin. Timotitéé s'avança le plus doucement qu'il lui fut posûble vers le lit de son ami , prêta l'oreille-pour écouter le bruit de sa respi* ration ; et l'on vit bientôt l'efErol se peindre sur ses traits. Il porte en même temps la main sur le iront de son ami , et s'écrie, en sanglotant : «II est mort! n Et aussitôt il tombe, en gémissant , sur le lit funèbre.

« Les témoins de cette triste scène restent silencieux , mornes ; mais le supérieur, s'avàaçant, prend l^écrit que le mort tenait encore dans sa main, et lit à haute voix :

« Je sens qu'il iie me reste que peu d'instànts'à a vivre : j'en profite pour demander à mes frères , a aux compagnons de ma solitude , d^exaucel" « mes derniers vœux.

« Je demande qu'aussitôt après que j'aurai «rendu le dernier soupir, le père Timothée s'en- «ferme, seul, tlans ma cellule; que, seul, il me «dépouille de cette robe de moine que je n'ai •t jamais quittée , ni le jour, ni la nuit ; que, seul,

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« il CDTetoppe mon coips du funeste linceul. . . . « Et vous, mes frères , vous prierez pour. ...»

« Les dernières lettres étaient effacées, illisiT Mes; on voyait que la mort avait surpris le jeune frère lorsqu'il les traçait encore.

«Le supérieur, aprèa avoir réfléchi, prononça ces paroles:

a Père Hmothée, exécutes les dernières vo- 'lontés de votre arai. Et nous , mes firùres , Bortons ^ prions. I*

*Ils sortirent de la cellule, et 7 laissèrent enfermé le père Tiraothée. Rangés sur deux 6les à la porte , ils se mirent ensuite à réciter, & basse voix, les prières des morts.

« Un grand cri, qui partait de la cellule, interrompit leur plaintive psalmodie. I^ supérieur ouvre brusquement la porte, et rentre avec tous les moines autour de lui. Quel spectacle s'offre à leurs regards! le corps nu d'une jeune 6lle étendue sur le lit, et père Timothée tenant encore dans ses mains la longue robe dont il venait de la dépouiller. La mort n'avait point défiguré s<» traits; sa peau avait conservé sa blancheur, et son beau sein toute sa fermeté.

« O mes frères , s'écria le supériear , voilà donc le séducteur de Thécla!.... le père de Marinello! Quelle injustice nous avons commise!...

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uqtTe tlt3vpireiKtjder«xpMr, de lai ré|}arw<aiutant qu'il est et» notre pouvoir. ?

4 11 fiit QQq^enu, à l'ipfitftntTvân^, qiM le cMpR,de frière Matin, ou plutôt de la généreuse Marina, serait «spo«à,ipeiiickntbvis)QHrs,danft l'Oise chi monastère, le sein d^uvert , et que siur M tQtt) on poserait une couronnera rtïse& blartcbes.

« Tous les Tiburtiens vinreni jouir- de aet étrauge spectacle , et Tbécla, que l'on accusait dès lor» :d'wa menaonge impie, d'une atroce cal<HDnie , ta'osa^us paraître au milieu de se» oMcitoyens, On la mfiudifeait; et pourtant eUe n'était pas ooûpaUf. .

a On éleva ensuite dans l'église un tombeau, dans lequel fut d^tosé le corp» du prétendu frère Marin ; et un moine composa, en mauvais latin, l'épitapbe que voici, et qu'on y lit encore:

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