I.C HOI ALFItED
• Puik priit coagié Un* (BoUan); et ABorime (Alfred) lai yoult doDiier U moicié de lan rojiame. ■Ml Koalu dut qo'il n'en prmdroit polot; «mi 1^1 Touloit doDB«r congié ■ la Iwsiiiica d> U ranir HTiir pour >od irgenc , il lui en aioroit boa gré. Abc«1b< npeadil qa'il lui plaimit bien. - '
(MuiDMniTdtUBibliolMqaodd rai, n" 9.857, p. ai.)
Le leDdetnain , tous .les hôtes de ^ermitage réunis-, suivant la coiituine , autour d'une large table, fîmssaient leur repas du matin.
Déjà Adalbert s'était levé pour prendre congé de sa mère : il s'affrétait à sortir, un arc à. la main, pour àlléi' clufiser.duis les environs tes bêtes Êiaves. qui se pépaUdaient dans les campagnes pour s'y nourrir des herbes nouvelles que faisait croître la chaleur des premiers jours à^ printeinps. Tout à coup , entra dans la salle, d'un pas prédpit«, un des Normands préposés à la garde de l'ermitage ; il annonça que
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des messagers venaient d'arriver, et apportaient Tles nouvelles de Bolton.
A ce nom , un cri de joie ^écba'ppa de toutes les bouches ; et Judith ordonna d'introduire le» envoyés.
On vit presque aussitôt s'avancer, d'un air respectueux , trois guerriers Scandinaves couvn^s de sueur et de poussière. Ils saluèrent Judith, à qui ils remirent des tablettes , dont elle rompit avec empressement le sceau. Après les avoir parcourues un instant des yeux :
« Écoutez , dit-elle „ RoUon nous gronde. ■ Et voici ce qu'elle lut :
« Judith, ma noble épouse, pendant que je « battais les Anglo-Saxons dans la Grande-Bre- « tagne , d'étranges nouvelles 'sont vanues me M surprendre et m'afflîgeff. On répambît le brait « qne Paris avait arrêté, duis leur course, nos K troupes victorieuses ; qne , désespérant de « prendre cette TÏlle , SigeHroi avait marché dans « le midi de laFrance avec tme partie de l'armée; « qu'en attendant son retour, Adalbert <nsif , iiFr , « souciant, se contentait de bloquer. Paris , et 1 passait les journées entières aux pieds de notre « belle captive.
<t Est-ce là ce que j'attendais de hii , quand je « te chargeai du cominandement de l'armée des <c Normands?
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«J'ai abandonné aussitôt l'Angteteire, et je R viens de débarquer près de /^i^t^^na* avec dix K mille Anglo-Saxon» qui ont voulu me saivre.
a DanB qnelqueft jours, je serai sou$ les raurs « de Paris ; je ne veux m'arréter à Boueii que lé « temps nécessaire pour y faire pmdre nrt évêqiie
■ qui a excité les hatùtants à se révolter contre > les Mcvmaods , malgrij la foi quSl nous arait a jurée.
nSi Adalbert yfnt se Fécoocilijet' avec moi, 1 qu'il aille, sans délai , oboisir autour de Paris, tt et le plus prfts qu^l sera possible de ta ville, « on vaste emplacement pour les troupes noua velles que je conduis, et au milieu desquelles je veux toujours rester. Elles serviront de mo- « déle à nos anciennes troupes, dont le courage, « pendant mon absence , me paraît s'être amorti.
« Mes envoyés le diront ce que j'ai fait en
■ Angleterre; ils te diront aussi que j'ai reftisA « une couronne... C'est en France que je veux o régner, et seulement après que j'aurai vengé,
dans le sang, notre brave compatriote Code-
1 frid , lâchement assassiné sous les yeux de « l'empereur Charles.
«Adieu... RoLLOS. »
Judith , quand elle eut cessé de lire , s'aperçut
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quede ^oanes larmes tombaient des^eux d'Adalbert ; elle s'approcha de lui.
- t Ne sois pas si sen^ble , mon £ls , k des reproches qui peuvent n'être pas mérités. Rollon , ip'écoutera : il est juste j il te rendra sa confiance et son amitié. »
« C'est naoî qui lui attire ces reproches, • disait Adelinde. Et elle témoignait une vive douleur.
Judith ^'approcha des envoyés de'BoUoD , et, tout en s'excusant d'aVoir paru les oublier pendant qu'elle s'occupait de leur message, elle les invita à s'asseoir et à prendre quelques rafraichisseraents; cç qu'ils acceptèrent. Elle leur dit ensuite :
« — Rollon me mande que vous nous raconterez ses aventures en Angleterre. N'abusé-je point de votre complaisance en vous priant de satisfaire notre curiosité?
— C'est toujours un nouveau plaisir pour nous, répondireqt-ils, de parler de notre digne chef : nous voudrions que le monde entier connût son courage , ses exploits , sa justice.»
Et aussitôt le plus vieux des trois envoyé» commença, en ces termes, le récit que l'on va lire.
EXPÉDITION DE ROLLOH EN AKGLFTEItRE.
« J'étais du nombre des guerriers avec les-
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LE ROI ALFSED. 1^3
quels RoUon^ il y a ueuf mois environ, redescendit la Seine , après avoir remis à son fils Âdalbert et à Sigefroi le ccHBnmndeRieDt de l'armée qui devait traverser la France. Des vais' seaux uous atteodaieut à l'emboiicbure de la Seiue; ils nous transportèrent, en^ peu de jours, SUT les côtes orientales de la grande île qu'habitèrent autrefois les-firetons^ mais qu'ont depuis occupée des Angles , et ensuite des Saxons.
M Quand nous arrivânoe», tout ce pays d'£staâgUe ( c'e$t ainsi qu'ils le nomment ) était dans une confusion extrême .: les Ânglo-Saxons venaient de chasser du trône leur roi Alfred , qu'ils croyaient peu propre à régner sur des ' braver comme eux , parce qu'il employait ses jours, les nuits même, à étudier les tangues, les mœurs, les lois des autres peuples. Ils lui reprochaient de ne s'être pas vigoureusement opposé à l^établissement , dans plusieurs parties dé l'Estanglie , d'une foule de Danois qui y avaient élevé des forts, et qui menaçaient d'envahir le reste du pays.
« On ne savait ce qu'était devenu te malheureux Alfred depuis son expulsion. Dix chais à la fois prétendaient au pouvoir ; et chacun d'eux avait de zélés partisans qui, tous les jours, s'attaquaient, se combattaient les uns les autres.
<ï Bolloh résolut de profiter de ce moment de
DiailizccbyGoOgle
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<)i9Corde et de troubles intérieurs pour s'etnpa- rer plus faâlement de l'Estanglie entière. iM Dannis, qui en occupueut déjk quelques contrées s'empressèrent , b son nom seul , de ae réunir autour de luU II marchai lewr-téte, etVavança rapidement dans le pays.
a Partout où nous portions - nos armes , ks Anglo-Saxons fuyaient devant nous , eu aban^ donnant leurs champs et leurs -duuniières.Mogs ne trouvions à prendre et à dévaster que des églises désOTtes, que des monastères où le» vieillards seub étaient restés ; et ces vieillards , il nous falla'it les égot^er jusque sur leurs autels.
a Nous cherchions des femmes, des religieuses surtout ( les chefs de nos gueiriers étaient avides de ce butin-li ) ; mais il était rai% que' nous pussions en prendre, quelque mystère que nous missions daas nos irruptious' sur les moutiers des femmes. Presque toujours On les prévenait de notre approche; et elles s'enfuyaient, leurs psautiers sous -le bras, leurs grandes croix au cou, des reliques dans leurs poches. Quelquesunes seul^nent restaient parfois en arrière , cA se laissaient saisir , d^ns l'espoir de gagner le ciel, en se livrant, comme elles disaient , à la rage effrénée de ces lubriques hommes du NOrd. Elles appelaient cela souffrir le martyre.
« Il fout en convMiir, il y en eut, de ces
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fennnes-là , qui furent vëritablement des martyres ; mJtis elles le voulurent bi«n : vous allez «n jugor.
« Notre armée était arrivée près de je ne sais quelle petite rivière qui coule dans l'Estanglie, et noiM nous apprétiùn&. à Ib passer sur des radcaax, ItHTsqiK citAis aper^mes ^ au milieu d'un bois épâk qui eti couvrait les botdi , la poiute d'un clocher ; et l^eutot après, le son argentin -d'une doebe vint frapper nos oreilles. Tous s-'arrétent à ces sons inattendus. Mille guerriers s'élancent aussit>6t dans le bois, et découvrent, non sans surprise, au milieu d'un épais groupe d>e vfeuK chênes ^ une église d'une blancheur éclatante, -et tout près, un assez vaste bâtiment d'une extrême propreté. Des voix douces et plaintives semblaient sortir de l'église : on eût dit qu'elle n'était remplie que d'oiseaux du plus mélodieux ramage.
« Sufin , nous aurons donc des femmes ! »
s'^rièrent nos chefs; et déjà ils se partageaient, en idée , les timides colombes qu'ils s'attendaient à trouver dans le temple. Nous n'eûmes pas besoin d'en briser les portes : elles étaieiit ouvertes. Nous entrons. Dans un chœur semi-citculaire, cent religieuses, couvertes d'un long voile noir, et tranquillement assises dans leurs stalles , chantaient , autour d'un autel , de lan-
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goureuses litanies. A notre approche , elles n'în- terrompirent point leurs chants; mais Une grande femme, qui se tenait debout près de l'^itel, m descendit, traversa gravement le sanctuaire, et vint se placer à la porte du ^bcfcur.. .
a Hçtumes sans religion et sans mœurs , sjé- 1 cria't-elle, vous chercheriez vaioement ici. des « objets qui pussent assouvir vos passions hru* <■ taleS' Je suis Ebba, abbçsse.de cecouveat, et « j'ai trouvé le plus sûr moyen d'éviter l'hora rible souillure dont npus étions menacées, mes u sœurs et moi. A mon exemple , elles ont voa bntairement renoncé à leurs charmes ppur « conserver leur virginité. Quel crime., si tes a épouses du chaste Jésus avaient pu consentir « à passer dans les bras.des sectateurs d'Odin ! »
A. ces mots, un de nos çhefe fit un pas ppur la saisir et lui arracher son voile ; mais elle :
o Point de violence ! vois si c'est là ce que tu a cherches. » Et , en même temps., elle jette à terre son long voile , et toutes les nonnes , qui occupaient les stalles, en font autant
« Non, Jamais, plus hideux spectade ne s'oEirit à mes yeux. L'abbesse qui nous avait parlé et toutes ses religieuses avaient le nez coupé, ainsi qu'une grande moitié de la lèvre supérieure. A toutes on voyait, du milieu d'une grande plaie encore saignante , jaillir trois ou quatre dents
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