h! du moins, je verrai son ombre.... y
Et il arracha violemment les langes qui enveloppaient son front et ses yeux , et il tenta de se soulever un peu; mais il retomba sur son lit.
Badegonde avait ouvert la robe d'ermite qui couvrait ses habits de feiome, et jeté bas le capuchon qui cachait sa tête ; elle se tenait debout sous les yeux de Gozlin.
o Regarde : c'est bien ta Radegonde que tti
vois mais elle est à un autre, elle est à un
héros.... C'est .aujourd'hui Judith, la femme de Rolion!... »
Âdalbert, qui était resté dans la chambre voisine, n'avait pas entendu, sans surprise, du bruit dans celle de Gozlin. Qiielqnes mots inarticulés qui étaient parvenus à son oreille lui avaient fait craindre que son ami n'eût éprouvé quelque
Douze. bvCoOgIf
SsÔ CHAPITRE XXXVII.
crise fâcheuse, et il s'étsât décidé -à interrompre la coDfes»on. Il ouvrit la porte à l'iastaut méine où Judith , s'étant débarrassée des habits qui avaient servi à son -déguisemeut , disait à Goztin : « Bien qu'elle soit l'épouse d'un autre, Badegonde a rendu à Goziin son estime, si elle ne peut lui rendre son amotir.... » Elle aperçut alors Adatbert , et ajouta : « Notre 61s que voilà sera le garant de notre réconciliation.... Viens, mon âls, dit-eUe en ^'avançant vers Adalbert et le prenant par la main, viens embrasser avec moi ton véritable père....»
Adalbert, dans la plus grande surprise, prit une des -mains de Goziin, qu'il baisa avec respect, tandis que Judith, ou plutôt Badegoude, replaçait sur son front le fetal appareil qui couvrait sa blessure.
« Ah ! s'écria Goziin , devais-je m'atlendre à jouir encore d'un moment de félicité pure avant ma -dernière heure! Badegonde, je puis donc te presser encore une fois contre mon sein; et dans le jeune homme dont j'avais remarqué , sans le connaître , les vertus , le courage , le sublime caractère, je trouve un fils !,.. O mes amis, appelez le comte Eudes; qu'il vienne: je veux qu'il fasse avec les Normands, avec l'époux de Badegonde, une paix durable; qu'il la cimente par l'union de sa sœur avec mon fils o
Douze. -bvCoOglf
LA COflFIiSSION. 327
A ces deroters mots , Adalbert s'empressa d'aller lui-même trouver le comte Eudes, et de remmener avec lui dans la chambre de Gozlin. £t pour qti'ii ne témoign&t pas trop de surprise eu voyant Judith auprès de lui, il lui, expliqua d'avance comment sa mère s'ét^t introduite dans le palais sous l'habit d'un ermite.
Dès que Gozlin eut appris que le comte Eudes était présent : « Noble comte, lui dit-il, c'est le ministre qui s'était sans cesse opposé à la paix que vous vouliez conclure avec les Normands , c'est Gozlin qui vous conjure aujourd'hui de terminer avec eux de trop longues qu^reUefi.
Donnez à mon fils votre sceur bien-aiiDée ,- et assignez-lui pour dot la partie de la Neuslrie que les Normands ont déjà conquise, une plus grande part encore. Appelez, dès demain, Rollon dans votre palais. Il se laissera convaincre, j'en suis sûr, par son épouse et son fils adoptif que voua avez devant les yeux , et il signera avec joie le traité que vous lui présenterez. »
Ce conseil était trop conformé aux intentions du comte Eudes pour qu'il élevât la moindre difncuité ; et il se disposa à rentrer à l'instant même dans son appartement, pour s'occuper de la rédaction du projet de traité.
Quant à Judith, il l'inVtta à accepter, pour ta nuit, un appartement dans le palais, a Vous y
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