‹ L'évêque Gozlin, ou, Le siége de Paris par les NormandsChapitre 16 sur 46 · GHA]^. VIII. LE SACRIFICE A ODIN · texte numérisé non relu

GHA]^. VIII. LE SACRIFICE A ODIN

Nos vôya^tiis avaiéht à tcaVmer y ^fMBf sirriveraox bâtimenls du forb^ufiégrattâe e^ilanadt destinée à des revues de troupes. Quoique le joi|r fôltdéjà sofiKibrey Adeisnde aperçut aaitniKett de cette place «m mbnmneiil: €pA^ lui 'paitit gîganr l«9^e et bicarré : c'était vÈne éHoi^mâ table: .dt pierre, soMenue ' par trofs* piliets) peu éiév6i\ mm frèd-gros, et que la main de Thonfaie n^a^ vait point foçoimés. Sile suspesidvt vm instant ia marche y pour demander qu«l pcmyalt être i'ti^ sage dSine table de c^tt^ espèce^ •

« C^t , Tépondit J^albert, vm auielilw<ltQii> 46S'}lie$ Nortnandr l^otit tféuvée ««a cv; Ueu mèiDe ^ «t l'ont respectée : elle sert aussi d'abt^ à nés drqtêers; car nôtre reltgiMi/ eslt^nresque la même qae eelU des tancien» Gauléis. G'efi^Ia religion de' tés> pères vAdeiinde^ que nous atooi conservée ; et tes compaitdotest ntfM «eprooh'eM de la pratiquer emiîoi^, parce qt(e , d«Uât fois; ils en oiit changé \ ne' detraieht-rls pas^notospai'^ dotftier d'être pliisi eèn^diS' q«i%us dttttscnoirQ

Ctilte?» • '• • • • :^-.. ••••'^ ■'. •:. . •

'Odrlfé^ k cesf mots,- se sigiia, et <}if avec ude éij>èce d'aîgteut î «^ — Ils otrt bien fait d'atbandôtl'*> ner lin culte failx et bai4>àt^, p&M la seule ve^^ Ëgioti téritàbïe , Celle que le Dieu^ de boiité est venu enseîgt(er aux hôtojtnies.

^~ Uto peu tard », étiv Adrfbef t eh souriant*

j34 chapitre VIII.

: Adebndç M>itpira, et dit : « O mon Adalbert , ne mé rappela plus que tu sers un autre dieu que le mien. »

Ils se trouvèrent, peu après, devant. la princi* pale porte dii bâtiment qui dominait la plaee ' if armés: C'était un très-grand château, entouré 4^ fossés , autour, duquel s'élevaient de hautes 4xfurs. Les murs très-épais qui unissaient entre ellea ces quatre tours, étalait surmontés de cxé' neiux. A t'approche de no& voyageurs , un cor fit entendre un son très-prolougé; et soudain une' fouie^ d'hommes, armés de lances, pariureut auï créneaux de Ja forteresse* Adalbert s'avança seul^ et S6:fit recoùnaitre.par la sentinelle pla* cée.à la porte du! milieu* Aussitôt un\pQnt4eviâ ^^abai^da , et nos voyageurs, entrés dans le chà? teau,- se trouvèrent soustiu vestibule, dont la voûte /était soutenue par de grosses et lourdes coloiimes.' On y allumait des lampes ; et de^ gue^ rier^ , sans annes et désœuvrés , sy promenaient gravement^ En voyant Adalbert , ils se pressèreiit autour de lui , pour le féliciter de son retqufj et;.di94 j^exxt otag^ qu'il , s'était procurés : ils vQulaieUt. parler des deux^femnies qui, les yeux baissés f et tremblantes, cherchaient pourtaut.à dissimuler leur embarras , ou plutôt lepr craint f|. Us lui apprirent aussi que des envoyés dc; RoUon étaient arriyés ce jour même, qu'ils étaient xians

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la salle voisine , et demandaient à lui parler «n secret. Adalbert , forcé de s'éloigner pour quelques instants de ses deux compagnes de voyage, recommanda à Nitard de leur procurer un appartement commode , et de leur faire servir k souper. Avant de sortir, il promit bien à Adehnàe de la rejoindre, dès* qu'il aurait su ce que voulaient les messagers de son père.

Nitard, tout fier des fonctions qu'on lui avait confiées , dictait ses ordres à une douzaine de Neustriennes qui, prisonnières dans le fort, y étaient condaipnées au service de la garnison , et ne paraissaient pas trop mécontentes de letir sort. Elles lui indiquèrent, comme l'appartement le plus commode, et où les étrangères, éloignées du bruit, pourraient plus facilement se livrer au repos 9 la grande chambre de la tour de l'ouest. Nitard , une torche à la main , s'empressa de les y conduire. Il leur fallut monter long-temps, par un escalier étroit et tortueux , pour arriver à une vaste salle ronde, autour de laquelle étaient di3tribués quelques lits et des siéges[ couverts dç vieux coussin^. Les murs étaient tapissés de boucliers, de lances et d'épéeà. Au milieu était une table couverte d'un tapis rouge, sur laquelle était posée une lampe. Il n'y avait que deux fenêtres , ou plutôt deux longues ouvertures , par lesquelles on découvrait d'un côté les collines

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/eo^ironnantes , el -du côté o[^osé la place d'a^ Inès en face du château, ainsi que la civière et Tîle sans arbres.

~ £41 aoitranfc dam celte triste salie , AdeUade, habituée aux riches appartements du palais des Theriûea , éprouva quelque saisissement ; la religieuse réfléchissait sur la fatalité qui Tavàit ccmduite dans le lieu même où voulait l'entraîner le soldat danois, aux violences duqputl elle avait échappé y et elle frémissait en pensant que, peut* étire^ elU «e trouvait sous le même toit que lui. Nitard cherchait à les rassurer par des propos quHl Croyait plaisants : il leur vanliât là galantei^e des Da«(>is » leur i^^ct pouir lés femmes ; annonçait à la religieitsie qu^ bientôt elle oublierait , au milieu d'eux , les persécutions de son abbesse , et même les phis beaux moines de Saint-Denis; et il parvenait qtielquefois à faire aourire OdiUe. £Ue s'était déjà apferçoe qu'elle •infaéf'essait beaucoup Nitard , et , toute dévote qu'elle était, les égards qu'il lui témoignait ne fpa^di^saient pas trop lui déplaire.

. Bientôt on apporta le souper, tel qaae Kitard l'a^vait ordonné. La table fut couverte de mets $j[mple$ , mais appétissants ; et l'empressé Nitârd aVpprétait à servir les voyageuses/ lorsqu'Adal'bert parut f accompagné d'un homme dont l'aspect imposait à la fois la confiance et le respect.

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Cet éti'âfnger étak vêtu d'une longue robe hlan^ cbe^et tenait à la maiix unehalrpe.

« Belle Adelinde^ dit Adalhert, il me faut en-* core vous quitter; les ordres de raon père son-t pressants. Je ne pourrai même jouir du bonheur que je m'étais promis de m'asseôir près de vous à cette table. Maïs demain , dès l'aube du jour, j'espère être ici avec moti noble père et ses compagnons d'atroes; Voici 1^ meilleur de mes amîs, dit4t €^ montrant le personnage qui était k se^ côtés ; il cberchera à vous^ distraire pendant mon absence^ C'est le scalde Egill^ le plus célèbre des poètes de ta Norvège. Il a pris soin de mcfn enfance , a fortné mimi cœur , éclairé mon esprit. Que je sais gré à mon père de l'avoir chargé de ses ordres auprès de moi?.... Mais vous pleui^e^, AdelîAdek... »

En eifet, des larmes couvraient Jes joues d'A^ delinde ; tuais éfte s'effQrça à& paraîtra tranquille ef lui dit : « Obéissez à votre père. » Adjalbiert saisit vivement une de ses mains, kt pressa ^ y imprima un bai$er, et sortît. ^

3ïitard fnrofita du moment de silence 4|cii suivit le départ d'Adalbert, pour parier an scstlde Egitl , quil coni^aissait depuis long - temps, et quMl v«éfîérait comme le ptas savant , le plu&sage de tons ceux qui entonra/îent RoUon. «— Le]wa;ve chef de nos gaerriers, lui dit*il, Rolkm estril

l38 CHAPITRE VIII.

toujours aussi aimé que craint de tous les au« très chefs qu'il a emmenés avec lui? Et sa digne compagne Judith a-t«elle toujours sa confiance, son amour?

— Toujours , répondit Egill ; Tun et l'autre sont à quelques lieues seulement de ce château ; ils n'attendaient , pour y paraître , que le retour de leur jeune Adalbert ; et sans doute, en ce moment , il vole à leur rencontre. Mais , d'après ce qu'on m'a dit hier, Rolion n'arrivera qu'après que toute l'armée sera réunie sous ces murs. Il en fera une revue exacte , et nous partirons aussitôt pour occuper Paris , ville dont la possesr sion nous livriera la Neustrie entière. »

. A peine Egill finissait de parler, que le son du cor annonça le départ d'Adalbert.

« Il doit prendre la route de terre , continua Egill, en regardant de ce côté; nous pourrons le voir gravir la montagne voisine. » Et il fit quelques pas pour s'avancer vers la fenêtre qui s'ouvrait vers le midi.

Adelinde l'y suivit avec empressement.- £Ue aperçut Adalbert au milieu de deux hommes qui portaient, ainsi que lui, des torches allumées. Us étaient suivis d'une ^ douzaine de guerriers armés de longues lances. Tous montèrent rapidement la colline : on voyait , de temps en temps , apparaître la lutnière de leurs flambeaux au tra-

LE gACRIJFIGE A ODIlf. iSq

vers (ks arbres; quelquefois, on les perdait de vue; Quand ils furent parvenus au sommet , ceux qui portaient des flambeaux les élevèrent audessus de lieurs têtes, de toute la longueur de leurs bras ; presque aussitôt , on vit briller sur une autre montagne trois flambeaux , et quelques minutes après , sur une montagne plus éloignée et qui touchait à l'horizon, trois autres flam-^ beaux encore.

cr G'e^tbien, dit le scalde, 1^ signaux; sont aperçus : dans quelques heures , l'arriïée sera soqs nps murs. » . ' ,

«— Ehbien ! dit Nitard , en s'adressant à Adelinde, vous aurez le temps de souper. »

Adelinde s'avança timidement vers la table, tenant Odille par la m^in , et plus timidement encore, invita Egill à s'asseoir auprèsrd'elle.Jl obéit. «•^ Que la noble sœur du comte Eudes , lui* dit lescald^, n'éprouve plus près de moi l'embar"* ras qu'elle téipQÎgn^.. Si elle connaissait tout Tintérét que m'inspire aa situation , elle m'acoorde- 'rait sa confiance et son estime.

— Ci'amî de mon Adalbert , celui qui. lui a inspiré les vertus qui m'ont séduite en lui, répondit Adelinde, me sera toujours cher; mais pardonnez au trouble qui m'agite en votre prér sençe ; je redoute l'opinion que vous devez prçnr drç dç moi. a ^

l4o CHAPITRE VIII.

E^h la rassuf a ; il lui dit qu'il connaissait Mieux. que peUsoone' aii mon^ le po«ivoir de flrmôutf ; que son emploi, au milieu de ces hém^ ti^ëâ du Nord 9 qèe roR représentait Cùaxme si iMrbares , n'était pas seulemeM de chatil^r la gdèrré et le carnage , mais de ^ihd^e aussi de ébtffkx, de tendîmes senfiméi!!!!» , les trsliisporls des aDÉants , teurs erreurs, leur^ jalousies^, leûi^toin^ ments et leurs plaisirs.

Tout en conversant aîu^, ik so^aîeût, et la dôttee tionfiance 5'établisisait .de pliis^ en ptos entre les trois convives. Nitard • l'es sertfelit, et cherdiait surtout à faire ouMer à OdiHe'ses malheurs passés , en lui versaxit frécJjîMhitoeflt d'un vin fumeur , riche produîf des^ coteatn que traverse la Marne- : les yeux de le iSéVote Brillérent d'un éclat inaccoi'rfumé.

Adelinde elle-même , moihs i¥H|triète y îéicoutait avec plaisir le scaWe raconter rhi^t0iï*e- des pre* riiières années de son amarit; ebmmént ^ar sa franchise, son acflivifé, surtout pai* soiKîOtirage, Adalbert avait gagné Tentière afffectîon- du plos juste eÉ du plus éclairé des éhefs trfe î-arraée-, de îléllorr.

Piiiis le scalde ajouta : « Après avoir, «an» beaucoup de peine , eultîv^ son* esprît ^ je songeai à

lui donner quelques-uns des talebfs q[ue leis hofflmes de nos contrées mettent prei^qué au* rang

LE SACRIFICE A ODI». l4t

des vertusii Ce^tnipi qui, ïffpwmev^pwa^i ses doigts sur lè clavier de la raie, et loi nnontrai l'art de tirer des sons guerriers des cordes de la harpe^ Bientôt il égajg , surpassa, même &qn maîtrie. Si je lui appTis à chanter, c'e^t à Iw que je dois de pouvoir parler avec quelque facilité votre langue. Il l!av^i|: apprise de sa mère, fudit;!^ , qui , comme vous le ssvez peut^^tre , est uee dans la NeHstrîé.

— Quoi! ditÀdelinde, est-ce que vous pourriez aussi chantai? dan» Ci^jtte Ungae?

— Pour vous, Adelindc, je le tentebaL Aux festins que donne mon protecteur RoUon, je fais entendre des chants guerriers ; j'essaierai d'en improviser de moisis sévéares à la table de la belle compagne de sou fils. »

Et aussitpf il prit Sia harpe, et clianta :

Oh sait aimer dans nos sombres climats, Comme anx pays où se lève Tàurore ; , • ' L'amour, ne craint le froîd ni les jfrimas'.

Tout près du pôle on îe retrouve encore. *

• Gomn^ Jks FmaoS) les iiçrs ^{}i«b du Iford Pe la J>eauté. siont aqi^si les eSicU^;^ ; Mais là, pour plaire, il faut braver la mort : Tendres aveux ne sont dus qu'à des braveâ.

:! ]Utt4e'ii(i(|rna,cli99sa9td^S(les(feréts:, ^ Rçpçpjpijljqç, j^n jo^V, TWa,j€^ t«rgère,

l4a CHAPITRE Vllf.

Qdi , sous un roc^ loin des yeux indiscrets, Baignait son corps dans Tonde fraiche et claire.

Soudain le roi se sent brûler d*amour.

« Belle, dit-il, daigneras-tu me suivre?

J'ai des palais; viens briller dans ma cour : Viens; car, sans toi, je ne saurais plus vivre. »

Thora répond : « Je reste dans mes bois ; Tu n'as jamais illustré ta conrovne :

Dans les combats, dis, quds sont tes exploits?] Vienne un héros! et dès lors, je me donne. »

Le roi confus s'éloigne à ce discours $ Mais il saisit la lance meurtrière, Combat sans cesse et triomphe toujours ; - Puis il^ revint auprès de la bergère.

ff Boucliers , dards et casques étrangers Ornent , dit-il, le palais de mes pères :

Je les conquis au milieu des dangers; Viens contempler ces dépouilles guerrières.

« A m€^ banquets , dignes de ceux d'Odin, Viens te placer, commande en souveraine. . .» Alors Thora , lui présentantia main :

V Elle.e^t à. toi ; ]$ yevx bii^n être reine. »

a Ah ! dit Adelinde , quand le chant eut cessé, j'ai cru entendre mon Adalbert. Ce sont les mêmes accents, la même expression, p

« — Ne soyez pas surprise que je sache chanter l'amour : c'est à cette passion que je dois les plus doux instants de tna vie , comme je dois

LE SAtBlFIGK A ODIN. Î0

au talent que vous voulez bien reconnaître en moi, d'avoir échappé au plus grand des dan-gei^.

— Vous , Egill ! ôh ! dités-notis comment.

— Bien volontiers.

(c Harald auit beaux cheveux , qui s'est em^ paré de la puissance suprême eh Norwège^ où je suis né , avait une fille , modèle vivant de bonté et des grâces les plus touchantes. Je l'aimai. J'é-tais jeune encore, mais déjà je chantais; die se plaisait à m'entendre ; elle me préférait à un prince danois que soli pèt'e lui destinait pour époux. Un jour que ce prince, qu'aveuglait la jalousie , me trouva près de son accordée qui , émue , attendrie par tnes chants, penchait amoui^euâement sa tête sur ma harpe, il s'élança sur moi , un poignard à la main. J'évitai le coup qu'il voulait me porter , et le frappant à mon tour sur la tête , de la seule arme que j'avais dans les mains , du pied de ma harpe , je l'étendis mort à mes pieds. Pour ce meurtre involontaire , Harald furieux me condamna à périr au milieu des tourments. Tavais été traîné au lieu du supplice ; Harald était présent. Je demandai h. jouer , pour la demièire fois , de cette harpe chérie , cause de nK>n malheur. Dans le chant que j'improvisai, je ne demandai point la vie ( dans nos contrées ,* c'est une honte de craindre la mort ); mais je

l44 GHA^PITAC Vin.

faisais mes adteiuc aux amis que je laissaift sur la terre, à celle qui m'avait fait connaître les délices d'un amour partagé. Sans doute le tyran fut ému; pour la première fois, peut-être, quelques larmes tombèrent de ses yeux. Il me dit : icTu vivras; Odin me punirait de ravir à la terre un poète tel que toi; mais fuis loin de ma cour... » Tous les guerriers présents applaudirent en frappant sur leurs boucliers. Dè$ le idême jour, je quittai mon pays; je m'embarquai pour l'Ecosse, où je fus accueilli avec joie par RoUon qui, luimême , avait été banni de la Norwège. »

A peine Egill finissait ce récit, qu^'upe grande femme pâle, échevelée, entra gravement dans la salle du repas. Elle se posa en face d'Adelinde, tint ses grands yeux noirs et 4prsfixés sur elle, prit sur la table la lampe qu'elle approcha du visage d'Adelinde, en considéra atteif^Kre* ment tous les traits; puis, r<emettant la lampe à sa, première place, elle jeta un coup d'œil Bfink' lenient suc OdiÛe , fit un ges^e de mépris en se tournaixt vers le scalde, et sortit avec la méoie gravité et sans proférer une parole.

. « — Que ifeut cette femme? dit d'une voix tremblante Adelinde; elle m'a fait fjris^oim^> . -^ G est Tbada la prophétesse,: dit EgjM £Ue aura voulu voir l'étrangère peur tirer, quelque augujre de ^es traits^ Aves&*vous remarqué ses

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yeux lorsqu'elle m'a regardé? Elle me hait, parce que, plus d'une fois, je me suis moqué de ses oracles. »

£gill parlait encore , lorsqu'on entendit résou* ner au loin , sur la rivière , des cors qui jouaient une fan&re. Un murmure confus de voix d'hommes et de femmes se mêlait au son des cors.

«Oh! dit Ëgill, les signaux ont été compris; larmée arrive; vous allez la voir bientôt débarquer. »

Aussitôt Adelinde et Odille se placèrent à la fenêtre de la tour qui ouvrait sur la place d'armes; Egill , debout derrière elles, promit de leur expliquer le spectacle, nouveau pour des Neustriennes , qui bientôt s'offrirait à leurs regards. Quant à Nitard, il s'assit, à son tour, à la table qu'elles venaient de quitter, et s'empressa de dévorer les restes du souper ; mais il s'était placé de manière à voir la taille et même le. profil d'Odille, laquelle, il faut le. dire, tournait souvent la tête de son côté, et le regardait avec bienveillance.

La lune, qui était alors dans son plein , éclairait d'une douce lumière et la grande place et le fleuve qui la bordait, et l'île, et les montagnes que couvre la vaste forêt de Lida*» Le bruit des

* JLa fovét de Saiot-Gernain en tajre,

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