LES PELERINS
MUit igitur duos viros expioratores in ahscondtto , et dixit eis : Ite, considerate terram urbemque.
Il «nyoya donc denx hommes , des espions, et il lenr dit t Allez, explorez en secret la tillé et les enyirons.
J6sv£, chap. Il, rers. x.
ce — Maître , vous m'éveillez de grand matin! — Mais vois dotic , Nitard , déjà le soleil dore les tours de l'abbaye voisine.
* I«èa cinq premières pages da manascrlt de cette chroniqae sont tellement maculées qu'il a été impossible de les déchiffrer. Elles contenaient probablement le récit du voyage des Pèlerins , depuis le liei^ de lêar départ jusqu'à Saint-Denis , où nous les trouvons s'entreteiNint ensemble.
a GHA.P1TRE I.
— En effet, dit Nitard en se frottant les yeux; et je crois même entendre les moines qui marmottent leurs matines.
— Leurs matines , non , reprit Adalbert , mais les prières qu'ils sont obligés d'adresser, jour et nuit, au grand saint qui vint de Paris jusqu'ici, portant sa tête entre ses bras. C'est le bon roi Dagobert qui institua cette continuelle psalmodie*. »
Et il se mit à rire.
« — Maître, prenez garde : vous allez encore vous moquer de nos miracles et de nos augustes cérémonies.
Il ajouta d'un ton plus sérieux :
c( Il faut que je vous aime bien; il faut que j'aie promis à RoUon, votre redoutable père, de ne vous abandonner jamais , pour supporter vos perpétuelles railleries contre notre sainte religion.
— Aussi mon père te récompensera. Mais lève<-tai : quittons cette misérable hiitte.
-«^Misérable , sans doute , mais que noua iuraes trop heureux de trouver déserte , hier au soir \ car nous ne savions où passer la nuit.
— Oublions tout cela, Nitard : nous touchons au terme de nos fatigues ; dans quelques heures nous serons à Paris. Mettons-nous donc en route»
* Voyez la note I , à la fin du volume.