‹ L'évêque Gozlin, ou, Le siége de Paris par les NormandsChapitre 45 sur 46 · I B NOTES · texte numérisé non relu

I B NOTES

NOTB XXII.

Ei aussitôt H ( le scalde Ëgill )prit sa harpe et chanta, — Page 141 *.

Le sujet de la chanson ou Romance que chante le scalde EgîH deyant'Adelinde est tiré, à ce qu'il semble, des annales de la Norwège. En effet , nous lisons dans Touvrage de Mallet sur le Danemarck :

«c Une jeune beauté, nommée Gida, fit éprouver à Harald « une résistance à laquelle il n'était pas accoutumé. Harald, « amoureux d'elle sur sa renommée, lui avait envoyé quel- « ques seigneurs de sa cour pour lui offrir sa main; mais,

* bien loin d'accepter avec empressement une proposition « qui rendait jalouses de son bonheni: toutes les filles do Nord, a elle fit répondre dédaigneusement à Harald que , ponr roé- « riter son cœur, il fallait s'être signalé par des exploits pins « glorieux que ceux qu'il avait faits ; qu'elle tenait au-des- « sous d'elle de partager le sort d'un souverain dont le poii- « voir était si borné , et qu'elle ne le croirait digne d'elle «I que quand il aurait soumis toute la Norwège à sa domina- « tion, k l'exemple des autres monarques du Nord. Loin de « s'irriter de ce refus, Harald redoubla -d'admiration pour «i l'ambitieuse Gida : il jura de ne prendre aucun soin de ses «( dieveux jusqu'à ce qu'il eAt achevé la conquête de la Nor- « wège; et il ne l'épousa en effet qu'après avoir soumis tout

• le royaume.** »

Les scaides étaient, chez les peuples du Danemarck et de la Norwège , ce qu'étaient les bardes chez les Ganlois : ils chantaient les hauts faits des princes, des chefs des armées;

* L'indication de la note , à cette page , a été omise par errenr dans le texte de Toutrage. ^

** lAallet. ^^Introduction a V Histoire du Danemmrek, t. I , p. 987.

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souvent aussi des actions plus vulgaires , des aventures amoureuses, des fêtes, des combats singuliers, etc.

« On voit dans toutes lès chroniques , dit Mallet*^, les rois de Danemarck, de Norwège et de Suède, accompagnés d'un ou de plusieurs scaldes :ils étaient surtout honorés à la cour des princes q.uî se distinguaient par de grandes actions et par la pa&ston de la gloire, Harald aux beaux cheveux^ par exemple , leur donnait dans les festins les premières places sur le banc des ofBciers de sa cour. Plusieurs princes leur confiaient , soit i la guerre , soit en temps de paix y les commissions les plus importantes. Les égards qu'on avait pour eux allaient souvent jusqu'à leur remettre la peine des crimes qu'ils avaient commis, à condition qu'ils demanderaient leur grâce en vers ; et nous avons encofe l'ode par laquelle EgiUy célèbre poète, se racheta de la peine d'un meurtre. » Cette ode porte le nom de Rançon ttEgilL

Les figures, les métaphores surtout, dont ils faisaient un fréquent usage dans leurs poèmes, étaient empruntées de la mythologie de ces temps-là , mythologie qui ne nous est pas familière comme celle des Grecs et des Romains. Ils appelaient, par exemple, le ciel , le crâne du géant Y mer; l'arc-en-ciel , le pont des dieux ; l'or, les larmes de Freya; la poésie, le présent y le breuvage d^ Odin ; la terre, le vaisseau qui ftotie sur les âges; tes herbes et les plantes , sa chepelure 00 sa toison y etc.

C'étaient aussi des scaldes les drottes ôa drott&ri^ Mais ceux-ci se consacraient principalemeiit au culte des *dieux. Ils connaissaient, dans tous ses détails, cette mythologie Scandinave si eompliquée, si obscure; et, enfin, il» présidaient aux sacrifices. Comme les druides, avec lesquels ils ont tant de rapports par le nom, ils étaient plus prêtres que poètes.

* Mallet, p. 338. — Mallet s*appuîe , dans toat ce qu'il dit des scaldes, •nr T9^^, aiatear d*vn« bistair* de la Norwège tm 4 vol. in-fol.

ay.

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