‹ L'évêque Gozlin, ou, Le siége de Paris par les NormandsChapitre 44 sur 46 · OTE XX · texte numérisé non relu

OTE XX

Le roi nous relégua dans le couvent <f A&genteuil qm fondèrent ^ il y a deux siècles , le riche Franc Ermenric et la pieuse Numannes son épouse. — Page m.

La fondation d'un monastère de filles à Ar^enteuil remonte au vil® siècle. Clotaire III en approuva rétablissement, vers Tan 665. Ce monastère était soumis dès lors à Tabbaye de Saint-Denis; « car, dit Tabbé Lebeuf **, les grands monastères d'hommes avaient quelquefois des monastères de filles de leur dépendance. »

Le monastère d'Argenteuil ne fut long-temps rempli que de religieuses de la famille royale ou de familles très-distinguées. £t il paraît que la vie qu'elles y menaient , sous le gouvernement des moines de Saint -Denis, était on ne peut plus scandaleuse. Leurs désordres étaient-ils un résultat de l'institution qui les plaçait sous l'autorité des moines? c'est ce qu'on peut raisonnablement supposer. Mais que d'autres couvents de filles, à la même époque, offraient des exemples de semblables désordres! £t pourtant ils n'étaient pas gouvernés par des moines.

Quoi qu'il en soit, ce couvent d'Argenteuil, qui, plus tard, eut pour abbesse l'amante d'Abélard, Héloïse, fut plusieurs fois envahi par les Normands dans leurs -excursions sur les bords de la Seine. Les religieuses alors étaient obligées de fuir, ou de se soumettre aux vainqueurs , qui les emmenaient captives ; eLpeut-étre s'accoutumaient-elles bientôt à leur nouveau sort? Les Normands étaient moins barbares que ne le disent les chroniques du temps. C'est ce que j'aurai plus d'une fois occasion de démontrer^

* Voyez VInnveluciion à F Histoire du Danemarck y j^at Mallet, chap. VI. ** Histoire du Diocèse de Paris , t. lY , p. 3.

WOTES.

irOTE XXI.

Le soleil se cachait, à ma droite, derrière les collines que couvre jusqu'à leur sommet V antique foréi rfTvELiirEs. — Page 116.

Versle nord de Paris s'élevait la vaste forêt d'Yyelines, qui s'étendait jusque sur les collines qui sont à roccidenL Elle occupait tout l'espace qui est entre Aupec et Poissy. La forêt de Lida (de Saint-Germaîn-en-Laye) en faisait partie * Ces forêts se joignaient pour ainsi dire, vers Fest , à celle de Vincennes ( Filcenna) et à quelques autres, dont on trouve les noms dans les anciennes chroniques. Ainsi Paris, surtout au nord de la Seine, avait une épaisse ceinture de forêts. On en compte moins sur la rive méridionale.

Le plus grand nombre de ces forêts n'existent plus: leur destruction devait nécessairement être une conséquence de l'accroissement de la population. Et pourtant il n'est point de grandes capitales qui soient, autant que Paris, entourées de bois, de forêts même. Faut-il en rendre grâce à la prudence de nos rois, qui onf presque toujours habite Pans ou ses. environs; reconnaître que, dans la conservation de ces bois, ils avaient des vues d'une sace et prévoyante économie? Hélas I non. Ce n'était pas pour l'intérêt du peuple qu'ils conservaient des bois, mais bien pour se ménager des plaisirs. Quand les démobàres ( mangeurs de peuples), comme Homère appelle les rois, sont las de persécute^ de tuer les hommes, il faut bien, pour ne pas perdre le goût du sang , qu'ils trouvent ^es bêles à poursuivre, à égorger,

♦ Lebenf.-- ffutoire du Diocèse de Paru , t. VII, p. aïo.

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