BOULEVARD SAINT -GERMAIN
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Introduction.
L'empereur allemand avait à peine déclaré ia guerre à ses ennemis qu'il commença de soutenir que la guerre lui avait été « imposée ». Alors que tels d'entre ses sujets, M. Maximilien Harden, par exemple, avouaient : « Nous faisons celte guerre parce que nous l'avons voulue ; frappons dur et la victoire allemande absoudra l'agression allemande », l'empereur Guillaume a toujours protesté de son innocence. Et il a trouvé dans son entourage, parmi ceux qui passent pour les dépositaires les plus fidèles de sa pensée, des défenseurs peutêtre sincères, en tout cas acharnés.
M. de Bethmann-Hollweg qui ne quitta point son maître pendant les journées tragiques antérieures à la catastrophe a déclaré au journaliste américain James Creelman : « L'empereur est le plus grand prince de la paix dans le monde entier. Immédiatement avant la guerre, l'empereur et moi nous sommes restés assis ensemble jour et nuit à notre table et nous avons travaillé, travaillé, travaillé pour la paix. J'ai vu l'empereur modifier mot après mot son compte rendu télégraphique au
tsar. Je l'ai vu hésiter entre tel et tel terme, cherchant avec une tension d'esprit impossible à décrire la formule qui déciderait le tsar à préserver l'Europe des horreurs de la guerre. »
Un homme qui exerça sur l'empereur une influence, d'ailleurs funeste, l'Anglais renégat Houston Stewart Chamberlain a déclaré lui aussi : « Deux traits dominants m'ont frappé chez l'empereur Guillaume, le sentiment profond, inébranlable de sa responsabilité devant Dieu et, strictement déterminée par là même, son énergique volonté de conserver la paix à l'Allemagne. La puissance de l'Allemagne qui doit tout à la sollicitude de l'empereur ne devait pas provoquer la guerre, mais bien plutôt imposer la paix à ceux qui lui voulaient du mal. Et ses actes le prouvent! En effet, bien que la situation fût devenue insupportable pour l'honneur allemand (grâce au soin qu'en prenait, autant qu'elle pouvait, 1 Angleterre), toujours à nouveau l'empereur faisait triompher la paix. Aucune aspiration, j'en suis profondément convaincu, ne l'emportait chez Guillaume II sur celle de pouvoir dire à son lit de mort : J'ai conservé malgré tout la paix à mon peuple, l'histoire m'appellera Fempereur de la paix. »
Enfin Guillaume II a trouvé jusque parmi les neutres des champions assez insensés ou assez aveugles pour se porter garants à la face du monde de la pureté de ses desseins. L'explorateur suédois