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CHAP. II. — INDUSTRIE ET COMMERCE AU XVI0 SIÈCLE

brés de moulins et de pêcheries, gênés par les péages (on en compte une centaine sur la Loire en 1567) (1). Adam de Crapponne forme le pTojet de réunir la Loire à la Seine ; le travail du canal fut commencé en 1558, mais fut interrompu par la mort d’Henri II ; le même ingénieur étudia le projet d’un canal entre l’Aude et la Garonne, mais qui n’aboutit pas.

Il y avait des foires prospères, notamment à Lyon, à Nîmes, à Beaucaire, à Rouen, à Paris (foires du Lendit et de Saint-Germain);; à ces foires se rendaient des marchands de toutes les contrées de l'Europe.

Aussi voit-on se développer partout la classe marchande; à Paris, par exemple, on constate la prédominance des Six Corps : drapiers, épiciers, merciers, pelletiers, orfèvres, bonnetiers, ces derniers remplacés, en 1514, par les changeurs.

Mais ce qui est plus caractéristique encore, c’est le développement du commerce avec l’étranger (2), principalement avec l’Espagne, qui avait besoin de nos produits et ne pouvait guère payer qu’en numéraire, et aussi avec l’Angleterre, qui recherchait fort les produits agricoles de la France (3). L’Italie et la Flandre ne venaient qu’au second plan. Les banques, surtout les banques italiennes, se multiplièrent dans toutes les grandes villes, surtout à Lyon, à Paris, à Bordeaux, à Rouen.

C’est au xvie siècle qu’on assiste au grand progrès du commerce, maritime. C’est de cette époque que date la prospérité de ports comme Nantes et Bordeaux ; c’est sous François Ier que fut créé Le Havre.

(1) Mantellier, Histoire de la communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire. Orléans, 1864-1867, 2 vol. in-8.

(2) Vpy. G. Fagniez, op. cit., pp. 2o9 et sqq.

(3) Cf. Boissonnade, Relations commerciales de la France et de la Grande-Bretagne ail XVF siècle ( Revue historique^ juillet-août et sept.-oct. 1920).

C’est aussi à 6e moment que se développent les relations delà France avec l’Orient ; elles sont marquées par l’entente conclue avec les Mameluks d’Egypte, puis avec le sultan, en 1536, par les capitulations , grâce auxquelles la France exercera son protectorat sur tous les catholiques de l’Orient. La France,. qui n’a plus à redouter que la concurrence de Venise, devient la première puissance maritime de la Méditerranée.

Dans le Nouveau-Monde, les Français ont pris part à de nombreuses expéditions, à Terre-Neuve, au Brésil, en Guinée, sur les côtes de l’Amérique du Nord. Jacques Cartier découvre le Canada, de 1534 à 1541. Au Brésil et en Floride, les Français ne parviennent pas à s’établir, mais ils entreprennent le commerce interlope dans l’Amérique du Sud ; leurs relations commerciales hors d’Europe se développent.

On s explique alors que le capitalisme commercial ait fait de grands progrès au cours du xvie siècle. On voit se créer, suivant l’expression de M. Hauser, de « grandes bourses internationales des marchandises et des valeurs immobilières », comme les foires de Lyon; l’institution des banques se perfectionne singulièrement à Augsbourg, à Nuremberg, à Lyon (1).

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