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l’organisation OUVRIÈRE AU XVIIIe SIÈCLE 357
gnons, -donnent 12 1. En cas de chômage, on ne paie pas les 10 sous ; les malades reçoivent 6 1. par semaine et les soins médicaux ; les vieillards, 3 1, par semaine durant leur vie (1).
On se défie souvent de ces mutualités. La Chambre de commerce de Bordeaux, qui prétend, en 1731, que l’armateur ne doit pas d’indemnité au matelot blessé dans le service, repousse cependant la demande faite par les arrimeurs de former deux communautés d’assistance, en cas de maladie, de vieillesse, de décès, l’une pour Bordeaux, l’autre pour les Chartrons : « ils n’ont pas besoin, déclare t-elle, pour faire du bien à leurs veuves et à leurs membres affligés par les maladies et la vieillesse, d’être en communauté, puisqu’il est satisfaisant de soulager son prochain sans contrainte ». A Marseille, les ouvriers chapeliers ont fondé, sous le nom de « luminaire de sainte Catherine de Sienne », une véritable société de secours mutuels pour les compagnons malades ou chômeurs ; « sur un faux rapport, on la détruisit, on enleva les registres et même on confisqua l’argent destiné au soulagement des malades et des infirmes » (2). On craint, en effet, que les associations de secours mutuels ne servent de couvert à des sociétés de résistance, ce qui se produira, sur une grande échelle, au xixe siècle. Mais dès le xvme siècle, on avait, semble-t-il, quelque raison de s’en méfier à ce point de vue, comme le prouve l’organisation des ouvriers chapeliers de Bruxelles et d’ailleurs (3), comme le prouve aussi la création de plusieurs sociétés fraternelles à Paris, pendant la période de la Constituante (4).
(1) L. DU Broc de Segange, Les émailleurs à Nevers et la faïence,
pp. 276 et sqq.
(2) J. Fournier, op. cil-, pp. 66 et sqq.
(3) Voy. G. des Marez, Le compagnonnage des ouvriers bruxellois.
(4) I4 société fraternelle des charpentiers a bien le caractère d’une
Quelques administrateurs trouvent cependant que la législation n est pas équitable pour les ouvriers. Ainsi, Trudaine de Montigny déclare à l'intendant d’Auvergne, en 1766, que, pour les « congés », il devrait y avoir réciprocité, sans quoi l’on « détruit l’égalité qui doit exister entre deux hommes libres » ; il refuse de faire reconduire par la maréchaussée deux ouvriers de la manufacture de Tallende, car « les ouvriers ne sont pas esclaves en France ». Il se plaint aussi de la faiblesse des salaires, qui est uniquement avantageuse aux entrepreneurs : « la multitude est sacrifiée à la fortune particulière de quelques-uns ». Mais les Trudaine de Montigny sont rares à cette époque.
Au moment de la convocation des Etats généraux, les compagnons ne purent presque nulle part faire entendre leurs réclamations et leurs vœux, car ils „e faisaient pas partie des assemblées primaires ; seuls, les maîtres des communautés eurent voix au chapitre (1). Nous n’avons donc que rarement les doléances des ouvriers. On peut cependant citer le cahier des maîtres ouvriers de Lyon, dont la situation économique ne diffère guère de celle- des compagnons, mais qui légalement sont des maîtres ouvriers.
On peut citer aussi les cahiers des compagnons de Troyes, ouvriers en étoffes, et ouvriers bonnetiers. Mais les compagnons d’arts et métiers de la ville et les compagnons bonnefiers présentent exactement les mêmes revendications que
société de résistance; il en est de même de la société constituée pa les imprimeurs. Voy. Grâce M. Jaffé, op ■ cit P
(1) Levasseur, op. cit., t. Il, pp. 854-855. - D’ailleurs, les maître des me , ers eux-mêmes ne jouèrent qu’un rôle insignifiant dans le assemblées électorales ; voy. Mourlot, op. cit., pp. 205 et sqq H 97l et sqq., et ci-dessus, p. 317. P qq' ^
CH. VIII. — INORGANISATION OUVRIÈRE AU XVIIIe SIÈCLE 359
leurs maîtres ; ils s’élèvent contre l’introduction des machines dans les campagnes, qui ruine les métiers urbains et les réduit à la misère, car les trois quarts des marchandises sont maintenant fabriqués à la campagne ; ils affirment que les métiers mécaniques ne peuvent donner que des produits défectueux. Ils demandent l’abrogation du traité de commerce avec l’Angleterre, qui a aggravé la crise industrielle. Leur seule revendication, qui puisse marquer un antagonisme avec leurs patrons, c’est lorsqu’ils demandent qu’on rétablisse l’ancien aunage, que les maîtres ne puissent l’allonger, comme ils le font actuellement, qu aucune pièce ne puisse dépasser 45 aunes (1).
Quant aux ouvriers chapeliers, menuisiers, cordonniers de Marseille, dans leurs revendications, ils se montrent résolument hostiles aux maîtres, contre lesquels ils ont récemment soutenu des grèves. Les cordonniers réclament l’abolition des maîtrises, ou tout au moins la suppression des frais; les chapeliers se plaignent de ce que les maîtres fassent travailler un plus grand nombre d’apprentis que ne le permettent les statuts ; ceux-ci « gâtent l’ouvrage » et finalement les compagnons sont obligés de s’expatrier (2).
Sans doute, en 1789, furent publiées un certain nombre de brochures, dans lesquelles on traitait de la question sociale. Le Cahier des pauvres , de Lambert, réclamait un salaire convenable et la subsistance assurée a tout homme laborieux. Les Quatre cris d'un patriote déclaraient qu’il fallait ouvrir des ateliers, fixer la paie des ouvriers, forcer les riches à employer les bras des travailleurs. Les Vœux de la dernière classe du peuple à l Assemblée des notables demandent que ceux qui n’ont que leurs bras pour
(1) J. -J. Vernier, Cahiers de doléances du bailliage de Troges,
t. I, pp. 178 et sqq. et 192-193.
(2) J. Fournier, op. cil., PP- 66 et sqq. et 103-10d.
LES TENDANCES NOUVELLES
vivre aient toujours du travail et que le travail assure leur subsistance. Des idées analogues sont exprimées dans le Cahier du quatrième ordre, de Dufourny de Villiers (1). Mais dans quelle mesure ces doléances expriment-elles les vœux des ouvriers? C’est ce qu’il est impossible de dire.
Il est très probable que les compagnons n’ont pas un programme bien étendu de revendications. Ils sont si habitués à la sujétion que le décret Le Chapelier ne semble pas les avoir trop surpris. Au début de la Révolution, ils n’ont pas encore une conscience bien nette des intérêts collectifs de leur classe.
En réalité, à la fin de 1 Ancien Régime, il n’existe pas encore, à proprement parler, de question ouvrière . — La propriété foncière a toujours une importance prédominante. Les paysans constituent la classe la plus nombreuse ; ils veulent libérer leurs terres du régime seigneurial, s’affranchir de la domination des propriétaires nobles. C’est la question paysanne qui va obliger les assemblées révolutionnaires à opérer une véritable révolution sociale ; les paysans, par la violence, l’imposeront à la bourgeoisie.
Tout autre est la situation de la classe ouvrière. Les ouvriers sont encore relativement peu nombreux. La petite industrie est toujours prédominante ; et, dans les petits ateliers, maîtres et compagnons, vivant à peu près de la même vie, ne peuvent se considérer comme appartenant à des classes sociales différentes. Quels que soient les progrès des manufactures, on ne peut encore apercevoir que les débuts delà grande industrie, au sens moderne du mot. Le machinisme ne fait que s’introduire en France. Les usines sont encore rares. On ne trouve nulle part de grandes agglomérations ouvrières. La plupart des travailleurs sont
(1) André Lichtenberger, Le socialisme et la Révolution çaise, Paris, 1899, pp, 31 et scjq,
ch. vin. — l'organisation OUVRIÈRE AU XVIIIe SIÈCLE 361
encore dispersés dans la campagne, à moitié paysans, à moitié artisans. La classe ouvrière ne peut donc guère prendre conscience de ses intérêts collectifs.
C’est un fait bien significatif que les théoriciens euxmêmes, les économistes soient infiniment plus préoccupés de la production des richesses que de leur répartition. A part Turgot, ils ne distinguent “guère les classes sociales, les entrepreneurs et les salariés, et Turgot lui-même ne croit pas qu’il soit possible d’assurer aux ouvriers autre chose que le minimum de ce qui leur est nécessaire pour subsister (1).
On ne voit pas que les écrivains communistes euxmêmes, — et nous voulons parler de ceux qui ont écrit sous le coup des événements révolutionnaires — , se soient préoccupés de l’organisation du travail. Seuls, des Lyonnais, comme Cusset et comme L’Ange, ont entrevu l’importance de la question et ont devancé, à certains égards, les socialistes modernes. La plupart des autres ne songent qu’à la mise en commun des domaines ruraux, de la terre. Et surtout, sous l’influence des difficultés économiques, de la hausse des prix, des menaces de disette, ils se préoccupent des subsistances, ils veulent empêcher les accaparements, « nationaliser » les denrées nécessaires à la vie, nationaliser aussi, en quelque sorte, le commerce, enlever aux riches leur superflu pour assurer aux pauvres le nécessaire. C’est, en effet, l’obligation de parer aux subsistances, ainsi qu’aux nécessités de la défense nationale, qui obligera le gouvernement révolutionnaire à tenter de véritables essais de collectivisme municipal. La grande distinction que font les sans-culottes, ce n’est pas celle de patrons et d'ouvriers , mais bien celle de riches et de pauvres.
(1) Voy. H. Sée, La vie économique et les classes sociales au A F77/e siècle, pp, 209 et sqq,
362 DEUXIÈME PARTI Ei. - LES TENDANCES NOUVELLES
C’est sous cet aspect que, pour beaucoup de révolutionnaires, se présente la question sociale. Si les ouvriers jouent un grand rôle, c’est moins comme producteurs que comme consommateurs. En 1791, en 1792 et 1793 surtout, ils souffrent cruellement de la hausse des vivres. Dans les villes et surtout à Paris, ils forment donc, — les maîtres ouvriers comme les compagnons —, l’élément principal des troupes révolutionnaires, qui pillent les boutiques et menacent les accapareurs ; ils donneront tout leur sens aux grandes journées de la Révolution.
Déjà, dans l’émeute du faubourg Saint-Antoine, du 28 avril 1789, ce sont les petits artisans et les compagnons (surtout des ouvriers sans travail), qui participent au mouvement. Ce sont eux aussi qui constituent le personnel principal des journées du 30 juin, du 14 juillet et du 30 août 1789 (1). Ce sont encore les ouvriers qui assurent le triomphe de la cause démocratique au 10 août 1792, la victoire de la Montagne au 31 mai et au 2 juin 1793 ; ce sont eux qui, après la réaction thermidorienne, essaient de rétablir le pouvoir des Jacobins. A ce point de vue, l’influence des ouvriers sur la marche de la Révolution a été immense, mais c est moins comme ouvriers que comme prolétaires, menacés sans cesse par la famine. C est donc obscurément, presque inconsciemment, que se pose la question ouvrière à la fin du xvme siècle (2). Elle
(1) Vov. Marcel Rocjff, Le personnel des premières émeutes d< 1789 (Révol. française, 1909, t. 29, PP. 213 et sqq.), et Le peupl ouvrier de Paris aux journées du 30 juin et du 30 août 178e
(Ibid., 1912, t. 63, PP. 430-454 et 481-505). L’auteur cite beaucoup d< faits très significatifs.
(2) Voy. Lichtenberger, op. cil. ; Jaurès, La Convention (Ristoin socialiste, t. IV) ; Kropotkine, La Grande Révolution, Paris 1909 pp. 475 et sqq., et 623 et sqq. ; Aulard, Histoire politique de le Révolution, pp. 448 et sqq., et Origines historiques du socialismt français ( Etudes et leçons sur la Révolution française, 4e série
CH. VIII. — l’organisation OUVRIÈRE AU XVIIIe SIÈCLE 363
ne passera au premier plan et les ouvriers ne prendront pleinement conscience de leurs intérêts de classe que lorsque le triomphe du machinisme et les progrès dé la concentration industrielle auront montré toute la portée du régime capitaliste.
pp. 21 et sqq.) ; A. Mathiez, La question sociale 'pendant, la Révolution française, 1921 ; Roger Picard, La théorie de la lutte des classes à la veille de la Révolution ( Revue d’ Economie Politique, sept.-oct. 1911). — Cf. aussi Tarlé, La classe ouvrière en France pendant la Révolution, 2 vol., 1912 (en russe), analysé par Karéiev (Révolution française , 1912, t. 62, pp. 333 et sqq.). M. Tarlé montre que le maximum sur les salaires mécontenta beaucoup les ouvriers, puis que la grande misère de la classe ouvrière (de 1793 à 1799) contribua à accroître son apathie ; les ouvriers De s’intéressèrènt nullement à la conspiration de Babeuf. — Les ouvriers des manufactures nationales, — à l'exception de ceux de Sèvres — , ont une attitude passive pendant la Révolution ; ils n’ont pas d’organisation de résistance. Cf. P. Reynoard, Roland et les ouvriers des manufactures nationales, La Montagne et les ouvriers des manufactures nationales ( Annales révolutionnaires, t. III, pp. 193-208 et 542-360); Tarlé, Studien sur Geschichte der Arbeiterklasse in Frankreich icâhrend der Révolution, Leipzig, 1910 (coll. Schmoller). Cependant, à Reims, en 1790, où existe un véritable prolétariat industriel, il semble qu’il y ait eu un mouvement ouvrier plus intense, presque conscient. Cf. l’article de G. Laurent, Un conventionnel ouvrier, cité ci-dessus.
CONCLUSION
Il est peu de chapitres de l’histoire économique et sociale qui présentent plus d’intérêt que l’évolution commerciale et industrielle de la France aux xvne et xvin6 siècles.
Voici d'abord les premiers phénomènes qui aient attiré notre attention. Jusqu’à la veille de la Révolution, on voit se perpétuer l’organisation du travail, qui, née au moyen âge, a prédominé pendant de longs siècles. C est toujours l’ancien métier, régi par la forme corporative, qui se maintient : travaillant pour le marché local, gêné par une étroite réglementation, il n’a qu une production singulièrement limitée. On peut même dire que le système se renforce pendant les deux derniers siècles de 1 Ancien Régime , le nombre des métiers jurés ne cesse de grandir; 1 accroissement des droits de maîtrise, 1 obligation de plus en plus stricte et onéreuse du chef-d’œuvre rendent de plus en plus difficile l’accès de la maîtrise, au point de faire du métier comme une caste fermée.
Le pouvoir royal, de son cote, contribue à développer encore le régime de la jurande, auquel il veut soumettre,
surtout dans un but fiscal, — tous les métiers du
royaume, et il prétend exercer sur leur organisation une tutelle de plus en plus étroite, en supplantant les anciens
CONCLUSION
privilèges des pouvoirs locaux. Il s’efforce aussi de prendre en main la réglementation industrielle, de plus en plus stricte, pour ne pas dire tyrannique, à mesure que l’Etat, — surtout depuis Colbert — , prétend, dans l’intérêt même de l’industrie, contrôler les procédés de fabrication.
Mais, au moment même où il semble arriver à son apogée, c’est la décadence qui commence pour le régime corporatif, décadence qui s’accuse de plus en plus au cours du xvme siècle, et que précipitent, d’ailleurs, les exigences de la fiscalité royale. L’ancienne organisation du travail est condamnée surtout pour des raisons d’ordre économique ; elle ne satisfait plus aux besoins de la production ; la réglementation industrielle empêche toute innovation, entrave tout progrès. L’administration royale elle-même sent si bien que ce régime suranné doit disparaître qu’elle finit par relâcher toute sa police de réglementation, en attendant qu’elle se décide à porter la main sur les corporations ellesmemes. On saisit donc sur le vif la lutte qui partout s’est manifestée entre l’ancienne organisation du travail, fondée sur la tradition, et la nouvelle, qui commence à se dessiner, et que des nécessités économiques vont bientôt imposer.
De grandes transformations économiques se préparent, en effet, surtout au xvme siècle, transformations qu’annoncent, et que déterminent même, pour une forte part, les progrès du commerce.
Il est vrai que le commerce intérieur reste entravé, jusqu’à la fin de l'Ancien Régime, par les monopoles seigneuriaux (banalités, droits de marchés), par les aides et le système des douanes intérieures, par les obstacles qui sont mis à 1 exportation et à la libre circulation des denrées agricoles ; seule, la construction d’un important réseau °de routes, vers le milieu du xvme siècle, va préparer les progrès de la circulation intérieure.
CONCLUSION
C’est surtout le grand commerce maritime et colonial qui se développe, dès l’époque de Colbert, et qui s’amplifie au cours du xvme siècle : les transactions avec l’étranger font alors d’énormes progrès. Et voici un fait qui annonce aussi les temps nouveaux : contrairement à ce qui se passait encore au xvne siècle, les productions agricoles n’ont plus une aussi forte prééminence dans les transactions commerciales • les produits manufacturés commencent à y tenir une place notable. On a pu remarquer aussi le perfectionnement des pratiques commerciales, les progrès du crédit, de la banque, bien que celle-ci ne réponde pas encore aux besoins économiques de l’époque. Les négociants, qui jusqu'alors ne jouaient qu’un rôle secondaire, commencent à faire figure à côté des gens de finance. C’est aussi du xvme siècle que date la prospérité des grandes places de commerce comme Bordeaux, Nantes, Le Havre.
Ainsi, le commerce a contribué à accroître la quantité des capitaux, qui vont pouvoir commencer à s’employer dans l’industrie. Sans aucun doute, le capitalisme commercial a préôédé et, en quelque sorte, engendré le capitalisme industriel ; ce phénomène apparaît en France, comme en Angleterre (1). Mais, comme le développement économique y est bien moins intense, la concentration des capitaux y résulte encore moins du commerce que des affaires financières.
Très certainement, même au xvme siècle, c est toujours le régime de la petite industrie qui prédomine. Dans toutes les villes, les petits artisans, travaillant avec un petit nombre de compagnons, et même seuls, sont très nombreux ; le fait peut être constaté, non seulement dans les places purement commerciales comme Paris et Bordeaux, mais
(1) L’influence des marchés sur le régime industriel est bien un fait d’ordre général, que l’on constate à toutes les époques. Cf. H. Bourgin, L’industrie et le marché , Paris, 1924.
CONCLUSION
même dans les centres industriels les plus importants. Partout, c’est le même régime de dispersion industrielle. — En réalité, avant 1750, la grande industrie n’est guère représentée que par des manufactures d’Etat, s’occupant presque uniquement de la production des objets de luxe (tapisseries, glaces, etc.) et aussi par un certain nombre de manufactures privilégiées. 11 est vrai que les manufactures ne cessent de se développer, déterminant un progrès très notable de 1 industrie, qui va en s’accentuant dans la seconde moitié du xviu* siècle, et qui est ralenti seulement par la crise qu ont provoquée le traité de commercé de 1786 avec l’Angleterre et les mesures protectionnistes prises par des pays comme l’Espagne.
Mais, on a pu s en convaincre, 1 industrie capitaliste ne triomphe pas encore à la veille de la Révolution. On saisit seulement 1 origine de la future organisation du travail. La concentration industrielle, à laquelle, seul, le triomphe du machinisme peut donner toute son ampleur, n’en est encore qu’à ses débuts. En fait, le machinisme ne s’introduit guère que dans les nouvelles manufactures de cotonnades, et surtout d’indiennes, qui se distinguent des anciennes industries par des procédés de fabrication plus complexes ; on voit se créer des fabriques , au sens moderne du mot, fabriques qui groupent un grand nombre d’ouvriers. Dans l'industrie houillère, se forment aussi quelques grandes exploitations exigeant des capitaux considérables. Mais ce sont des cas exceptionnels. Dans l’industrie métallurgique elle-même, c’est la petite industrie qui prédomine, et on ne peut citer que les deux grandes usines du Creusot et d’Indret qui aient un outillage déjà perfectionné.
D autre part, l’industrie, même dispersée, tombe de plus en plus sous la domination du capitalisme, — mais du capitalisme commercial —, grâce surtout au développe-
CONCLUSION 'joy
ment de l’industrie rurale et domestique, qui va ouvrir la voie à la grande industrie capitaliste du siècle suivant. Echappant à la réglementation des métiers urbains, parfois même à l’inspection des agents de l’Etat, se contentant de faibles salaires, l’industrie rurale est assurée d’un progrès rapide. Elle livre ses produits à des négociants, qui disposent de la matière première, souvent même des métiers, exercent sur elle une emprise de plus en plus forte et se transformeront, au siècle suivant, en grands patrons industriels.
On voit nettement aussi comment se prépare cette grande transformation économique et sociale, qui aboutira au triomphe de l’industrie capitaliste, comment, dans certaines industries (et en particulier dans 1 industrie lyonnaise de la soie), les maîtres ouvriers tombent de plus en plus dans la dépendance économique des maîtres marchands, qui déterminent les prix de façon et contrôlent de plus en plus la production. — Partout, les deux classes des négociants et des artisans s opposent fortement . antagonisme à la fois économique et social.
D’autre part, les compagnons, dont le mode de vie ne diffère guère de celui des maîtres, mais qui parviennent difficilement à la maîtrise, tendent de plus en plus à former une classe distincte et permanente. Toutefois, ils ne prennent pas encore une conscience nette de leurs intérêts collectifs. Il est vrai qu’ils ont des confréries distinctes de celles des maîtres, que, dans certains métiers, il existe de puissants compagnonnages, enfin que les travailleurs forment souvent des coalitions temporaires pour obtenir de meilleurs salaires ou une réduction de leur journée de travail. Mais ils croient encore malaisément à la possibilité d’une autre législation que la législation existante, qui leur dénie la liberté de s’associer, et ils n’arrivent pas a la
notion de la lutte des classes. La question sociale qui se
CONCLUSION
pose en 1789, ce n’est pas la question ouvrière, mais la question paysanne.
A la lin du xvme siècle, la France est toujours essentiellement, - et elle le restera longtemps encore — • un pays rural, dans lequel le régime capitaliste n’apparaît qu’à l’état embryonnaire; l’on comprend donc que les physiocrates aient pu voir dans la terre la seule source de richesses, que Turgot soit le seul économiste qui se soit rendu compte du rôle joué par le capital, par la richesse mobilière. A cet égard, la France est de près de cinquante ans en retard sur l’Angleterre, où la révolution industrielle s’est déjà manifestée puissamment dans la seconde moitié du xvm® siècle (1). En notre pays, on n’a pas vu se produire la révolution agraire, qui, chez nos voisins, a livré à l’industrie une main-d’œuvre si abondante.
Cependant, en ce qui concerne l’évolution commerciale et industrielle, la France, dans le monde, tient le second rang ; il ne faut pas oublier qu’elle constitue l’Etat le plus fortement organisé, le plus unifié et le plus peuplé de l’Europe Continentale (2).
(t) M. Choulguine (L'industrie capitaliste à la veille delà Révolution, loc. cit.) a raison de dire que la concentration industrielle est loin d’être achevée en Angleterre à la fin du xvnie siècle, surtout dans l’industrie drapièi'e, mais, en France, elle l’est encore beaucoup moins. C’est ce qu’il ne faut pas oublier, quand on compare l’évolution industrielle des deux pays ; voy. L. Mantoux, La révolution industrielle au X VIII* siècle.
(2) D’après Necker, la population de la France serait, en 1784, de 24.802.580 habitants ( Administration des finances , t. I, pp. 202 et sqq.); d’après la Population du royaume , de 1787 (Arch. Nat., H 1444), elle serait de 23 052.000 habitants. Ces chiffres n’ont, d’ailleurs qu’une valeur approximative, car ils n’ont été obtenus que d’après le
ÉONCLÜSlON
A cet égard, une étude comparative portant sur les divers pays de 1 Europe serait instructive. Nous ne pouvons ici que l’esquisser brièvement (1). Seules, les Provinces Unies, qui possèdent un grand empire colonial, tiennent encore une place notable parmi les puissances commer-
mouvement de la population. Levasseur estime la population à 26 millions environ (évaluation sans doute excessive). Le chiffre de la Population de la France paraît le plus vraisemblable. — Les autres pays de l’Europe, même l’Angleterre, sont bien moins peuplés. Reportons-nous, en effet, à l’année 1830, époque où nous avons des recensements à peu près sûrs. La population de la France, à cette date, est de 32.300.000 habitants ; de la Grande-Bretagne, 24.400.000 ; de l’Allemagne, 35.800.000 ; de l’Autriche, 32 millions ; de l’Espagne, 11 ; de la Russie, 43; des Etats-Unis, 12.866.000 (Levasseur, La population française, t. 1, pp. 317 et sqq.). Aujourd’hui, la population de la France ne s’élève qu’à 39 millions ; celle de l’Angleterre dépasse 47 millions (sans compter les Dominions) ; de l’Allemagne, 50 ; la population des Etats-Unis, 110 millions, celle de la Russie, 150 ( The Statesman Yearbook, 1922). On comprend qu’au point de vue économique, la France joue aujourd’hui, relativement aux autres pays, un rôle beaucoup moins important qu’à la veille de la Révolution.
(1) Sur ce qui suit, voy. Paul Màntoux, La révolution industrielle au XVIIIe siècle ; Cunningham, The growth of english industry and commerce in modem limes, 3e éd., 1905; Schulz-Gaevernitz, Histoire de l'industrie cotonnière en Angleterre , trad. fr., Paris, 1896 ; Henri Sée, Esquisse d’une histoire du régime agraire en Europe aux X VIIIe et XIXe siècles, Paris, 1921 ; Hubert Van Houtte, Histoire économique de la Belgique à la fin du XVIIIe siècle, Gand, 1920 (Publ. de la Faculté de philosophie et lettres de l’Université de Gand); H. Pirenne, Histoire de Belgique , t. V, Bruxelles, 1921, pp. 260-296 et 336 et sqq. ; Schkaff, La question agraire en Russie, Paris, 1921 ; G. Renard et Weulersse, Le travail dans l’Europe moderne, Paris, 1920 (coll. de l’Histoire universelle du travail) ; Carroll-D. Wright, L’évolution industrielle des Etats-Unis, trad. fr., Paris, 1901 ; E. R. Johnson, History of domestic and foreign commerce of the United States (public, de la Dotation Carnegie), 2 vol., 1915,; Clapham, The économie development of France and Germany (1865-1914), Cambridge, 1921 (l’auteur montre que le développement industriel de la France dépasse de beaucoup celui de l’Allemagne jusqu’en 1870).
CONCLUSION
ciales du continent. Quant aux Pays-Bas belges, ils semblent bien déchus de leur ancienne prospérité ; leur agriculture, il est vrai, a fait de grands progrès, mais rien n’annonce encore, si ce n’est dans le pays de Liège (1), l’énorme extension du commerce et de l’industrie belges, qui se produira au siècle suivant.
Si l’on considère l’Allemagne, on voit que les villes hanséatiques (Hambourg, Brême et Lübeck), comme aussi les anciennes cités commerçantes de la région du Rhin et du Sud, ont perdu leur importance économique, si grande jusqu’au xvie siècle, tant qu’elles servaient d’étapes au commerce entre l’Orient et le nord de l’Europe. Seule, la Prusse commence à avoir, grâce à l’initiative de ses souverains, une industrie relativement prospère, industrie d’Etat à la manière de la France de Colbert. Les Etats de la monarchie autrichienne n’ont qu’un très faible développement industriel ; les mines de la Bohème n’ont encore qu’une importance secondaire.
L’Italie, si prospère par son commerce et son industrie jusqu’au xvic siècle, est maintenant bien déchue : Venise, Gènes et Florence ne sont plus que l’ombre des grandes puissances économiques de jadis. L’Espagne n’avait jamais eu qu’un faible développement industriel ; mais son commerce colonial, autrefois florissant, a subi une notable décadence. La Russie se trouve encore véritablement en dehors de l’Europe ; presque exclusivement rurale, elle ne connaît guere que 1 industrie domestique, et son commerce est presque entièrement entre les mains des étrangers.
Notons enfin que les Etats-Unis eux-mêmes, avant 1789, n’ont pas encore dépassé ce qu’on a appelé la « période coloniale » ; leur industrie est toujours dans l’enfance ;
(1) Qui a connu, dès le xvme siècle, un remarquable développement industriel ; voy H. Pikenne, op. cit., t. V, pp. 350-368.
CONCLUSION
seul, leur commerce, en dépit du pacte colonial que l’Angleterre avait prétendu leur imposer, a pris, au xvme siècle, une remarquable extension.
On voit donc la grande place tenue par la France dans la vie économique des xvne et xvme siècles. Après l’Angleterre, c’est la France qui annonce le plus clairement, à la fin de l’Ancien régime, l'évolution qui s’achèvera au xixe siècle (1). Aussi l’histoire du commerce et de l’industrie en France, dans la période que nous avons traitée, présente-t-elle un intérêt qui dépasse le cadre national ; elle permet d’étudier des phénomènes économiques d une portée générale. Notre synthèse aura peut-être contribué à mettre au point quelques-unes de ces questions si importantes ; peut-être aura-t-elle pour effet, nous l’espérons du moins, de susciter de nouveaux travaux, capables de serrer encore de plus près la réalité.
(1) Il est intéressant de remarquer qu’au xxe siècle, à une époque où la révolution économique s’est pleinement opérée en France, celle-ci ne joue plus, au point de vue industriel et commercial, qu’un rôle secondaire ; c’est que la grande industrie s’est implantée, non seulement dans toute l’Europe Occidentale et Centrale, mais aussi dans les deux Amériques, voire même en Asie. La France, n’ayant que peu de houille, reste toujours essentiellement, malgré son expansion coloniale, une contrée agricole, tandis que l’Allemagne et les Etats-Unis sont devenus des pays de grande industrie. Voy. mon article : La France , démocratie rurale, son influence et son rôle en Europe ( Scientia , mars 1923).
INDEX ALPHABÉTIQUE
Abeille, économiste, 253-
Abbeville, 132, 440, 258, 272, 275.
Académie des Sciences, 280.
Acadie (Commerce avec 1’), 118- 119, 121.
Accaparements (mesures contre les), 72.
Aciéries, 260.
Administration du commerce et de l’industrie, voy. Conseil du commerce, inspecteurs des manufactures, intendants, juges des manufactures.
Afrique (C*® d’), 232.
Aides, 96, 214.
Aix, 279.
Alais, 155; — (foires d’), 210, n. 2; — (mines d’), 294, 317-318.
Alençon, 274 ; — (points d’), 138, n. 2.
Alimentation (métiers de T), 163, 164, n. 2,306, 307.
Allemagne (Commerce avec 1’), 229 ; — (état économique de 1’),
Alloués (compagnons), 326.
Alsace (industrie de 1’), 95, 152, 285, 286.
Ambert, 176.
Amelotde Gournay, 156.
Amérique (expéditions françaises en), 44; — (colonies espagnoles de 1’), 225-227, 238 ; — (îles d’), voy. Antilles.
Ameublement (métiers de 1’), 307.
Amiens, 140, 153, 160, 272, 275, 279,282,287, 333, n. 1 ; — (industrie de la généralité d’),136.
Amirautés (tribunaux d’), 217, n. 1.
Angers, 286, 288-289, 307.
Anglais (commerce des) dans les colonies, 123.
Angleterre (commerce avec 1’), 43, 111, 220, 222, 227-228, 243, 299-300.
— (lutte commerciale avec 1’), 107 et sqq.
— (régime du travail et industrie de 1’), 31, n. 2, 264, 286, n.2, 287, 298, 303-304, 317, n. 2; 370, n. 1.
— (supériorité technique de 1’), 281 et sqq., 302-303.
Angoulême, 278, n.3, 290.
Angoumois, 263.
Anjou, 147, 155, 171.
Annonay, 278, n. 3, 290.
Antilles (productions des), 108 ; — (colonisation et commerce des), 122-123, 235 et sqq., 240, 243, 244.
Anvers, 39.
Anzin (mines d’), 259, 263, 284, 294, 296.
Apothicaires, 163, 164 et n. 2, 307,319; — privilégiés, 76,323, n. 1.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Apprentissage et apprentis, 28, 54-60, 322 324.
Architectes, 163.
Ardennes, 293.
Argenson (marquis d’), 326
Armateurs, 124-126, 237-238,
Armes (manufacture d’), 153.
Arnould, statisticien, 245-247.
Arsenaux, 130.
Arts mécaniques (réhabilitation des), 309.
Artisans (mode de vie des), 160 et sqq., 306 et sqq ; — (misère des), 189 ; — de campagne, 321-322.
Asiento, 123 et sqq.
Assurances maritimes, 103, n. 1,
Assurances générales (Société d’),
Ateliers de charité, 336.
Aubenas, 263, 285.
Aubusson, 309.
Aurnont (duc d’), 259.
Aunis (province d’), 147.
Aurillac, 137.
Autun, 140.
Auvergne, 137, 172.
Auxerre, 135, 137, 139, 153.
Avenel (Vte d’), 171 et sqq.
Balance du commerce, 245-247.
Ballain villiers, intendantdu Languedoc, 333, 335.
Baltique (commercedans la), 113- 114, 243.
Banques, 40-41, 43, 44, 101-102, 212 et sqq., 304; — d'Amsterdam, 101-102; — de Rotterdam, 101 ; — en Angleterre, 101 ; — (agents de), 101, 104.
Banqueroutes, 100, 104.
Banquet exigé du candidat à la maîtrise, 66.
Banquets des confréries, 70.
Bar-le-Duc, 279.
Barbaresques (commerce avec les pays), 116-117, 231.
Bas (fabrication des), 289.
— (métier àfabriquerles), 50, 280.
Bas au métier (fabrication de),
Bas de soie et d’estame (manufactures de), 139.
Bas-Maine, 273 et sqq., 293, n. 1.
Basville, intendant du Languedoc, 98, 149, 150, 153.
Batellerie, 209-210.
Bâtiment (métiers du), 307.
Batistes, 275.
Baume-les-Dames, 168.
Bayonne, 109, 156.
Béarn, 155.
Beaucaire, 43; — (foires de), 97- 98, 210.
Beauce, 139, 273,289.
Beaufort en Anjou, 288-289.
Beaujolais, 278.
Beauvais, 146, 168,300, 337, n. 3.
— (manufacture de), 131.
Bellinzani, 129. !
Bertholon (abbé), 313, 332.
Bertin, secrétaire d’Etat, 191.
Besançon, 168, 279, 335.
Bigotde Sainte-Croix, économiste,
Bilbao (commerce de), 113.
Billets d’acquit, de congé, 166.
Bise (manufacture de), 263.
Blanchisseurs de toiles, 315, n.3.
Blocus Continental, 287, 302.
Blois, 69, 72, 82, 279.
Bodin (Jean), 41.
Bohême (mines de), 372.
Boileau (Etienne),’ voy. Livre des, métiers.
Index alphabétique
Boisguillebert, 98, 109, 177, 265.
Bonnafé,négociant,bordelais, 240.
Bonneterie, 139-140, 274, 299.
Bonnetiers, 163, 168.
— (compagnons), 350.
Bordeaux (ville et commerce de),
— (foires de), 97.
Boreel, ambassadeur de Hollande,
Bouchers, 161, 162.
Boucha, 281.
Boulangers, 161, 162.
Boulonnais, 154, 259.
Bourbonnais, 137.
Bourgeoisie, voy. Marchands, négociants.
Bourgeoisie (hostilité de la) contre les jurandes, 83.
Bourges, 61, 62, 133, 138, 139.
Bourgogne, 141, n. 1^ 258, 304.
Bourse des imprimeurs en taille douce, 73.
Brésil, 44.
Brest, 51, n. 1, 76.
Bretagne, 137, 140, 154, 155, 178, 190, 246, n. 2,247,273 etsqq., 278, 334.
— (Etats de), 197, 203, 258.
Briare (canal de), 92.
Brisout de Barneville, manufacturier, 283, 287.
Brive, 287.
Bruges, 33.
Bruxelles, 33, 177, n. 1, 348, n. 2.
Budget ouvrier, 336, n. 1.
Buenos-Aires, 123.
Buffon, 280,291.
Bureaux de marque et de visite, 144, 261.
Bureau du commerce, voy. Conseil.
Cabotage, 211.
Cadeau, industriel hollandais, 152.
Cadix (commerce de), 113, 226,
Caen, 140.
Café (production du), 236-237.
Cahiers de doléances de 1789, 200, 204, 301, 315, 316, 358-
Caisse du commerce, 254, 257.
Caisse d’escompte, 213-214.
Calandres, 281, n. 2, 282.
Calonne, contrôleur général, 283, 292, 303.
Cambrai, 275, n. 1.
Carcassonne, 282.
Cardon, industriel, 281.
Carmaux (mines de), 259, 263.
Camuset, 130, 139.
Canada (commerce et colonisation du); 44, 118-119, 121,233, 242, 243.
Canaux, 43, 92, 205-206.
Cantillon, économiste, 217,266.
Cap Français, à Saint-Domingue,
Capitalisme, 32-36, 44 et sqq., Capitation, 159.
Capitulaire de Viliis, 26.
Capitulations avec les Ottomans, 44, 230.
Cardeurs, 163, 164, n. 2.
Caron, directeur de la Compagnie des Indes* 118.
Cartier (Jacques), 44.
Castres, 147, 165.
Castries (maréchal de), 318, 345.
Cavelier de la Salle, 121.
Céréales (commerce des), 104.
Voy. Grains.
Chambres de commerce, 156, 251, 252, 315, n. 2 ; — de Bordeaux,
INDEX ALPHABÉTIQUE
Chambrelans, „31, 65, 325.
Champagne, 153, 154, 275, 300.
Chandernagor, 118, 232.
Change (lettres de), 101, 216 ; — (agents de), 101.
Changes (crise des), 40-41.
Chapeliers (ouvriers), 177, 348 et n. 2, 350, 357, 359.
Chapellerie, 304, 308.
Chaptal, 246, n . 3.
Charlemagne, 26.
Charles III, roi d’Espagne, 238.
Charles IX, 38.
Charleville, 153.
Charost (duc de), 259.
Chartres, 283.
Chateaubriant, 259.
Chatellerault, 52, 170.
Chef-d’œuvre, 65-66, 183.
Chemins de traverse, 91, 204.
Child, économiste, 266.
Chimiques (fabrications), 304.
Chine (Compagnie de), 124.
— (commerce avec la), 233.
Chirurgiens, 164 et n. 2, 307.
Chocolat (monopole du), 105, n. 2.
Cinq grosses fermes, 93, 95.
Clamecy, 283.
Clermont, 139.
Clermont l'Hérault, 135, 136.
Clicquot-Blervache, 192, 253.
Cloutiers, 75-76.
Coalitions ouvrières, voy. Grèves ;
— (interdiction des), 353 et sqq.
— patronales, 352.
Coches, 92.
Coches d’eau, 207-208.
Code Noir, 122.
Colbert et les jurandes, 84-86; — sa réglementation industrielle, 86, 89; — sa politique industrielle, 128 et sqq. ; — sa législation commerciale, 103-104;
— sa réforme des traites, 95-
96; — sa politique douanière, 106 et sqq.; — Colbert et le commerce maritime et colonial, 117-120.
Colonies, voy. Antilles, Canada, Indes; — (commerce avec les colonies), 120 et sqq. , 230 et sqq.
Colporteurs (luttes des) contre les marchands, 199 n. 1.
Commex-ce intérieur, 90-91, 224- 225 ; — Commerce extérieur, 43, 106 et sqq., 225 et sqq. Voy.
Angleterre, Espagne; — Commerce en gros, 98 et sqq. ; Commerce (statistique du), 245 et sqq. ; — (influence du) sur le développement industriel, 247-249.
Commerce maritime, 39, 43, 98, n. 3, 103, n. 2, 111 et sqq., 252 et sqq., 367 et sqq.
Commissionnaires, 102-193, 216,,
Communautés de métiers, voy.
Corporations, Jurandes, Maîtres, Maîtrises.
Compagnies de commerce privilégiées, 117 et sqq., 232 et sqq.
Voy. Guinée, Indes, Nord, Sénégal.
Compagnons (condition et discipline des), 28, 29, 30, 47-48, 60-63, 168 et sqq., 324 et sqq. ; — du tour de France, 327. Voy.
Compagnonnages ; — (état moral des), 338-340; — (ignorance des), 339 ; — - (revendications des), 358-359. — Voy. Ouvriers.
Compagnonnages, 71-72, 173-175, 341 et sqq. ; — (mesures contre les), 345-346.
Comptabilité commerciale, 100-
Comptes des corporations, 183.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Concentration capitaliste, 465 et sqq., 285 et sqq. ; — industrielle, 136, 285 et sqq., 370.
Condillac, 218.
Confréries, 27, 53, 66, 70-72; — (prohibition des), 353 et sqq.
Congé par écrit, voy. Livret.
— (obligation du), 353*354.
Conques (manufacture de), 135,
Conseil et bureau du commerce, 129, 151, 156, 251-252, 280,
Constantinople, 231.
Constituante, 199, 355.
Contrebande, 228-229, 235, 241.
Convention (politique commerciale de la), 222-223.
Cordonniers, 163, 164, n. 2.
Corporations (origine des), 26 et sqq. ; -—au xvie siècle, 38 et sqq. ;
— (conflits et procès entre), 73- 74,184; — (esprit routinier des), 184-185, 199; — (dons des) au Roi, 187, 198-199; — (dettes et ruine des), 188-190; — (plans de réforme des), 190-191 ; — (projet d’abolition des), 191 et sqq. ;
— (abolition des), 194 et sqq. ;
— (rétablissement des), 196 et sqq. — Voy. Jurandes, métiers.
Corvée des grands chemins, 203-
Coton (production du), 236; — (filature du), 278.
Cotonnades (industrie des), 156, 274, 275, 281 et sqq., 286-287.
Courtiers en marchandises, 102, 104, 214, 216.
Courtivron (marquis de), 281.
Coutellerie, 274, 294.
Creusot (société du), 291-292.
Crêpes de soie (manufacture de),
Crise de 1787-1789, 222, 299 et sqq., 338, 350-351.
Crompton, inventeur anglais, 283.
D’Aguesseau, 156.
D’Alembert, 281, 309, n. 1.
Danycan de l’Epine, armateur malouin, 124 et sqq. ; — (Noël), 296, n. 1.
Dauphiné, 140, 155, 172, 263,278, 285, 300, 356.
Déboisements, 259.
Delacroix (Me), 193-194.
Denrées agricoles (commerce des), 104, 205 ; — coloniales (commerce des), 105, 236-237.
Dentelles (fabrication des), 45, 137, 274.
Dentellières, 171.
Députés du commerce, 109, 208, n. 1,251-252.
Desandrouin, directeur de société minière, 294-295.
Des Casaux du Hallay, député du commerce de Nantes, 151.
Désertion d’ouvriers (mesure contre la), 132-133, 330-331.
Desmarets, membre de l’Académie des sciences, 252, 278, n. 3,
Desmaretz, contrôleur général,
Dévorants, 173, 342 et sqq.
Deydier, manufacturier, 285.
Diderot, 281, 309, n. 1.
Dijon (ville et industrie de), 77, 83, 87, 105, 164, n. 3,174, 273, n. 2, 278, 279, 304, 307, 344.
Dollfüss, manufacturier, 286.
Dominique (La), 122.
Douanes intérieures, 215.
Douane de Lyon, 95-96; — de Valence, 95-96.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Drap (manufactures de), 140,262, 309, n. 2.
Draperie (industrie de la), 33-34, 86, 154, 165, 273, 287, 288,
Drapiers (marchands et fabricants), 48, 98, 163, 164, 165, 307, 319.
Dufourny de Villiers ( Cahier du quatrième ordre de), 360.
Dunkerque, 109, 156, 244.
Dupleix, 233.
Dupont de Nemours, 218, 253.
Dupré de Saint-Maur, 201.
Eaux (Société des), 303.
Echelles du Levant, voy. Levant.
Ecoles primaires, 339.
Edits de 1581 et de 1597, 37-38.
— (effets des), 81-84.
Edit de 1673 (effets de 1’), 84 et sqq.
— de 1691, 84.
Embauchage des compagnons, 174,343-344.
Encouragement à l’industrie (sociétés d’), 303.
Enfants (travail des), 288, 298, n. 2.
Entr’aide (associations d’), 27, n. 4.
Entrée (droits d’) en France, 47, 106 et sqq. Voy. Douanes, Traites.
Entrée (droits d’) dans le métier, 36, 183, 199, 308.
Entrepreneurs capitalistes, 33-34, 45-47, 163, 165 et sqq. — Voy.
Drapiers, maîtres marchands, négociants.
Epiciers, 320.
Esclavage, voy. Traite négrière.
Escompte (Caisse d’), 303,
Espagne (état économique de 1’),
— (commerce avec 1’), 43, 110, 112, 220, 225-227, 299-301.
Essonnes, 278, n. 3, 290.
Etats Généraux de 1614, 82-83.
Etats-Unis (commerce avec les), 229-230 ; — (indépendance des),
— (état économique des), 372.
Etrangers (commerçants étrangers) établis en France, voy.
Allemands, Hollandais, Irlandais, Juifs.
Exportations, 246-247, 300.
Fabrique de Lyon (grande), 324- 325. Voy. Lyon, Soie.
Factor y System, 305.
Fagon, directeur du commerce,
Faïences (manufactures de), 258, n. 1, 263.
— italiennes (importation des), 44.
Faillites, 100, 104.
Falaise, 300.
Felletin, 309.
Femmes (travail des), 287, n. 1, 298, n. 2.
— dans les corporations, 307, n 2.
Fénelon, 153.
Fer (mines de), 155, 259.
Firminy, 263.
Fiscalité royale, 83, 85-89, 185 et sqq.
Flandre, 298, n. 1 ; 334, n. 5.
Floride, 44.
Flottes d’Espagne, 113.
Foires, 43-44, 97-98, 210-211.
Foires et marchés (droits de), 214.
Foix (comté de), 155.
Fontenay, 191.
Forains (lutte des communautés
INDEX ALPHABÉTIQUE
contre les), 199 ; — (rivalité entre les compagnons domiciliés et les), 327, 349.
Forçats (travail des), 76.
Forez, 155.
Forges, 155, 284, 290, 293. Franche-Comté, 95, n. 2, 135, 155, Franchise des ports, 109.
Gagne deniers (grève des), 351,353 Galiani (abbé), 218.
Galions d’Espagne, 113.
Gand, 33.
Garnerain (M. de), intendant de Caen, 195, n. 1.
Gàtinais, 273.
Gavots, 173, 342 et sqq.
Genève (foires de), 98.
Genevois (banquiers), 213.
Genssane (de), industriel, 291.
Gévaudan, 171, 178.
Gex, 181.
Giromagny, 140, 170.
Glaces (manufactures de), 45, 138,
Gobelins (manufacture des), 45, 130, 255.
Gournay (Vincent de), intendant du commerce, 191-192, 217- 218, 234, 266 et sqq., 270.
Gradis, négociant bordelais, 240.
Grains (liberté du commerce des), 219 220.
Grand Combe (mines de la), 318.
Graslin, économiste, 218.
Grenade (île), 122.
Grenoble, 140, 248, 336.
Grèves ouvrières, 49-50, 175 et sqq., 349 et sqq.
Grossiers (marchands), 98, 163.
Guadeloupe (la), 122, 236.
Guinée (commerce de), 122.
— (Compagnie de), 123, 232.
Habillement (métiers de 1’), 163,
Habillement des ouvriers, 331-332,
Hainaut, 155.
Hanse (commerce avec les villes de la), 113, 229.
— (état économique des villes de la), 372.
Hellot, membre de l’Académie des Sciences, 252-253, 280-281.
Henri IV, 46, 93.
Herbert, économiste, 219.
Holker, ingénieurs anglais, 282.
Hollande (commerce de la), 112, 116, 119-120, 123 et sqq., 243, 371 ; — (flotte commerciale de la), 112 ; — (commerce avec la), 111-112, 227 ; — (supériorité économique de la), 42, 214, 225 ; — (guerre de), 108-109.
Honfleur, 117, n. 3.
Hôpitaux généraux (manufactures créées dans des), 134 et n. 2. Horlogers, 181.
Houille (mines it commerce de la), 155, 210, n. 1, 259, 263, 294-296, 317-318, 333, 335.
Hudson (Baie d’), 121.
Huelgoat (mines de), 296.
Humières tduc d’), 259.
Importations, 246-247, 300.
Impôts, voy. Fiscalité.
Imprimerie, 45, 47-48, 49-50, 56, 297, n. 1.
Imprimeurs, 163, 307 ; — (compagnons), 175-176, 323-325,
Inde (commerce avec 1’), 121.
Indes Orientales (Compagnie des), 99, 117-118, 232 et sqq.; — Occidentales (Compagnie des), 117-118.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Indigo (production de 1’), 236.
Indret (fonderie d’), 291, 292.
Industrie (évolution de 1’), 26, 45, 152 et sqq., 262 et sqq., 303-304.
Industrie (petite), 49-50, 159-160, 278-279, 289; — textile, 50, 54 ; voy. Coton, Draperie, Soie, Toile.
Industrie rurale, 136-137, 157, 322, 358, 368-369.
Inspecteurs des manufactures, 146-147, 252, 351.
Intendants (Attributions industrielles des), 147, 253-255, 353,
Intendants du commerce, 156.
Interlope (commerce), 123 et sqq., 234 et sqq.
Inventaires après décès, 160 et sqq., 321, 331 .
Inventaires commerciaux, 100- 101, 104.
Irlandais (commerçants), 240.
Italie, 32, 43, 372.
— (commerce avec T), 228.
Jars (Chevalier de), 291.
Jennys, 282 et sqq., 287.
Joigny, 139.
Johannot, manufacturier, 290.
Jourdan de Grouée, voy. Chine (Compagnie de la).
Journées révolutionnaires (rôle des ouvriers dans les), 361-362.
Jubié (les), manufacturiers, 282,
Juges des manufactures, 145-146.
Juifs (admission des) dans les corporations, 187.
— (commerçants), 240.
Jurandes, 28, 29, 31-32, 35-37, 53, 54, 81-82, 83 et n. 1 ; — (con¬
séquences économiques et sociales du régime des), 78-80 ; — (mainmise du pouvoir royal sur les), 83, 182-183.
Jurés des corporations, 29, 66, 67, 68-70, 144, 146, 253 ; — en titre d’offices, 84, 87.
Juridictions consulaires, 217, n. 1 .
Jussieu (Bernard de), 281.
Karikal, 233.
Kœchlin, manufacturier, 285.
La Charité, 139.
La Châtre, 139.
La Gouberdière, économiste, 128.
La Croix (François de), drapier, 142-143.
Lambert (Cahier des pauvres de),
L’Ange, écrivain communiste,361.
Languedoc (commerce et industrie du), 104, 135, 136, 141, 147, 149, 152, 154, 231, 247, n. 1, 259-260, 262, 263, 268, 273, 282, 285, 327, 333, 335; — (canal du), 92, 206.
Laonnois (pays de), 274.
La Meilleraye (duc de), 172.
Laigle, 181, 274.
La Rochelle, 111, 122, 156, 242- 243, 352.
La Roche-Molière (mines de), 259.
Laurent, ingénieur, 295.
Laval, 315, n. 3, 318-319.
Lavaur, 257.
Law (système et banque de), 212,
Le Bret, intendant de Bretagne,
Le Chapelier (décret), 355, 360.
Législation commerciale, voy.
Ordonnance du commerce.
INDEX alphabétique
Le Havre, 43, 236, 237, 243.
Lendit (foires du), 97.
Le Puy, 256-257.
Lettres de maîtrise, 186-187.
— de répit, 104.
Levant (commerce du), 114-116, 230-231.
Liberté commerciale et industrielle (Mouvement en faveur de la), 200, 217 et sqq., 266 et sqq. — Voy. Traités de commerce.
Libraires, 319.
Liège, 33, 372.
Lieutenant général de police (attributions industrielles du), 354, 355, n. 1.
Lille, 109,152, 156, 270, 272,275, n., 279.
Ling, industrie], 291.
Livres de commerce, 100, 104.