Voir, sur ces points, Levasseur. op. cit., t. I, ji
France, dont le réseau routier était, à la fin du xviii^ siècle, le plus étendu et le plus serré d'Europe. Amélioration de la voie elle-même, amélioration des véhicules, organisation des transports publics, avec les conséquences habituelles de ces heureuses réformes sur la durée et les prix des transports, telle est, esquissée à grands traits, l'oeuvre du xviii^ siècle en matière de transports terrestres.
Fortement centralisée et administrée, la France de Louis XV et de Louis XVI avait continué l'œuvre de Sully et de Colbert, interrompue par les guerres et la misère de la fin du grand siècle. Grâce à la corvée, conservée malgré les protestations légitimes qu'en soulevait l'emploi et étendue à toutes les généralités, avaient été accomplis les grands travaux de voirie. L'Ecole des ponts et chaussées, créée en 1747, formait des ingénieurs comme les Régemorte et les frères Bayeux aux ordres des grands directeurs comme les Trudaine (1743-1777). A la fin de l'Ancien Régime, 40.000 kilomètres de routes classées, jalonnées, couvraient le royaume, dont les trois quarts construites ou améliorées au cours du siècle. Larges de 12 à 20 mètres, pavées sur une longueur de 1.000 lieues, bordées de fossés et d'arbres, ces chaussées construites au prix de 800 millions, nécessitaient annuellement pour leur entretien, — en estimant à 13 millions la valeur de la corvée, — une somme de près de 26 millions de livres i.
Tout comme elle eut une fièvre des canaux, l'Angleterre fut atteinte vers le dernier tiers du xviii® siècle d'une véritable fièvre de construction de routes. Il est vrai que son réseau routier, abandonné aux soins des paroisses, ne répondait nullement aux progrès accomplis