Voir le vol. XI de la colloclion
les rigueurs de leur politique douanière et maritime ; la Révolution française, en faisant table rase des privilèges du passé : privilèges politiques et commerciaux, individuels ou collectifs ; la révolution industrielle, en contraignant les pays producteurs à chercher chez leurs voisins un exutoire à leur production trop accrue pour qu'y suffisent le marché national ou le marché colonial amoindri.
L'œuvre essentielle de cette période consistera à débarrasser le commerce des entraves légales qui l'oppriment, à supprimer un à un les monopoles et les barrières qui ont résisté : monopole de la corporation, monopole de la région, monopole de la compagnie de commerce, monopole de la nation. Les guerres dont l'Europe sera pendant vingt ans le théâtre arrêteront un moment l'accomplissement de la réforme, en provoquant une régression par un retour aux mesures de jadis : prohibitions, guerres de tarifs et blocus. Mais ce sont là des incidents dont le seul effet sera de retarder l'avènement d'une ère plus libérale ou tout au moins d'un protectionnisme plus rationnel, issu du légitime désir d'un développement harmonieux et complet des forces nationales et non pas, comme le mercantilisme étroit, d'une aspiration égoïste et exclusive vers une balance favorable du commerce.
Suppression des obstacles juridiques au trafic et à la circulation intérieure et des privilèges commerciaux ; atténuations et modifications du principe du monopole national du commerce extérieur, telles sont les deux caractéristiques de cette période. Elles prendront tout leur relief quand nous aurons examiné successivement, dans les deux chapitres qui vont suivre : l*' l'influence révolutionnaire sur la modernisation des conditions juridiques du commerce ; 2*^ la transformation des idées sur le rôle de l'Etat, en matière de trafic international et ses conséquences.