‹ L'évolution de l'art dentaireChapitre 103 sur 133 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Diplôme délivré par les Ecoles dentaires.

Le diplôme délivré par les écoles dentaires perd beaucoup de sa valeur dans les pays où il existe une réglementation d’État avec un diplôme officiel distinct de celui de l’école, comme cela a lieu en France. Il semble faire double emploi.

Pourtant, par suite de la mauvaise organisation de l’examen technique, il a conservé encore une valeur particulière. Le diplôme de l’État veut dire que le titulaire a les connaissances scientifiques et médicales suffisantes. Il ne veut pas dire qu’il en est de même de ses connaissances techniques ; au contraire le diplôme de l’École certifie la valeur technique du candidat.

Pourtant le diplôme de l’École pourrait avoir un autre rôle que celui de doubler le diplôme de l’État. Il devrait être considéré parles Facultés de médecine comme une des pièces à fournir par le candidat pour son inscription à l’examen d’État, —^ et il pourrait avantageusement remplacer le 3® examen.

En voici les conditions actuelles.

DIPLOME

Pour obtenir le Diplôme de VEcole Dentaire de Paris, il faut :

1® Être âgé de vingt ans au moins;

2» Avoir fait un stage de trois ans au moins chez un où

plusieurs dentistes ou au laboratoire de'prothèse de l’École;

3® Avoir suivi pendant trois ans les cours d’une école dentaire reconnue, dont la dernière année au moins dans la présente École ;

4» Avoir subi avec succès l’examen général complet;

5“ Prendre l’engagement par écrit de se conduire suivant le règles de l’honorabilité professionnelle, et notamment de s’abstenir de toute réclame.

EXAMEN ET DIPLÔME d’ÉTAT DE CHIRURGIEN-DENTISTE

L’examen d’État de chirurgien-dentiste a soulevé de nombreuses critiques au début de son organisation. Puis tout s’est un peu tassé et maintenant les critiques ne portent plus que sur l’enseignement technique. On sait que le programme des 3 examens est le suivant :

Les 3 examens portent sur les matières suivantes : (Décret du 2o juillet 1893j. Voir aux pièces annexes.

examen.

Eléments d’anatomie et de physiologie.

Anatomie et physiologie spéciales de la bouche.

2* examen.

Eléments de pathologie et de thérapeutique.

Pathologie spéciale de la bouche.

Médicaments; anesthésiques.

3® examen.

Clinique; affections dentaires et maladies qui y sont liées. Opérations.

Exécution d’une pièce de prothèse dentaire.

Le 3® examen a été modifié par le décret du 31 décembre 1894 de la façon suivante :

Clinique : affections dentaires et maladies qui y sont liées. — Opérations.

Opérations préliminaires à la prothèse dentaire.

Ces examens ont lieu dans des Facultés de médecine après que les 3 années de stage ont été accomplies.

Le premier et le deuxième examen d’État, limités maintenant par les examinateurs eux-mêmes aux connaissances scientifiques et médicales, que Ton peut raisonnablement demander au chirurgien-dentiste, satisfont aux exigences actuelles.

Mais l’examen technique demande des modifications importantes pour remplir le but qu’on s’est proposé en l’organisant.

Cet examen n’est pas à sa place, il devrait être le premier comme tous les examens pratiques en médecine ; il semble du reste un peu extraordinaire qu’après que les examinateurs médecins ont reconnu qu’un candidat est apte à exercer la profession sans danger pour le public les examinateurs dentistes puissent venir déclarer que, d’après eux, il est inapte. C’est le contraire qui devrait avoir lieu.

Cet examen a un programme tout à fait insuffisant. Il devrait comprendre la série d’épreuves pratiques de dentisterie opératoire et de prothèse réclamées dans toutes les écoles dentaires du monde, au lieu de la simple extraction et des interrogations portant sur des questions déjà posées au troisième examen.

Cet examen est subi dans des locaux inappropriés comme installation matérielle et recevant un nombre insuffisant de malades. Il devrait être subi dans les écoles dentaires, qui seules possèdent l’organisation et la clientèle de malades qu’il réclame. Cet examen est subi devant des examinateurs qui n’offrent pas, au point de vue technique, les garanties qu’on est en droit d’exiger, puisqu’ils sont pris parmi les ti- Godon 21

tulaires des services dentaires hospitaliers qui, comme chacun sait, ne sont et ne peuvent être que de simples services de consultations et d’extractions de dents.

Les examinateurs pour cet examen devraient être choisis parmi les chirurgiens-dentistes dûment qualifiés au point de vue technique par leurs titres et leurs travaux en dentisterie, sur une liste de présentation établie par les représentants des sociétés professionnelles, la Fédération dentaire nationale, par exemple. Le carnet scolaire de l’élève, conte nant les notes qu’il a obtenues pendant tout le cours de ses études à l’école dentaire, devrait être placé sous les yeux des examinateurs au moment de l’examen.

Page 1