ACTION LÉGISLATIVE DE L’ÉCOLE DENTAIRE DE PARIS
Pour donner une idée de l’action législative de l’École Dentaire de Paris, c’est-à-dire de l’action qu’elle a exercée sur les pouvoirs publics,pour les amener à la promulgation de la législation qui régit actuellement l’art dentaire en France, il faudrait refaire toute l’histoire des luttes qui, pendant la plus grande partie de ce siècle, ont eu lieu à ce sujet entre les divers groupes de dentistes. Nous en avons déjà donné un aperçu dans notre historique. Nous ajouterons seulement que, pendant plusieurs législatures, l’École Dentaire, grâce à ses représentants, empêcha la réglementation d’aboutir, jusqu’à ce qu’elle eût réussi à faire accepter, par les pouvoirs publics, la plupart des revendications des dentistes, comme on le voit dans la loi du 30 novembre 1892. Il en a été de même pour les décrets qui ont suivi (et que nous reproduisons aux annexes). Là encore, les représentants des écoles ont été écoutés et leur desideratum a influé dans la plus grande mesure sur la composition des dits décrets.
On ne saurait contester que l’existence de la dite Société, les services qu’elle avait déjà rendus ont exercé déjà une influence heureuse sur les pouvoirs publics. Par les appuis qu’elle s’était créés,par les sympathies qu’elle s’était conquises, par les bienfaits qu’elle avait déjà répandus, la Société, agissant en cela d’un commun accord avec l’Association
Odontotechnique, est parvenue à obtenir des atténuations, des améliorations au régime législatif qui était proposé à l’adoption des Chambres.
La rigueur dont le projet de loi primitif était empreint fut tempérée à la suite de démarches réitérées faites par des délégations du groupement, par la commission spéciale qu’il avait élue et par plusieurs membres qui s’étaient spécialement dévoués pour conquérir ces adoucissements. On peut en trouver le récit complet dans la collection de VOdontologie et de la Revue internationale dOdontologie de 1881 à 1893. On peut dire que si la loi du 30 novembre 1892 et les décrets relatifs à son application ont été promulgués tels qu’ils le sont, c’est à l’intervention active et répétée de la Société que ce résultat est dû, c’est là un bienfait pour l’enseignement professionnel et pour la situation sociale de la corporation.